Arianee : la blockchain pour lutter contre les faux dans le luxe

Lancée en 2017, la société française Arianee s’est donné pour mission de mettre la blockchain (technologie sécurisée de stockage et de transmission décentralisée des données) au service de l’authentification des produits de luxe, forte d’une équipe composée d’anciens de LVMH, Kering, Richemont et Vestiaire Collective.


L'interface de l'outil - Arianee

Arianee entend mettre sur pied le premier registre de certificats numériques à l’échelle mondiale. Un dispositif anonyme et permanent qui doit permettre à tout utilisateur, qu’il s’agisse d’une marque ou d’un client, de retrouver les informations portant sur l’ensemble du chemin suivi par son produit. Seules les personnes pouvant prouver leur légitimité peuvent apporter de nouvelles informations aux registres. Des modifications qui devront être validées par les autres utilisateurs à différents « nœuds de sécurité » du processus, garantissant la validité des informations.

Dans les faits, un client se crée un compte anonyme (un vault, cf. schéma ci-dessous) auquel il ajoute ses produits (smart asset) en renseignant les données associées à ces derniers (numéro de série, label de sécurité, RFID…). De son côté, la marque doit s’authentifier pour créer un « data hub » public qui lui permettra notamment d’attribuer des certificats d’authenticité à ses clients et de valider la légitimité de certains revendeurs professionnels. Arianee a également vocation à devenir un point de contact sécurisant entre les clients, pour qui l’outil est gratuit, et les marques et revendeurs, qui ont accès à des services payants et peuvent développer leurs propres logiciels exploitant l’outil.


L'écosystème Arianee - Arianee

« Nous avons rencontré de nombreux cadres dirigeants travaillant au sein de groupes de luxe, indique Julien Romanetto, cofondateur d’Arianee. Beaucoup d’entre eux souhaitent collaborer avec Arianee car ils sont actuellement sans réponse aux problèmes auxquels nous nous attaquons. »

« C’est une révolution pour les maisons de luxe qui pourront désormais communiquer directement avec le propriétaire d’un produit, explique de son côté Jean-Marc Bellaiche, ex-dirigeant de Tiffany, qui a rejoint l’équipe. Jusqu’à présent, c’était en effet compliqué pour deux raisons : la part importante des produits de luxe qui sont offerts en cadeau ainsi que le développement rapide du marché de seconde main. »

La contrefaçon coûterait 4 200 milliards de dollars (3 600 milliards d'euros) et mettrait en péril 5,4 millions d’emplois d’ici à 2022, selon la Chambre de commerce internationale. Infalsifiable et rapide, la blockchain est progressivement adoptée par différents pans de l’industrie, dont l’univers textile, comme l’expliquait récemment à FashionNetwork.com le groupe Chargeurs.

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