Arthur Avellano démocratise le latex

Diplômé de l’Ecole des Beaux-Arts de Toulouse, Arthur Avellano découvre le latex lors de son projet de fin d’année. Le tombé de la matière, son détournement esthétique et les nouveaux traitements du latex possibles l’emmènent alors dans de nouvelles directions.


Défilé automne-hiver 2018-2019

Un passage à la Chambre Syndicale et à l’Atelier Chardon-Savard, et voici le créateur lancé sur une première collection (qui sera même primée quelques mois plus tard au Who’s Next « Best graduate collection »). « L’idée était de sortir des inspirations du milieu fétichiste très associé au latex pour l’emmener vers un traitement mode à la fois sportswear et tailoring en déclinant des formes et des pièces à l’inverse de l’usage que l’on connaît. »

Pour y arriver, Arthur Avellano collabore alors avec un laboratoire de recherche allemand spécialiste du latex. « A la base, la matière est compliquée à travailler et se dégrade rapidement, mais certains spécialistes ont réussi, par différents traitements, à faire qu’elle se conserve dans la durée, à la rendre également hypoallergénique et même lavable en machine. »

Matériau coupe-vent, capable de tenir chaud, le latex s’invite alors dans les premières collections du créateur, à l’image du défilé automne-hiver 2018 où il se décline sur trenchs, bomber, capes, pantalons ou doudounes et l'été prochain sur ses premiers modèles de sacs. « La signature de la marque », souligne le créateur, qui aujourd’hui l’associe au cuir, au lycra, à la maille, le parti pris esthétique général se voulant sportswear, inspiré par les volumes et par un sens de la coupe et du tailoring bien pensé.

Marque de créateur positionnée luxe, Arthur Avellano se retrouve rapidement distribuée chez Opening Ceremony à New York puis chez H.Lorenzo à Los Angeles, l’innovation autour du traitement de la marque et des matières imposant une distribution spécifique. « Nous visons clairement les multimarques sélectifs qui peuvent vendre la marque et certains grands magasins comme le Printemps, détaille le créateur, le positionnement prix (trench à 1 300 euros, doudoune à 1 500 euros) excluant pour le moment le marché asiatique. Autre levier de développement : les commandes personnelles et les précommandes en ligne que l’ouverture d’un e-shop avant l’été devrait permettre d'organiser. »

Soutenu depuis quelques semaines par un investisseur privé, « qui investit sur la marque comme il investirait sur une œuvre d’art », Arthur Avellano imagine à plus long terme une boutique physique, « un concept-shop plutôt qu’une boutique », précise-t-il, « qui corresponde à mon parcours et à mon ancrage dans l’univers de l’art ».

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