Géants de l’habillement : H&M domine, mais vacille face à Inditex

Alors que l'Américain Gap est désormais talonné par le Nippon Fast Retailing (Uniqlo), la bataille que se livrent les groupes H&M et Inditex (Zara, Massimo Dutti, Oysho, Bershka...) pour le titre de leader mondial de l’habillement révèle, en creux, le plafonnement progressif de ces mégastructures de la mode.


Le flagship Zara de Copenhague - Inditex

Inditex versus H&M
 
La coïncidence veut que le groupe galicien a révélé son bilan annuel le 15 mars, jour même où H&M faisait état de sa première chute mensuelle des ventes à périmètre évolutif en quatre ans, que le suédois justifie en partie par un effet calendaire défavorable. Le géant nordique peut néanmoins se consoler grâce aux 23,3 milliards d’euros de ventes réalisés par Inditex sur l’exercice clos fin janvier. Chiffre inférieur aux 23,5 milliards d’euros de ventes réalisées par le groupe H&M sur l’exercice clos fin novembre.
 
Un écart limité qui cache cependant deux réalités très différentes entre ces deux sociétés, dont les stratégies de croissance reposent de longue date sur la multiplication des boutiques. Ainsi, Inditex affiche une insolente croissance de 12 % du chiffre d'affaires et de 10 % à périmètre comparable. Le groupe H&M, qui n’indique plus ses ventes à périmètre comparable depuis 2014, se limite lui à une hausse de 7 % à périmètre évolutif.
 
Et les bénéfices nets illustrent un peu plus cet écart. Inditex affiche une progression de 10 %, à 3,16 milliards d’euros, contre un recul de 11 %, à 1,96 milliard, pour le groupe H&M. Qui, pour la première fois dans cette décennie, évoquait dans son bilan annuel sa volonté de fermer des magasins.
 
Or, les deux groupes affichent un large écart en termes de réseaux. Inditex, dont la croissance est largement décorrélée de l’expansion du réseau, comptait 7 292 points de vente à la fin de l’exercice, contre 4 351 pour H&M. Ecart que tente de combler H&M, dont la croissance dépend largement de l’expansion du maillage, via l’ouverture de 427 boutiques l’an passé, contre « seulement » 279 pour Inditex.
 
Une autre donnée vient éclairer ces chiffres : sur l’exercice clos fin novembre 2013, les ventes en comparable d’H&M affichaient une croissance nulle. L’année suivante, le groupe cessera de communiquer cette donnée. Mais sur ce même exercice, marqué par une reprise progressive et des taux de change favorables à l’Europe, Inditex affichait 3 % de croissance à périmètre comparable.
 
De fait, si H&M est bel est bien en termes de ventes le leader mondial de la vente d’habillement à bas prix, c’est bien son principal concurrent sur le terrain de la fast fashion qui a encore une forte croissance en réserve. Mais, en ne parvenant plus à maintenir sa croissance malgré un nombre imposant d’ouvertures, le suédois pourrait malgré lui montrer les limites d’un modèle reposant sur l’omniprésence planifiée d’un groupe de mode.
 
Gap vs Fast Retailing
 
Derrière ce duel très européen s’en joue un second, de part et d’autre du Pacifique. D’un côté, le groupe Gap, dont les contre-performances annuelles successives ont entraîné la mise en place d’un vaste plan de restructuration et de fermetures, principalement dans le pays natal de l’entreprise basée à San Francisco. De l’autre, Fast Retailing. La maison mère d’Uniqlo, qui déploie progressivement ses points de vente à l’international, a désormais acquis une taille propre à concurrencer l’américain.
 
Ainsi, sur son exercice clos fin août 2016, le groupe nippon affichait un chiffre d’affaires de 15,5 milliards d’euros, en progression de 6,2 %, là où le groupe Gap a plafonné à 14,4 milliards d’euros, à niveau stable, sur l’exercice clos fin janvier. Les bénéfices ont pour leur part atteint 417 millions d’euros pour Fast Retailing et 205 millions de dollars pour l’américain.
 
Il reste cependant hasardeux de comparer deux réseaux ne s’affrontant pas frontalement, A la fin de l’exercice 2016, Gap Inc. avait ramené son réseau  à 3 659 magasins (dont 3 200 gérés en direct) dans une cinquantaine de pays, dont 370 en Asie. A la fin de son propre exercice, Fast Retailing comptait 3 336 magasins, franchisés inclus, dont seulement une cinquantaine sur les terres de Gap.
 
Néanmoins, les groupes se font désormais face en Europe et, au niveau de la croissance mondiale, c’est bien Fast Retailing qui semble dominer Gap, alors qu'il y a sept ans seulement, le japonais pointait à 8,9 milliards d’euros de ventes, bien loin alors des 13,7 milliards affichés par le groupe américain.

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