Ivana Omazić lance sa propre marque

Rompue aux logiques corporate des grandes maisons, forte d’un parcours sans faute qui l’a amenée de Prada à Jil Sander, en passant par Céline, dont elle a été la directrice artistique, tout comme chez Martin Margiela jusqu’à l’arrivée de John Galliano, la designer croate Ivana Omazić se lance sur le marché avec son propre label de prêt-à-porter féminin en portant une grande attention sur le produit.

Un look IO Ivana Omazić pour l'hiver 2017-18 - DR
 
« J’ai voulu revenir à plein temps au contact des vêtements, sur lesquels je me concentre désormais avec une philosophie slow fashion », raconte-t-elle à Fashion Network. La créatrice quarantenaire, qui présente cette semaine pour la première fois à Paris sa marque « IO Ivana Omazić » au showroom MC2, son distributeur au niveau mondial, propose un vestiaire contemporain aux lignes épurées, où chaque pièce a sa propre personnalité.
 
Cette collection pour l’automne-hiver 2017-18 confirme le travail présenté à Milan la saison dernière, mettant en avant un important processus de recherche artisanale, qui a déjà séduit quelque 75 acheteurs dans le monde entre l’Asie, avec notamment 10 multimarques au Japon, et l’Europe, où Ivana Omazić dénombre pas moins d’une quarantaine de clients en Italie, parmi lesquels les points de vente Penelope à Brescia et l’Excelsior à Milan, et trois en France (Repère de Femme à Vincennes, O Paris à Paris, Boutique Marie Antoine à Ajaccio).
 
Les vêtements aux coupes impeccables sont réalisés dans de beaux tissus provenant d’Italie ou du Portugal. Ils reflètent une « féminité rigoureuse », se distinguant chacun par un traitement particulier ou un détail, jamais banal.


Ivana Omazić - Suzana Holtgrave

Ainsi, des lignes verticales et des blocs de couleurs géométriques donnent du caractère à un manteau en drap de laine blanc aux lignes arrondies. Un grand carré de feuille dorée 23 carats est appliqué sur un t-shirt en coton noir, des cordons multicolores tressés dans la maille dessinent des motifs géométriques dans un tricot.
 
Des paillettes multicolores sont appliquées à la main sur les habits. Les dessins à l’esprit naïf des illustrateurs Dominik Vukovic, Mladen Udovcic ou encore Dina Milovcic sont reproduits sur les habits par le bais de la technique du tampon ou de la sérigraphie. D’autres sont brodés à la main et repeints.

« Il y a beaucoup d’expérimentation. Tous les prototypes sont réalisés dans mon laboratoire, à Zagreb », explique la designer, qui est revenue s'installer dans sa ville natale, où elle a mis sur pied son entreprise, qu'elle autofinance, avec 15-20 personnes et l’aide de sa famille : sa sœur pour l’image et la communication, sa mère pour la finance, son frère pour le management !
 
Les pulls IO Ivana Omazić sont tricotés à Sarajevo - DR

Tout est réalisé en Croatie, près de Zagreb, à l’exception des pièces en maille tricotées par un groupe de femmes de Sarajevo selon des techniques traditionnelles. Certains cardigans torsadés tricotés dans des poids et des points différents sont vendus autour de 900 euros, le t-shirt peint à la main est lui à 150 euros.

« Chaque pièce est unique, parfois avec des petites imperfections. C’est ce qui en fait sa valeur », glisse Ivana Omazic en souriant.



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