Jean-Pierre Blanc : « Il y avait urgence à donner accès à nos collections de mode »

Depuis 33 ans à la tête du Festival international de mode et de photographie, qu’il a fondé dans sa ville natale de Hyères, Jean-Pierre Blanc dresse pour FashionNetwork.com le bilan d’une 33ème édition, touchée, selon lui, par une énergie particulière cette année. Il annonce par ailleurs l’acquisition de l’historique Villa Romaine, qui a accueilli entre autres Christian Dior en villégiature, pour y réaliser un centre de recherches pour les étudiants en mode.

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FashionNetwork.com : Avec l’acquisition de la Villa Romaine, le festival s’agrandit. Comment est né ce projet et comment va-t-il fonctionner ?

Jean-Pierre Blanc :
L’idée est née en 2016 suite à l’incendie du château Saint-Pierre, qui accueillait les ateliers de prototypages dédiés aux jeunes créateurs du Festival. Audrey Azoulay, à l’époque ministre de la Culture, avait proposé d’organiser nos ateliers à la Villa Romaine. Sur le moment, le projet n’avait pu se concrétiser. Mais depuis, le dossier a pu avancer. La métropole de Toulon a acheté cette villa avec de nombreux soutiens, dont la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, le département du Var, le ministère de la Culture, des partenaires privés comme les maisons Chanel et Hermès, la Fondation Carmignac et la mécène privée Silvia Fiorucci.

Il y avait urgence à développer l’accès à nos collections de mode. Nous avons ainsi décidé de dédier cet espace à notre patrimoine, donnant pour la première fois accès à nos archives. Il y aura un modèle par candidat finaliste à notre concours de mode depuis les années 1990, ce qui fera quelque 300 looks. A cela s’ajoutent le fonds de 2 000 pièces de l’artiste sculpteur et créateur de bijoux Christian Astuguevieille, qui nous a fait une donation exceptionnelle, ainsi que les scrapbooks de Marie-Laure de Noailles, soit ses carnets de collages. Ce patrimoine sera ouvert aux étudiants avec des possibilités de résidence.

FNW : Le Festival et le centre d’art de Hyères vont donc s’articuler autour de la Villa Noailles et de la Villa Romaine ?

JPB :
Pas seulement. A ces deux lieux, la Villa Noailles, qui est notre pôle de présentation, et la Villa Romaine, qui deviendra notre pôle de découverte, s’ajoute le château Saint-Pierre, qui va rouvrir en juillet, pour accueillir à nouveau les ateliers de prototypages et de réalisation de production de tous les artistes qui passent par ici, puisque la Villa Noailles vit toute l’année, soutenant la création contemporaine dans les domaines de la mode, de la photographie, du design et de l'architecture.

FNW : C’est la deuxième année que vous organisez le concours des accessoires de mode. Comment le voyez-vous évoluer ?

JPB :
Nous n’en sommes qu’à la deuxième année. Je vois une évolution positive depuis l’an dernier. Nous bénéficions aussi d’un engagement exceptionnel de la part du jury. C’est ce dont on a besoin au début d’un concours.
 
FM : Du point de vue de la création et des collections présentées, comment vous a semblé cette 33ème édition ?
 
JPB : Dans cette édition, il y a eu une énergie très importante, que je n’avais pas ressentie forcément tout le temps. Au-delà de la fréquentation du Festival, qui ne cesse de progresser, et du travail créatif des candidats, de leur envie d’être, pour certains, poétiques, ou pour d’autres de vouloir protéger la planète... Ce qui me frappe le plus cette année, c’est leur tendance positive alors que nous vivons l’une des périodes les plus noires de l’époque contemporaine.

Ces jeunes ont une énergie bouleversante, qui donne de l’espoir. Leur prise de parole est plutôt réconfortante. Je les trouve remarquables. C’est une grande découverte et plaisir. La beauté absolue de cette jeunesse, qui est notre guide pour l’avenir.

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