La joaillerie, secteur à haut potentiel de développement

LVMH vient de prendre une participation minoritaire dans le joaillier italien Repossi. Cette transaction dans un secteur à fort potentiel de séduction ne risque pas d’être la dernière et arrive après une longue liste d’opérations plus ou moins récente finalisées dans le secteur de la haute joaillerie.
 
Avant de s’intéresser à Repossi, le colosse du luxe français s’était emparé de Bulgari en 2011, autre joailler italien, tandis que sa division Montres et Joaillerie détient aussi TAG Heuer, Chaumet, Dior Montres, Zenith, Fred, Hublot et De Beers Diamond Jewellers Ltd, une joint-venture créée avec le premier groupe diamantaire du monde.
 
Repossi, campagne 2014

De son côté, son concurrent Kering n’est pas en reste. Alors qu’il détenait déjà Boucheron et Qeelin, il a mis la main en 2013 lui aussi sur une marque de bijoux italienne : Pomellato. Son activité joaillerie s’est notamment distinguée au 3ème trimestre en enregistrant une croissance à deux chiffres.
 
Propriétaire de Cartier, Van Cleef & Arpels et Piaget, le groupe suisse Richemont se positionne quant à lui en leader sur ce marché.
 
De fait, la haute joaillerie reste un secteur florissant, contrairement à l’horlogerie qui traverse une période difficile. Dans un moment de grande incertitude des marchés, les bijoux constituent une valeur refuge par excellence. Mais pas seulement. Ils sont un terrain de conquête d’autant plus intéressant que seuls 20-21 % du marché sont détenus par des labels connus. Un peu comme l’était le marché des accessoires de maroquinerie il y a quelques années.
 
Les ventes mondiales annuelles de ce secteur se sont élevées en 2015 autour de 160 milliards d’euros avec un taux de croissance moyenne annuelle de 2-3 %. La haute joaillerie, c’est-à-dire les bijoux montés sur des métaux précieux comme l’or, l’argent ou le platine, pèse 80 % de ce marché, soit 130 milliards d’euros. Or, sur ces 130 milliards, seulement 27 % représentent des grandes marques consolidées, soit un marché de 35 milliards d’euros fort d’une croissance annuelle de 10-12 %, selon les données de Bain & Company.
 
« Alors que le marché mondial de la joaillerie ne progresse guère beaucoup, de l’ordre de 2 % par an, celui de la joaillerie labellisée est en pleine explosion, surtout dans le segment le plus élevé du haut de gamme », analyse Claudia D’Arpizio, partenaire de Bain & Company.
 
Dans son rapport 2015 sur le marché mondial du luxe pour Altagamma, le cabinet estime à 16 milliards d’euros le marché mondial de la très haute joaillerie de marque (regroupant le top du top et les marques de bijoux des griffes de mode). Cette catégorie est celle qui a enregistré la plus forte croissance sur l’ensemble du marché du luxe : + 18 % entre 2014 et 2015 (+6 % à taux de change constant).

« Les marques de bijoux de luxe ont continué à surperformer sur le marché mondial, enregistrant de bonnes performances dans les segments les plus élevés. Elles restent un investissement privilégié grâce à la valeur intrinsèque des matières premières », note Bain & Company dans ce rapport.

« Avec la multitude de petits bijoutiers locaux qui ne sont pas des labels connus, il y a clairement un espace à occuper de la part des grands groupes de luxe, qui souhaitent transformer l’une de ces réalités en une marque à part entière via des investissements et des boutiques », poursuit Claudia d’Arpizio. 
 
« Cela fait des années, qu’il y a un vrai intérêt sur ce secteur, car il offre un retour sur investissement très élevé sans que les investisseurs ne soient grevés par les habituelles lourdeurs typiques des grandes griffes. Il y a beaucoup d’entreprises très intéressantes, mais il s’agit de réalités très petites, impliquant un investissement à long terme », conclut-elle.

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