Le textile parmi les secteurs les plus touchés par la perte d'emplois en France

Quelque 27 300 établissements en moins, 530 000 emplois de perdus, l'Insee dresse mercredi dans une étude le bilan d'une décennie noire (2006-2015) pour l'industrie manufacturière française dont les maux, déjà apparents au début de la période, ont été exacerbés par la crise de 2008-2009.


Les industries textiles et de l'habillement, un secteur composé pour l'essentiel de PME, ont perdu 35 % de leurs effectifs entre 2006 et 2015

Presque tous les secteurs d'activité ont été frappés, surtout le textile, le bois-papier-imprimerie, la sidérurgie ainsi que l'automobile. Seuls l'agroalimentaire et l'aéronautique ont résisté au repli général.

En décembre 2015, l'industrie manufacturière française comptait 123 300 établissements employeurs et 2,7 millions de salariés, soit respectivement 18 % et 16 % de moins qu'en 2006.

Sur la seule année 2009, au plus fort de la crise, elle a perdu 184.000 salariés.
Elle est le secteur qui a le plus souffert sur la période, loin devant la construction (9 % d'établissements et 7 % de salariés en moins sur 10 ans) et a été dépassée depuis 2009 par le commerce comme premier employeur du privé.

Par activité, les industries textiles et de l'habillement, un secteur composé pour l'essentiel de PME, ont perdu 35 % de leurs effectifs entre 2006 et 2015, le bois-papier-imprimerie et le raffinage 26 % et 27 % respectivement chacun. Autres secteurs sinistrés, la sidérurgie comme l'automobile ont vu leurs effectifs fondre de 28 %.

A l'inverse, l'agroalimentaire, aujourd'hui le premier secteur de l'industrie manufacturière, a accusé une baisse très limitée (-0,4 %) du nombre de ses salariés alors que la construction aéronautique et spatiale a enregistré une hausse de 24 % des siens.

Par zones géographiques, le recul a été général sur le territoire national mais les zones d'emploi les plus touchées ont été le bassin parisien, le nord, l'est et le centre de la France.

L'optimisme est revenu en 2017

En 2015, l’industrie manufacturière ne représente plus de la moitié des salariés des secteurs marchands que dans neuf bassins d'emploi : Sablé-sur-Sarthe et La Ferté-Bernard (Sarthe), Segré (Maine-et-Loire), Issoudun (Indre), Ambert et Thiers (Puy-de-Dôme), Saint-Claude (Jura), Oyonnax (Ain), La Vallée de l’Arve (Haute-Savoie).

L’Insee rappelle que l'emploi salarié dans l’industrie est en repli depuis 1975 et que la part de l’industrie manufacturière dans la valeur ajoutée de l’ensemble de l’économie a été divisée par deux entre 1970 et 2014 et ce pour plusieurs raisons structurelles : gains de productivité, externalisation vers les services, concurrence étrangère accrue, délocalisations ou encore la déformation de la demande au profit des services.

Des statistiques parmi les plus récentes pourraient laisser penser que la situation a cessé de se dégrader.

Pour la première fois depuis 2009, les ouvertures de sites industriels ont été nettement plus nombreuses que les fermetures en France sur les huit premiers mois de 2017, même si le nombre d'emplois moyen des nouveaux établissements est en baisse, selon une étude publiée en septembre dernier.

Les chiffres de l'emploi salarié diffusés mardi par l'Insee montrent que, pour la première fois depuis le début des années 2000, l'industrie n'a quasiment pas détruit de postes au quatrième trimestre 2017 avec un solde négatif limité à -400.

Les enquêtes de conjoncture traduisent de plus un climat des affaires euphorique dans l'industrie, à son meilleur niveau depuis dix ans et avec des intentions d'embauche en hausse.

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