Ottolinger présente sa vision radicale de la mode à Paris

Les mannequins sont assises ou juchées sur un monticule de terre glaise, comme si elles venaient d’être modelées à l’instant. L’impression est accentuée par les vêtements en devenir qu’elles portent : des vestes et pantalons calcinés troués, des bandelettes de pansements façon sparadrap s’enroulant autour des jambes ou d’une taille, d’où elles pendent en jupe, des étoffes nouées autour du corps qu’elles sculptent, ou encore un pan de feutre bouilli et travaillé à la main, qui s’effiloche, tandis que de mini-sacs à main sont façonnés en argile dans des couleurs flashy.
 
Un look Ottolinger pour l'hiver 2017-18 - FashionNetwork (Photo D.M.)

Pour sa toute première présentation à Paris durant la Fashion Week, la jeune marque de prêt-à-porter féminin Ottolinger, dont déchirures et brûlures constituent la signature, n’a pas manqué de se faire remarquer avec une collection singulière faisant ressortir l’important travail manuel dans la réalisation des vêtements. Les matières, qui apparaissent presque dans leur état brut, donnent à la fois une impression de force et de fragilité à l’ensemble.
 
« Le traitement des matières premières est puissant, mais à l’arrivée, les vêtements semblent fragiles », souligne le duo de créatrices à l’origine du label. Christa Bösch (30 ans) et Cosima Gradient (29 ans) sont toutes deux originaires de Suisse, la première provient « d’un petit village de montagne », la deuxième de Zurich. Elles se sont connues au Basel Institute of Fashion Design et ont créé leur marque en 2015, avec la saison automne-hiver 2015-16, installant leur studio à Berlin.
 
Christa Bösch et Cosima Gradient, les créatrices d'Ottolinger - FashionNetwork (Photo D.M.)

Après des études de droit, Christa Bösch a bifurqué vers la mode en créant sa propre marque à la sortie de l’école de design, avant de s’associer à Cosima Gradient, spécialisée, elle, dans le design et le graphisme. Ensemble, elles ont trouvé la bonne formule. « Nous voulions faire un projet, où l’on puisse s’exprimer totalement en  contrôlant tout le processus », expliquent-elles.
 
« On aime partir de la matière. Mais nos créations peuvent naître aussi d’une idée, d’un look, de la technique ou de tous ces éléments mélangés », poursuivent-elles. Leur approche radicale plaît d'emblée dans cet univers de la mode qui aime être bousculé.

En quatre saisons, Ottolinger a déjà séduit une douzaine de boutiques pointues dans le monde, de Machine A et Selfridges à Londres à Antonioli à Milan, en passant par Los Angeles, Chicago, Tokyo, Pékin, etc.
 
Ottolinger et ses vêtements calcinés, sa marque de fabrique - DR

Le prix des vêtements va de 150 euros pour un T-shirt à 500 euros pour un jeans brûlé, et autour de 1 200 euros le manteau.

Après avoir défilé à Londres et deux fois à New York, les deux designers ont décidé de s’attaquer à Paris, où elles viennent de faire leur entrée dans le calendrier de la Fashion Week, en espérant bien pouvoir monter sur les podiums de la capitale dès la saison prochaine.

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