Pierre Guillaume, l'électron libre de la parfumerie

C’est 13 rue Jean-Jacques Rousseau, au cœur du 1er arrondissement parisien, que se niche la boutique de Pierre Guillaume. Dans cet écrin noir tout en longueur inauguré il y a un an, le parfumeur dévoile ses créations olfactives telles que 02 Cozé, le parfum aux accords de tabac épicés qui a lancé sa carrière au début des années 2000.


Boutique Pierre Guillaume à Paris conçue par l'architecte Hugo Franck

Car rien ne prédisposait ce chimiste originaire de Clermont-Ferrand au monde du parfum. A la fin de ses études, il rejoint l’entreprise de son père - un laboratoire de formulations à destination de l’industrie, notamment aéronautique - en tant que formateur industriel en charge de développer un pôle cosmétique. Lorsqu’il apprend que son père est gravement malade, Pierre Guillaume se met en tête de garder un souvenir olfactif de lui, encapsulant alors l’odeur de sa cave à cigares. C’est ainsi qu’est né Cozé, et dans la foulée la maison de parfums Pierre Guillaume. Une maison qui possède son propre laboratoire et ses propres usines de conditionnement grâce à l'assise de l'entreprise familiale.

Cette indépendance est un moteur pour Pierre Guillaume, qui concède toutefois que l’arrivée d’un gros groupe au capital d’une griffe de parfums peut permettre « de décupler de façon extraordinaire sa vision, et ce même si on a des comptes à rendre ». Aujourd’hui, la marque est présente chez 250 revendeurs à travers le monde et dispose de deux boutiques, l’une à Paris et l’autre à Clermont-Ferrand, au cœur de l’Auvergne natale du parfumeur. La maison a également investi en 2017 le Printemps de la beauté à Paris, son premier comptoir en grand magasin.


SuperLady qui sortira en février 2018

Côté créations, il est aussi question de liberté. Pierre Guillaume s’autorise tous les accords, s’émancipant ainsi d’une parfumerie plus commerciale. Habitué aux fragrances plutôt mixtes, le créateur d'essences lancera en février prochain Superlady, son premier parfum clairement féminin qui mêle magnolia et pomme d’amour.  « Le nerf de la guerre, c’est la créativité », martèle celui qui souhaiterait densifier son offre, en fonction des saisons par exemple.

Cette créativité, Pierre Guillaume la veut aussi accessible avec un prix d’entrée moyen de 68 euros. « Ces dernières années, il y a eu une parenthèse enchantée pour la parfumerie (faisant notamment référence aux nombreux rachats de marques de parfums d'exception par de grands groupes, ndlr). Le prix des parfums a également beaucoup augmenté, et la seule augmentation du prix de matières premières ne justifie pas cette hausse », détaille-t-il. Une problématique à laquelle il est confronté puisqu’en plus de sa propre maison, il a ouvert en 2011 à Clermont-Ferrand Haramens, une boutique multimarque de parfums de niche.
 

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