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Tom Ford, un directeur artistique éclairé toujours puissant

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13 avr. 2005

L'Américain Tom Ford, 43 ans, qui va lancer des lignes de cosmétiques dans le giron du groupe Estée Lauder, est un directeur artistique éclairé qui a montré toute sa puissance chez Gucci et Yves Saint Laurent, qu'il a quittés avec fracas au printemps 2004.

Tom Ford et les dirigeants d'Estée Lauder le 12 avril 2005 à New York Photo : Stan Honda/AFP

Depuis plus d'un an, beaucoup de rumeurs ont circulé sur ce qu'allait faire ce styliste de renom, ami des stars, et parti en pleine gloire en raison d'un désaccord avec le nouveau propriétaire des griffes italienne et française, le groupe français PPR.

Tout d'abord le cinéma car Tom Ford, qui a signé en 2004 un contrat avec un bureau d'agent de comédiens, Creative Artists Agency, a toujours dit qu'il avait envie de réaliser un film. En juillet, la presse italienne annonçait même le tournage de son premier film à Cinecitta.

Tom Ford, un Texan au physique de play-boy, a suivi des cours d'art dramatique, tourné dans des séries télévisées et des spots publicitaires avant de choisir la mode.

La rumeur l'a souvent fait revenir dans le prêt-à-porter de luxe, seul ou avec son ex-partenaire Domenico de Sole, ex-PDG de Gucci group, d'abord chez Versace en 2004, puis dans le groupe italien Zegna fin mars 2005.

Tom Ford lors de son dernier défilé Gucci Milan, le 25/02/2004 - Photo : Stefano Rellandini/Reuters

Tom Ford est devenu une légende en transformant radicalement l'image du créateur artiste en directeur artistique, voulant tout diriger dans les maisons: collections, publicité, marketing, packaging des parfums, concept des boutiques, jusqu'à la moquette des bureaux.

Son plus grand fait d'armes est d'avoir redressé de manière spectaculaire -- avec Domenico de Sole--, Gucci, marque moribonde devenue grâce à leur tandem un groupe de luxe, Gucci group, avec des griffes prestigieuses dans son escarcelle: Gucci, Yves Saint Laurent, Balenciaga, Boucheron, Bottega Veneta, Sergio Rossi, etc.

Mais la puissance a attiré les convoitises. Pour ne pas tomber dans le giron LVMH de Bernard Arnault, De Sole et Ford ont fait appel à un chevalier blanc, François Pinault dont le groupe PPR au fil des mois a pris le contrôle total du groupe italien.

Refusant tout partage de décision et refusant qu'on lui demande de ne plus assurer la direction artistique d'Yves Saint Laurent, Tom Ford s'est permis de claquer la porte, plus riche que jamais, entre rémunération fixe et stock-options réalisées avec de confortables plus-values.

Création pour YSL PAP AH04/05 Photo : Philippe Wojazer/Reuters

Tom Ford le perfectionniste n'a pas d'états d'âme. Son appétit de loup n'a d'égal que son énorme force de travail. Il raconte ainsi souvent que sa grande chance est d'avoir des goûts qui plaisent au plus grand nombre.

Ce qui ne veut pas dire qu'il réussit dans tout: il a lancé plusieurs parfums chez Gucci et Yves Saint Laurent qui ont connu des succès divers.

Son seul regret sans doute dans la mode est que le couturier Yves Saint Laurent l'ait toujours snobé. Par Dominique AGEORGES A lire aussi : 12/04/2005 Tom Ford: "Je dois maintenant définir mon goût à moi" 12/04/2005 Tom Ford fait son grand retour, lance sa marque et s'allie à Estée Lauder

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