Valrupt Industries : la manufacture vosgienne reprise par Cote d'amour

Metz, 2 août 2018 (AFP) - Le tribunal de commerce de Paris a désigné mercredi la société Cote d'amour comme repreneur de Valrupt Industries, manufacture de textile à Rupt-sur-Moselle (Vosges), placée en redressement judiciaire en mars, a-t-on appris jeudi de sources concordantes.

La manufacture change de mains - Google

Le plan de reprise de Cote d'amour, grossiste et fabricant de linge de maison, prévoit le maintien de 26 emplois dans la confection textile sur les 103 salariés que comptait l'usine début août.

Deux autres candidats, les sociétés Modetic (représentée par Thomas Huriez, fondateur de 1083, « le jean made in France ») et JB Services, avaient présenté un plan commun de reprise globale avec 39 salariés.

« L'analyse du volet social des offres ne peut être dissociée de l'envergure du repreneur, de l'analyse du projet économique et donc de la pérennité voire du développement envisagé de l'activité », a écrit dans son jugement le tribunal de commerce de Paris.

« L'offre Cote d'amour seule est globalement la plus satisfaisante au regard des critères de la loi », a-t-il estimé. « Le meilleur (repreneur), c'est Cote d'amour (qui) fait de la fabrication française, c'est très important », a réagi auprès de l'AFP le directeur de Valrupt Industries, Patrick Salagnac.

Le groupe s'est engagé à racheter les stocks à hauteur d'un million d'euros et « doit faire une proposition pour reprendre la filature et le tissage », selon Patrick Salagnac, qui estime que davantage d'emplois pourront être conservés. Cote d'amour est déjà propriétaire d'une société textile dans les Vosges, a-t-il ajouté.

La manufacture, dont le siège social et la maison-mère sont situés à Paris, avait été placée en redressement judiciaire le 8 mars. Les ateliers, installés dans les Vosges depuis 1837, employaient alors 130 personnes.

L'une des dernières usines de fabrication de textile français, elle avait été contrainte de déposer le bilan, malgré un carnet de commandes rempli, en raison de « la politique des centrales d'achat » axée sur la baisse des prix, avait expliqué le directeur. « Nos marges sont passées en quelques années de 28-29 % à 15-20 %. A un moment, il faut dire stop, on ne peut plus continuer ainsi à financer les hypers », avait-il dénoncé. « La concurrence accrue dans le secteur ainsi que la hausse historique du cours du coton au printemps 2017 pourraient également être des facteurs » des difficultés de la société, est-il souligné dans le jugement.

Filiale du groupe Valmont, l'usine fabrique des protections de literie en coton, essentiellement des protège-matelas. La manufacture rassemble les activités de filature, tissage, confection et traitement anti-acariens.

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