Zalando rachète le spécialiste du streetwear Kickz

Zalando investit dans le streetwear. Le groupe allemand vient de finaliser l'acquisition du Munichois Kickz, qui exploite 15 magasins en Allemagne et vend dans le monde entier grâce à ses sites en ligne. Une opération qui, selon la direction de Zalando, s'inscrit dans le cadre de sa stratégie et permettra de combiner l'expertise de Kickz dans le basket-ball et le lifestyle avec les capacités techniques et logistiques de Zalando.

Un magasin Kickz de Munich - Kickz

Christian Grosse a créé Kickz en 1993 avec l'ouverture d'un premier magasin à Munich avant d'étendre son réseau et de lancer son premier site marchand en 1998. L'équipe de Kickz est aussi derrière la création de la marque de chaussures K1X, bien identifiée dans les réseaux streetwear. Kickz revendiquait pour son exercice un chiffre d'affaires d'environ 33 millions d'euros, dont les deux tiers en ligne, et fonctionnait avec quelque 250 salariés.

Zalando, qui n'a pas souhaité rendre public le montant de la transaction, intégrera la marque à son magasin en ligne et lui permettra donc d'être disponible dans un plus grand nombre de pays. Les magasins Kickz, qui bénéficient d'emplacements de choix dans les grandes villes allemandes, seront par ailleurs maintenus.

« Les clients de Zalando auront accès à de nouveaux produits, qui ne sont habituellement disponibles que chez des commerçants spécialisés, ainsi qu'à un contenu passionnant sur le thème du basket, sélectionné par Kickz », a déclaré David Schneider, membre du directoire de Zalando.

Ce rachat correspond à la stratégie de Zalando, qui consiste à se développer sur le marché des vêtements de sport. L'an dernier, Zalando a ainsi lancé le label Ivy Park avec la vedette pop Beyoncé. Le géant du commerce en ligne projette également de livrer directement depuis les magasins Adidas en Allemagne.


K1X propose chaussures et vêtements - K1X

Le groupe de commerce en ligne Zalando souhaite devenir un fournisseur de services logistiques, technologiques et marketing auprès des grandes marques de l'habillement. En parallèle du rachat de l'enseigne streetwear, Zalando a aussi annoncé que ses investissements en infrastructure, automatisation et logiciels passeraient de 182 millions d'euros en 2016 à 200 millions en 2017. De nouveaux entrepôts devraient d'ailleurs être ouverts en France, Suède et Pologne.

L'action de l'entreprise a toutefois été impactée par des perspectives relativement prudentes pour l'exercice 2017, alors que la progression des investissements devrait limiter la profitabilité.

Fondé à Berlin en 2008, Zalando est rapidement devenu la principale enseigne européenne de mode en ligne, avec une offre de 1 500 marques disponible dans 15 pays. Le groupe souhaite aujourd'hui étendre ses activités en proposant plus de services aux marques et aux commerçants, ce qui comprend la livraison des articles directement depuis leur magasin – un choix qui, selon un analyste du secteur, pourrait se révéler plus rentable que le commerce en ligne pur.

Amazon, qui se développe rapidement dans le secteur de la mode et est considéré comme la principale menace concurrentielle de Zalando, a aussi fait des incursions dans le commerce physique, principalement dans les domaines de l'alimentation et des livres.

Zalando prévoit une croissance des ventes de l'ordre de 20 à 25 % en 2017, contre 23 % en 2016, et un EBIT compris entre 5 et 6 %, contre 5,9 % en 2016, en phase avec ses prévisions à moyen terme. Cependant, les analystes prévoyaient pour leur part en moyenne une marge de 6,2 %, selon Thomson Reuters. Le groupe, qui emploie actuellement 12 000 personnes, prévoit de créer 2 000 postes supplémentaires en 2017.

En janvier, ASOS, le concurrent britannique de Zalando, a revu à la hausse ses prévisions de croissance des ventes, qui sont maintenant de 25 à 30 % pour l'exercice clos au 31 août, et a annoncé une accélération de ses investissements en infrastructures ainsi que la création de 1 500 postes de travail pour son siège londonien.

Zalando, qui a publié des résultats préliminaires pour le quatrième trimestre en janvier, a déclaré que ses ventes avaient progressé de 26 % sur la période, à 1,09 milliard d'euros. Son EBIT ajusté est par ailleurs ressorti à 96 millions d'euros.

Olivier Guyot avec Reuters

Traduit par Lionel Tixeire

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