Allemagne : l'horizon n'est toujours pas dégagé pour la consommation

BERLIN, 31 jan 2006 (AFP) - Les ventes de détail en Allemagne n'ont pas profité de la période de Noël et ont accusé un nouveau recul en décembre, alors qu'une nouvelle hausse du chômage en janvier ne laisse pas espérer de reprise prochaine de la consommation.


Une agence de l'emploi à Halle, en Allemagne
Photo : Jens Schlueter/AFP

Les ventes de détail ont reculé de 1,4% sur un mois, selon des chiffres provisoires corrigés des variations saisonnières publiés mardi par l'Office fédéral des statistiques (Destatis). La baisse est du même ordre à prix constants et à prix courants. Elle fait suite à un recul de 1% sur un mois enregistré en novembre.

Par rapport à décembre 2004, les ventes de détail ont reculé de 1,6% à prix constants et de 1,2% à prix courants, selon Destatis.

"En conjonction avec un mois de novembre déjà faible, cela suggère des ventes de Noël beaucoup plus basses que ce que les commerçants ont indiqué", relève Holger Fahrinkrug, économiste de la banque UBS.

"Une raison pour le recul des courses de Noël pourrait être les coûts supplémentaires pour les ménages de chauffage et d'électricité", commente Destatis. La hausse continue des prix du pétrole au cours de l'année 2005 s'est traduite par une explosion des coûts de l'énergie, aussi pour les ménages.

Autre facteur explicatif à la retenue des consommateurs : les fonds en hausse alloués à l'assurance-retraite privée, selon Destatis.

La Fédération du commerce de détail HDE ne voit pas les choses comme cela. "Alors que les commerçants ont fait état unanimement d'une hausse de chiffre d'affaires par rapport à l'année précédente, Destatis parle d'une baisse" en décembre, s'étonne l'organisation dans un communiqué.

Les chiffres provisoires de Destatis se basent sur les données de cinq Etats, qui regroupent 79% du chiffre d'affaires du secteur.

Sur l'ensemble de l'année 2005, les interprétations divergent également. Les ventes de détail ont affiché une hausse de 0,7% à prix constants et 1,2% à prix courants, a indiqué Destatis.

"Le chiffre n'est pas mauvais, vu que le pouvoir d'achat a baissé de 0,5% en 2005", a réagi Sylvain Broyer, analyste de la banque Ixis.

Mais pour HDE, une hausse des ventes l'an dernier est irréaliste. "Le résultat (de Destatis) pour 2005 ne colle pas avec l'environnement économique", selon la fédération, qui table pour sa part sur une évolution des ventes de détail "dans le rouge".

La consommation des ménages est le point noir depuis plusieurs années déjà d'une économie allemande dont la croissance est entièrement tirée par le commerce extérieur. Le moral des consommateurs est au beau fixe ces derniers temps et une timide reprise semblait s'annoncer, mais elle ne prendra pied que si le chômage chronique amorce une baisse.

Or le nombre de sans-emplois a franchi à la hausse la barre des 5 millions en janvier, selon des chiffres publiés mardi par l'Agence pour l'emploi.

"Les bonnes nouvelles sur le front de la consommation vont vraisemblablement être limitées à court terme", prévient M. Fahrinkrug d'UBS. "Une hausse substantielle des dépenses de consommation devra attendre que le cycle haussier soit plus affermi".

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
© 2018 Agence France-Presse
Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (ou sur cette page selon le cas) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. L'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Distribution
INSCRIPTION À LA NEWSLETTER