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Publié le
20 oct. 2021
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5 minutes
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Au Festival de Hyères, Christian Louboutin se raconte en mode confidentiel

Publié le
20 oct. 2021

Talons aiguilles, semelles rouges, art de la chaussure, processus créatif… Christian Louboutin a passé en revue les grands jalons qui ont marqué sa carrière lors d’une masterclass fort applaudie à Hyères. Invité par le festival dédié à la jeune création pour y présider le jury dans la catégorie accessoires de mode, le mythique chausseur s’est raconté avec humour et modestie devant un public conquis.


Christian Louboutin - ph Jose Castellar


Il est revenu notamment sur ses célébrissimes semelles rouges. "J’ai débuté en 1991 avec une boutique rue Jean-Jacques Rousseau, à Paris. En 1992, j’ai commencé à peindre les semelles avec le vernis à ongles d’une amie. A l’époque, les femmes s’habillaient surtout en noir et je les sondais sur ce choix du rouge. L’une d’elles m’a dit: 'Le rouge, ce n’est pas vraiment une couleur’. C’est vrai, on peut dire que le rouge se situe entre les teintes neutres du noir et blanc et les couleurs. En plus, le rouge n’a jamais eu de connotation négative. Il rappelle le sang, certes, mais c’est la vie, la passion."

Le chausseur a avoué qu’à l’origine, il n’était pas vraiment passionné par la mode: "Regarder un journal de mode n’a jamais été dans ma culture. Depuis assez petit, 10-12 ans, j’ai dessiné des souliers, mais j’ai mis un certain temps à les intégrer à la mode. J’ai toujours eu une fascination pour la scène, les danseuses, le cinéma en mouvement, les comédies musicales. Au Paradis Latin, je voyais les danseuses comme des oiseaux extraordinaires avec l’apparat animalier, mais sans souliers".

"Je voulais vraiment travailler dans le spectacle, mais pas dans la mode. J’ai raté mon coup! J’ai quand même toujours travaillé avec des gens du spectacle. J’ai fait des souliers pour des vidéos, pour la musique, pour le Crazy Horse, etc.", se souvient-il. "Au final, j’ai multiplié les casquettes, le designer, l’amoureux des femmes, un peu fille, un peu macho", glisse-t-il.

Sur la hauteur vertigineuse de ses talons aiguilles, Christian Louboutin estime que "les souliers à talons hauts changent vraiment la silhouette d’une femme. Dès qu’elles enfilent mes chaussures, d’instinct, les femmes se regardent dans le miroir. Seulement après coup, elles regardent les souliers. Le secret de cette cambrure vient du dessin. En général, du dessin à la réalité, il se perd quelque chose de l’imaginaire. J’essaie toujours de rester au plus près du dessin originel et les gens acceptent cette cambrure, car en fait ils voient le dessin".

"Les talons hauts et même les chaussures rouges étaient autrefois connotés comme étant portés par les prostituées. On considérait aussi que la femme qui portait des talons hauts était forcément une idiote. Je me suis toujours demandé pourquoi la féminité classique et la beauté étaient ainsi considérées. Ces idées ont disparu notamment avec la musique. Tina Turner portait des talons, elle dansait avec, menait sa vie. Aujourd’hui, il n’y a plus cette symbolique lourde autour du talon aiguille, il y a plus de liberté", observe-t-il.

Avoir des Louboutin est devenu aussi un marqueur d'une sortie de condition, comme en convient le chausseur: "Chez les femmes, le soulier incarne quelque chose de magique. Mes souliers sont devenus un marqueur social à cause de ça. C'est le syndrome de Cendrillon!"


Le modèle Ballerina Ultima - Christian Louboutin


Concernant son travail, l’homme a expliqué qu’il avait deux bases, "l’une industrielle, acquise chez Charles Jourdan, et l’autre plus libre, venue de ma période chez Roger Vivier. J’ai l’habitude de modèles réalisés en série et de modèles uniques. Ces derniers me servent de laboratoire. Tout cela cohabite ensemble. Tout ce qui me plait devient une expérience et enrichit mon travail. La liberté est très importante et fondamentale, car un travail libre est plus émouvant et intéressant", analyse-t-il.

Christian Louboutin a aussi dévoilé durant sa masterclass ses habitudes et sa discipline de travail. "Je travaille de manière traditionnelle avec une feuille blanche et des crayons. J’ai besoin de m’isoler dans un lieu habituel et de me concentrer, sans son, ni téléphone ou distraction. Pour moi, tout passe par le dessin. Je le regarde, je corrige les courbes. Je suis vraiment dans la courbe. Je suis très concentré le matin. Je dessine sans discontinuité et m’arrête lorsque j’ai faim, vers 15 heures", confie-t-il.

Le processus créatif du designer est instinctif. Il ne s’appuie pas sur des photos ou un moodboard. "Parfois je pars avec une idée en tête. Cela peut être un tableau ou autre, mes influences sont diverses. C’est normal d’être influencé. Mais lorsque je dessine, je n’ai rien devant moi. Mes influences sont à l’état de souvenirs. Je les digère et les soumets à mon propre filtre personnel, et ça sort comme ça. Si l’on est trop dans la documentation, tout devient similaire. J’ai le plaisir de dessiner", indique-t-il.

"Ce qui est bien, c’est d’être capable aussi de dériver, de profiter d’une rencontre imprévue. Pour moi, il est très important de continuer à naviguer, voir des gens, être ouvert. J’ai la chance que mon entreprise se porte bien, du coup je peux continuer à travailler avec cette liberté", admet-il, tout en soulignant comment "chaque créateur a un univers visible, que l’on voit à travers ses créations. Mais c’est la pointe de l’iceberg. Il y a aussi tout ce que l’on ne voit pas, mais qui nous nourrit. La nourriture mentale et imaginaire peut être vaste".

"Ce qui compte, c’est de faire les choses par plaisir. J’ai besoin aussi de me sentir légitime. Si ça marche, c’est formidable. Si ça ne marche pas, au moins on n’a pas perdu son temps et cela peut aboutir parfois sur autre chose", conclut-il.

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