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Publié le
17 mai 2013
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5 minutes
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Bangladesh: quelle place dans les importations françaises?

Publié le
17 mai 2013

Le Bangladesh est depuis plusieurs semaines sous les projecteurs de l’univers du textile-habillement. L’effondrement d’une usine et plus d’un millier de morts ont amené sur la place publique des conditions de travail parfois désastreuses, connues jusque-là des seuls professionnels du secteur. Sauf peut-être de certaines marques, étonnées devant l’ampleur de la catastrophe. Mais comment le Bangladesh est-il devenu le quatrième exportateur mondial d’habillement, le troisième fournisseur de la France, et le deuxième pour l’Union européenne?


Vidéo de promotion de la Bangladesh Textiles Mills Association (non sous-titré)

Fort de sa tradition textile, le Bangladesh avait en effet largement pâti de la fin des quotas européens sur les importations chinoises depuis 2005. Alors que l’Empire du Milieu a aspiré la majeure partie des commandes, le petit voisin est aujourd’hui le tout premier bénéficiaire du changement de modèle de croissance voulu par la Chine. "Notre compétitivité venait de nos bas coûts salariaux" nous expliquait en janvier Lin Yun Feng, vice-président de la Chambre chinoise de commerce et d’industrie textile (CCPIT Tex). "Cet avantage est désormais perdu pour nos entreprises. Et, en parallèle, des pays voisins, notamment d'Asie du Sud-Est, demeurent en mesure d'apporter cet approvisionnement bon marché. Pour que la supply chain asiatique fonctionne, les clients auront toujours besoin d'avoir à côté les productions d'entrée de gamme de nos voisins. Mais atteindre ce nouvel équilibre demande du temps."

Une femme tient la photo d'une proche disparue parmi les ruines de l'usine - Photo: AFP


La fameuse "usine du monde" lui tournant le dos, l’habillement d’entrée de gamme a donc cherché son nouveau fief. Et au milieu des Vietnam, Cambodge ou Sri Lanka, le Bangladesh a rapidement su capter les commanditaires en quête d’alternative. Le tout en proposant une large gamme de produits, mais également une forte capacité de production en termes de maille. A la différence de la Chine, le Bangladesh est avant tout un pays de confection, proposant peu de production textile. Le pays peut également compter sur les avantages douaniers permis par les Generalised System of Preferences (GSP) pour exporter à moindres coûts douaniers vers les Etats-Unis et l’Union européenne.

Quelle place sur le marché européen ?

Entre 2010 et 2012, les exportations bangladaises d’habillement vers l’Europe sont passées de 5,85 à 8,24 milliards d’euros. Progression qui a permis l’an passé au Bangladesh de passer juste devant la Turquie (8,21 milliards), tout en restant toujours loin du géant chinois (27,7 milliards). Parmi les principaux pays européens figurent sans surprise les grands marchés allemand (2,92 milliards d’euros l’an passé) et britannique (1,88 milliard), devant la France (1,28 milliard), l’Espagne (1 milliard) et l’Italie (0,68 milliard).

Mais, sur les cinq pays européens, l’Hexagone fait figure d’exception: il est le seul à afficher un recul (-1,61%) de ses importations venant du Bangladesh. Un décalage explicable par un approvisionnement global singulier. "Chaque pays affiche des spécificités dans ce domaine, explique Gildas Minvielle, directeur de l’observatoire économique de l’IFM (Institut français de la Mode). Les Etats-Unis ont ainsi développé un sourcing plutôt varié à travers l’Asie. Les Européens ont pour leur part accordé une importance toujours plus grande à la Chine. Mais la France a cette spécificité qu’elle s’approvisionne encore beaucoup dans les pays européens."

Des dizaines de milliers de Bangladais ont manifesté au lendemain du drame - Photo: AFP


En 2012, les importations françaises d’habillement venant du Bangladesh ont reculé de 2%. En janvier-février 2013, elles sont cependant remontées de 7%. Dans le même temps, les principaux fournisseurs hexagonaux que sont la Chine et l’Italie affichent des reculs respectifs de 9% et 2%. Une période trop courte pour en tirer de réelles conclusions, sauf à relever que l’intérêt de la France pour le Bangladesh est bien réel. Notamment sur le segment textile, avec une hausse de 46% des importations, à 10,3 millions d’euros.

Vers un après pour le Bangladesh ?

Suite au drame très médiatisé qui a touché son industrie textile, le Bangladesh voit plus que jamais ses avantages douaniers remis en question par l’Amérique et l’Europe. Mais quelles seraient les conséquences d’une telle décision? "Il y a toujours une grande difficulté d’adaptation des distributeurs, pour ne pas dire autre chose…, souligne Gildas Minvielle. Les donneurs d’ordres pourront aller chercher au Vietnam ou ailleurs. Pour fournir l’Europe, on voit notamment monter la Turquie, ce qui n’était pas du tout le cas il y a dix ans. Et il y a aussi l’Inde, qui apparaît comme une solution via ses fortes capacités de production."

L’Inde négocie d’ailleurs depuis 2007 son libre-échange avec le Vieux Continent. Tout comme la Thaïlande, la Malaisie et le Vietnam, qui souhaitent emboîter le pas à Singapour, avec qui un accord a été trouvé en décembre dernier.

Mais l’international n’est pas le seul problème actuel du Bangladesh. "Nous faisons face à une immense pression, aussi bien au niveau local qu’international" a ainsi souligné le Bangladesh Garment Manufacturers and Exporters Association. Les violentes manifestations des derniers jours ont ainsi provoqué la fermeture temporaire de 300 usines.

Et ce n’est pas la première fois que les ouvriers du textile descendent dans la rue pour réclamer une amélioration des conditions de travail. Ces dernières années ont ainsi été marquées par de nombreuses manifestations, parfois violentes. Si bien que certains observateurs s’interrogent d’ores et déjà sur l’éventualité d’un prochain scénario à la chinoise, avec des hausses de salaires répercutées sur les prix de vente. Le véritable facteur qui provoquera l’évolution du textile bangladais pourrait donc bien venir d’une classe ouvrière encore endeuillée. Les élus l’ont bien compris: le Bangladesh vient d’autoriser des syndicats à se former dans les usines sans l’aval des employeurs.

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