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Blousons hip-hop, bijoux du désert : une mode éthique très tendance

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AFP
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7 oct. 2005

PARIS, 7 oct 2005 (AFP) - Blousons hip-hop fabriqués dans un bidonville du Pérou, bijoux inspirés et ciselés par des Touaregs du Niger, baskets en toile de coton écologique cultivé au Brésil, la mode exposée par le "Ethical Fashion show" à Paris est très tendance, tout en faisant vivre les plus pauvres du monde.


Modèle Miséricordia porté par un enfant de Lima

La deuxième édition du Salon de la mode éthique rassemble une cinquantaine de créateurs du monde entier (Inde, Brésil, Grande-Bretagne, Afrique, Cambodge, Lituanie, Equateur, Pérou), de vendredi à dimanche, au moment où se tient la semaine de la mode parisienne.

"Envoyé au Pérou par une association caritative pour trouver le moyen d'y créer des emplois, je suis tombé sur l'orphelinat de la Misericordia, tenu par des religieuses. Tous les élèves étaient habillés avec des blousons fabriqués par leur atelier de couture, avec le mot Misericordia inscrit sur le dos. Je les ai trouvés très vintage, dans la tendance, et je suis parti de là", explique Mathieu Reumaux, 25 ans.

Trois ans après cette rencontre, ce diplômé en économie vend dans les boutiques les plus branchées de Paris, Tokyo, Berlin, Barcelone, New York, Hong Kong et bientôt Londres, ces blousons redessinés par son associé Aurélyen, diplômé des Beaux-Arts, et fabriqués dans un bidonville à 40 km au nord de Lima.

Il y a créé 24 emplois, verse des rémunérations légales sur 14 mois avec un surplus de salaire de 25%, paie une assurance-chômage, co-finance une école maternelle, des cours de football, et "surtout redonne de l'orgueil à des gens qui attendaient juste la fin de leur vie au coin de la rue".

Petit problème pratique à Paris, la trésorerie des deux jeunes associés est très tendue. "Les acheteurs nous paient comme si on était Dior, à 60 jours fin de mois. Le paiement arrive plusieurs mois après qu'on ait acheté les matières premières et payé les gens", indique Mathieu qui vit chez ses parents tandis qu'Aurélyen, 31 ans, dort au bureau quand il n'est pas au Pérou.


Modèle Miséricordia porté par un enfant de Lima

Cela ne les empêche cependant pas de développer des collaborations avec de grands couturiers (Bernhard Willhelm, Stephan Schneider et Lutz) pour fabriquer des vêtements très "bobos".

Même passion chez Aude Durou, 23 ans. Elle voulait vivre et travailler avec les Touaregs du Niger, elle est allée jusqu'au désert pour trouver ces familles de forgerons détenteurs de savoir-faire anciens. Depuis près d'un an, ils réalisent pour elle une gamme de bijoux en argent et tissu, "Ombre Claire", tous uniques, inspirés par leur tradition et leur culture.

En quelques mois d'activité, elle a réussi à capter l'attention de quelques boutiques qui, par leurs commandes, lui permettent de faire travailler une dizaine de personnes à Agades, ville du nord du Niger, où Hermès fait réaliser ses propres bijoux.

Chaque bijou est payé 10 euros à l'artisan alors que le salaire minimum local est de 30 euros par mois. En France, le prix en boutique varie entre 40 et 80 euros. Aude gagne un petit Smic français.

C'est ce que gagnent aussi Sébastien Kopp et François-Ghislain Morillon, deux diplômés de 28 ans en commerce et économie, qui viennent de lancer Veja, la première basket issue du commerce équitable. Fabriquée au sud du Brésil avec du coton bio du Nordeste et des semelles de caoutchouc naturel d'Amazonie, elle donne du travail à temps partiel à 250 familles brésiliennes.

Son succès international a été immédiat : on la trouve à Londres, Berlin, Barcelone, Milan, Lausanne, Stockholm et à Paris pour 80 euros.

Par Béatrice BRETONNIERE

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