Bouchra Jarrar et Stéphane Rolland, deux visions de la haute couture

PARIS, 21 jan 2014 (AFP) - Les Français Bouchra Jarrar et Stéphane Rolland ont formulé mardi deux propositions haute couture très différentes pour l'été prochain: la première optant pour des silhouettes élégantes en pantalon, et le second pour des robes longues voluptueuses, des femmes-fleurs.

La haute couture en pantalon de Bouchra Jarrar

Après avoir travaillé chez Balenciaga et Christian Lacroix, Bouchra Jarrar a lancé sa maison en 2010. Elle est rapidement devenue une incontournable dans le calendrier des défilés, et a obtenu fin 2013 l'appellation "haute couture", rejoignant quatorze autres maisons françaises, dont Chanel, Dior, Gaultier.

Bouchra Jarrar printemps-été 2014 (photo PixelFormula)

En 26 looks, mardi, elle a donné sa vision d'une élégance moderne. Bouchra Jarrar a fait défiler seulement trois robes longues, "des robes tubes", en satin cuir fluide, noire, gris anthracite puis bleu "maison", assez électrique, qui font penser à un travail d'architecte.

Pour le jour et le soir, la couturière privilégie donc les pantalons, "d'uniforme", comme elle les appelle, ou "tube" en lamé bleu acier, ou encore les pantalons smoking pincé. Ils se portent avec un boléro gansé de plumes, une redingote tissée main, une veste perfecto brodée...

Au premier rang du défilé, Olivier Saillard, directeur du musée Galliera, musée de la mode de Paris, qui ne rate jamais l'occasion de faire l'éloge de Bouchra Jarrar. Elle est "plus proche d'un style tailleur pour homme que d'une haute couture fantaisie qui transforme les femmes en meringue", souligne-t-il. Il vante sa "précision". Sa collection? "C'est un travail qui récompense... des années de travail", juge-t-il. "Et j'aime bien les filles en pantalon du soir. Les robes, c'est un peu un archaïsme", lâche-t-il.

Les femmes-papillons de Stéphane Rolland

Stéphane Rolland a lui présenté une collection dominée par les robes. Ses femmes-fleurs et femmes-papillons prennent leur envol entre le crépuscule et l'aube. Le couturier signe un vestiaire au service de l'hyper-féminité, démultipliant les volumes avec des effets de pétales et de feuillages nervurés grâce à des broderies ou des découpes sculpturales. Les modèles monochromes sont jaunes, blancs ou noirs.

Seule la mariée-papillon est en orange. Elle déploie ses ailes grâce à une spectaculaire robe à longue traîne qui a nécessité 200 mètres de gazar peints à la main et 200 heures de travail dans les ateliers. Au premier rang, Kim Kardashian semblait en extase, tandis qu'une ovation montait dans la salle. Marqués parfois par le retour nostalgique du vinyle si cher à Paco Rabanne, Courrèges et Pierre Cardin, robes et combinaisons-pantalons s'agrémentent d'arches d'organza, de cuir vernis ou de plastrons de tulle quasi transparente créant de faux décolletés à s'y méprendre. Stéphane Rolland plaide pour "une femme déterminée et lumineuse", engagée dans "une nouvelle modernité". La sensualité en prime.


Par Caroline TAIX, Jean-François GUYOT

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