Brexit : le Royaume-Uni se rapproche dangeureusement d'une sortie sans accord

Les députés britanniques ont voté lundi soir contre les quatre options alternatives à l'accord de Brexit conclu par la Première ministre, Theresa May, avec Bruxelles.


Le Royaume-Uni se rapproche dangereusement du « no deal » - D.LEAL-OLIVAS/AFP

Après avoir rejeté trois fois déjà l'accord de Theresa May, avoir voté la semaine dernière contre huit propositions parlementaires pour tenter de sortir de l'impasse, les élus ont rejeté les nouvelles options, d'initiative parlementaire, qui leur étaient présentées et proposaient entre autres de maintenir des liens étroits avec l'Union européenne ou arrêter le processus de Brexit pour éviter une éventuelle sortie sans accord.

Les députés votaient sur quatre options

Ils devaient voter sur quatre options alternatives à l'accord de Brexit conclu par Theresa May avec Bruxelles qu'ils ont rejeté trois fois, espérant faire plier la Première ministre conservatrice, au moment où la patience des Européens s'épuise.

Les parlementaires avaient déjà tenté de prendre le contrôle du processus de sortie de l'UE la semaine dernière en proposant des solutions pour sortir de l'impasse dans laquelle le Royaume-Uni est engagé. En vain : divisés sur le visage que doit prendre le divorce avec l'Union européenne, ils avaient finalement voté contre les huit scénarios examinés.

Après l'ajournement du Brexit, initialement prévu pour le 29 mars, afin d'éviter une sortie sans accord, ils ont voté dans la soirée sur quatre options sélectionnées par le président de la Chambre des communes, John Bercow.

Parmi les solutions proposées figuraient les deux qui ont recueilli le plus de suffrages mercredi, à savoir l'organisation d'un référendum sur tout accord de divorce conclu avec Bruxelles et la mise en place d'une union douanière avec l'UE. Celles-ci avaient bénéficié du soutien de l'opposition travailliste.

La proposition d'un modèle « Norvège », également connue sous le nom de « Common Market 2.0 », a également été soumise au vote. Elle préconisait le maintien du Royaume-Uni au sein du marché unique, synonyme de liberté de circulation des biens, capitaux, services et personnes, comme la Norvège. Mais en plus, elle réclamait une union douanière spécifique avec l'UE, soit une politique de droits de douane et commerciale commune.

Les directions du Parti travailliste (245 députés sur 650) et du Parti national écossais (SNP - 35 députés) ont appelé à la soutenir. « Nous voulons rester dans l'UE », a souligné le chef de file des députés du SNP, Ian Blackford.

« Mais nous sommes prêts à des compromis pour protéger l'emploi, rester dans le marché unique et l'union douanière, c'est pourquoi nous voterons pour » la motion déposée par le conservateur Nick Boles.

La dernière option sélectionnée proposait, en cas d'absence d'accord à deux jours du Brexit, de faire voter les députés pour ou contre un « no deal » et, en cas de refus, de renoncer à la sortie de l'Union européenne.

« Spectacle lamentable »

Theresa May n'a pas donné de consignes de vote aux députés de sa majorité conservatrice. Mais elle a déjà signifié qu'elle s'opposerait au choix des députés s'il se portait vers le maintien dans le marché unique ou vers une union douanière car Londres perdrait la possibilité de mener une politique commerciale autonome.

Ces « votes indicatifs » n'ont pas de valeur contraignante pour l'exécutif. Mais il ne serait pas « viable » pour le gouvernement de les ignorer, a estimé dimanche le ministre de la Justice David Gauke, à un moment où Theresa May a perdu tout semblant d'autorité, aussi bien sur son parti qu'auprès de ses ministres.

Malgré ses trois échecs depuis mi-janvier, Theresa May n'a pas renoncé à encore présenter son accord de divorce aux députés s'il a « une chance raisonnable de succès », a déclaré son porte-parole lundi. Elle a convoqué un conseil des ministres exceptionnellement long mardi pour discuter la voie à suivre. Quelle que soit la voie choisie, Theresa May doit divulguer ses plans au prochain sommet européen exceptionnel convoqué pour le 10 avril.

Vendredi, elle avait rappelé que l'option « par défaut » était celle d'un Brexit sans accord (« no deal ») le 12 avril, redouté par les milieux économiques. La solution alternative consiste à demander un nouveau report, de plus longue durée, mais celui-ci devrait être justifié et obligerait le Royaume-Uni à organiser des élections européennes fin mai.

En face, la patience des dirigeants européens est en train de « s'épuiser », a déclaré le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, sur la chaîne de télévision italienne Rai 1.

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