Chine : des mesures pour donner plus de temps de shopping aux consommateurs

Week-ends rallongés, ouverture plus tardive des magasins… Les autorités chinoises testent actuellement différentes mesures visant à stimuler localement la consommation, à l’heure où l’empire du Milieu connaît un ralentissement de croissance plus rapide qu’annoncé.


Pékin avait déjà lancé début 2018 une campagne pour inciter les commerces à repousser leurs horaires de fermeture - Shutterstock

L’autorité commerciale de la municipalité de Pékin s’apprête à mettre en place des mesures d’incitation visant à doper la consommation tardive. A l’occasion d’une conférence donnée en décembre, le directeur du bureau commercial, Yan Ligang, expliquait ainsi vouloir faciliter l’ouverture 24h/24 de restaurants et de supérettes.

L’objectif est d’apprendre d’autres grandes villes comme Shanghai ou Shenzhen, où la vie nocturne est porteuse de consommation accrue, notamment en achat d’équipement de la personne. La municipalité de Pékin avait déjà lancé début 2018 une campagne pour inciter les commerces à repousser leurs horaires de fermeture, rapporte le Global Times.

Mais plus intéressante encore est l’approche prise par la province chinoise d’Hebei, qui entoure l’ensemble de la capitale du Nord au Sud. La partie nord de cette région a mis sur la table des congés accordés aux travailleurs le vendredi après-midi afin de laisser ces derniers aller consommer. Le texte, consulté par Bloomberg, parle « d’accélérer la destruction des obstacles systématiques les plus directs et importants à la consommation locale afin de favoriser l’émergence de zones de consommation ». Un stimulus offert à la consommation qui doit encore être validé par les autorités, mais dont la nature témoigne de l’atmosphère économique du pays.

L’ex-« usine du monde » a en effet progressivement redirigé ses efforts vers la consommation intérieure. Ce qui s’est notamment traduit dans le textile par une multitude de fabricants, jadis dépendants des exportations vers l’occident, ayant finalement déployé leurs marques propres à destination d’une clientèle chinoise. Mais le commerce local a connu quelques contrecoups, notamment en raison de la dégradation des perspectives en termes d’emploi. Or, depuis 2015, année de la plus faible croissance connue par la Chine en 25 ans, c’était précisément la consommation locale qui avait sauvé les meubles. L’enjeu est donc de taille pour Pékin, sur fond de bras de fer avec Washington.

La Chine demeure à ce jour le premier fournisseur de l’Union européenne en habillement, avec 10,5 milliards d’euros (-9 %) au premier semestre 2018. Mais, du fait de la redirection progressive des productions vers le marché intérieur et des hausses de salaire, l’industrie est progressivement rattrapée par le Bangladesh, qui a exporté 8 milliards d’euros (+2 %) d’habillement vers l’Europe au cours de la même période.

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