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Claudio Marenzi : “Nous ferons Pitti Uomo. Absolument”

Traduit par
Sonia BROYART
Publié le
24 mars 2020
Temps de lecture
7 minutes
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Claudio Marenzi a parlé avec FashionNetwork.com. Le président de Confindustria Moda - et directeur général de sa marque d’outerwear Herno - espère encore que le Pitti Uomo de juin ne sera ni annulé ni reporté. “Nous, nous le ferons. Absolument”, affirme-t-il inflexible. “Nous avons fait nos comptes : si la diffusion du virus avance en Italie comme elle a évolué en Chine, nous nous attendons à une amélioration de la situation dès le mois de mai. Ce sera bien sûr un Pitti différent, avec moins de présence que d’habitude.”


Claudio Marenzi


“C’est une hypothèse certainement optimiste, car il faudra aussi voir si à ce moment les rassemblements de personnes seront autorisés (et la Fortezza da Basso a beaucoup d’espaces très étroits). Sans céder au défaitisme ou au pessimisme, en mai nous ferons un point sur la situation, et nous sommes tout de même en train d'étudier les mesures à prendre”, anticipe Claudio Marenzi. “Si nous pourrons respecter toutes les normes de sécurité, nous ferons très certainement ce salon. Bien entendu, si fin mai nous sommes encore tous enfermés chez nous ou dans nos entreprises, alors nous le reporterons et nous nous ferons une raison…”
 
Pour le moment, “parmi les entrepreneurs du textile-mode qui font produire en Chine, je sentais beaucoup de négativité il y a deux semaines. Aujourd’hui beaucoup moins. Il semblerait en effet que la Chine revienne à une situation de normalité substantielle autour du 20 juin, selon les projections”, raconte l'entrepreneur piémontais.

Lors de la réunion d’il y a deux semaines avec Confindustria Moda, Pitti Immagine, Salone del Mobile, Camera della Moda et Fiera Milano, avec le soutien de l'ICE, le thème du chevauchement des manifestations a été évoqué. “Au début on pensait que c’était un problème, mais en réalité cela pourrait constituer un moment de relance des univers de la mode et du design italien”, affirme Claudio Marenzi. Le Salone del Mobile et le Pitti Uomo seront en même temps à Milan et Florence, ensuite la Fashion Week à Milan démarrera avec des initiatives communes prévues avec le Salone, et tout de suite après arriveront MIDO et Milano Unica début juillet. “L’idée est que cette concentration alimente la relance de l'image italienne. Les salons seront clairement réduits, avec des affluences plus faibles que d’habitude, car le secteur des salons s’accompagne de celui du tourisme des affaires, l’un des plus touchés”, précise-t-il. 
 
Herno a 50 % de sa capacité de production opérative, avec une cinquantaine de personnes occupées à coudre des prototypes et échantillons, alors qu’au siège, 25 personnes sont opératives, entre modélistes et employés de la production. La marque de manteaux réduira aussi la portée de ses propres collections. “Nous sommes en train de gérer la préparation des collections, en smart working, ou directement. Mais un peu toutes les entreprises sont à mi-temps”, renseigne l'entrepreneur. “Le véritable sujet est de savoir si ces collections auront du succès, après une saison très négative comme le sera le  printemps-été 2020.”
 
Les sites de vente en ligne font des réductions autour de 20 %, certains e-shop anglais arrivent même jusqu’à 50 %. S’agira-t-il d’une arme à double tranchant pour le fashion system? “Ce printemps-été 2020 est une saison compromise pour tous ceux qui sont dans le wholesale et le retail direct. Des magasins fermés en Italie, France, Espagne, dans plusieurs régions en Allemagne, et d’ici peu aux États-Unis aussi, font que beaucoup achètent sur les e-shop, c’est une conséquence du phénomène en cours”, répond le président de CM. 
 
“Pour l’instant, on ne vend que sur le web. Le préjudice pour les magasins physiques est certainement très élevé. Une guerre des prix sur les e-shop est l'une des hypothèses, mais ensuite on reviendra à la normalité. Une réflexion que l’on peut faire est : quelles seront les conséquences de la psychose du coronavirus sur la tendance à voyager et à acheter des consommateurs?”, se demande aussi le président de Confindustria Moda. “Le web (canal surestimé jusqu’il y a peu concernant les ventes réelles qu'il génère en valeurs absolues) deviendra désormais un débouché vraiment important et l'utilisation massive actuelle génèrera une tendance favorable à l'utiliser encore plus. Si tout repart vite, même les soldes anticipées de juin, plutôt qu’en juillet, pourraient être une mesure appropriée, voire une nécessité”, ajoute-t-il.
 
Le décret ‘Cura Italia’, qui injecte 25 milliards d'euros et active des flux économiques pour 350 milliards va dans la bonne direction, selon Claudio Marenzi. Cependant dans ce décret, il n’y a pas la mode, secteur de plus de 65 000 entreprises, qui comptent plus de 615 000 employés et plus de 95 milliards d'euros de chiffre d'affaires et qui est très important pour la promotion de l'Italie dans monde.
 
“Cela a généré certains mécontentements dans le secteur, mais il faut rappeler que la mécanique et l’automobile n’ont pas non plus été incluses dans les mesures. Toutefois, en ce moment il faut tenir compte des collectivités et de la population touchée. Ce n’est pas le moment de faire polémique. Nous laissons travailler le gouvernement, qui, une fois passée la tempête, devra mettre en œuvre un grand effort économique et médiatique pour la promotion spéciale de l'Italie dans le monde, comme de l’intégralité du système de la mode et du luxe”, soutient Claudio Marenzi, qui ajoute combien tous, grandes marques comprises, sont très attentifs et préoccupés du maintien de la filière d'approvisionnement et des petites entreprises.
 
“Nous demandons que le gouvernement, l’Europe et les banques soutiennent les PME, par exemple en les finançant avec des outils comme le Reverse Factoring. L'attitude correcte en ce moment est de soutenir la filière, en amont comme en aval, en soutenant ses propres clients wholesale. Non seulement avec des mots ou avec gestes de solidarité très appréciables, mais aussi dans les faits”, affirme-t-il avec fermeté. “La situation grave se répercute sur les grandes marques, qui affrontent d'énormes dépenses et tensions financières. Je les invite à éviter de décharger ces problèmes sur leurs propres fournisseurs en demandant des ristournes et des paiements différés ou en faisant ‘des propositions indécentes’ du fait de leur position de force”.
 

"D’ici à un an, la situation sera très difficile"



“Heureusement que la mode avec sa structure et son ADN, est ’habituée à réagir à des renversements soudains ou des changements (de goût, style, humeurs, canaux de distribution, marchés), il suffit de penser à notre textile qui a l’incroyable capacité de se renouveler tous les six mois”, indique le directeur général de Herno, qui définit cette situation comme “bien pire qu’en 2008. Il y aura des ‘morts et des blessés’ : parmi les marques, les producteurs de textile, les entreprises de semi-ouvrés ou de distribution. D’ici à un an, la situation sera très difficile”, signale-t-il.
 
Claudio Marenzi n’exclut pas qu’au terme de cette malheureuse conjoncture de nombreux petits ateliers et marques, qui réalisent des produits uniques et de grande qualité pourraient être directement absorbés par leurs clients de référence. “Car ils disposent de ressources très réduites et ont moins de possibilités d’obtenir des financements bancaires. Un phénomène de concentrations similaire à ce qui s’est passé dernièrement dans le secteur de la maroquinerie. Mais cela n’arrivera pas pour les grandes noms du secteur textile”, dit-il.
 
“Ce qui est important en ce moment c’est d’être flexibles”, continue Claudio Marenzi, “et d’avoir les capacités de résistance à une situation qui fera que toutes les petites et grandes entreprises, devront sûrement faire face à un écart énorme entre dépenses et recettes.”
 
Selon l'entrepreneur à la tête de Confindustria Moda, “il s'agit de mon opinion personnelle, mais l'une des leçons que ce phénomène du coronavirus pourrait nous apporter, est la révision des paramètres généraux avec lesquels on juge financièrement les sociétés”, dans le sens où les entreprises ‘bancables’ “devraient être des sociétés avec des paramètres différents qu'un Ebitda et autres marges élevés”, ou encore celles qui sont le plus en mesure de rembourser leurs dettes. “Si nous voulons maintenir le système d’une filière unique, complète et où chacun a sa propre autonomie, ces paramètres devront être revus”.
 
“Ou bien il suffira d’attendre. Je crois que cette turbulence laissera des traces, pour ce qui s’est passé ou ce qui pourrait se passer dans le futur. Et selon moi - je l’affirme depuis longtemps - si cela continue ainsi, d’ici une dizaine d’années quatre groupes géants s’affirmeront et auront alors le monopole de l'intégralité de la filière”, conclut Claudio Marenzi.

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