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Publié le
1 déc. 2020
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Climat: l’industrie de la mode sensibilisée mais trop statique

Publié le
1 déc. 2020

L'association Climate Chance a dévoilé le 30 novembre le rapport 2020 de son Observatoire Mondial de l’Action Climat Non-Etatique. Un document transectoriel de 250 pages, dont une vingtaine consacrée à l'industrie de la mode, dont l'impact environnemental est passé au crible, de même que les engagements RSE des marques, pour des résultats pour l'heure très limités à l'échelle de la filière.


CLIMATE CHANCE – BILAN 2020



“Si les marchés de la mode durable et de la seconde main gagnent du terrain, il est difficile de mesurer leurs impacts et ils restent insérés dans une logique de croissance sectorielle, qui empêche d’enrayer la croissance annuelle de la consommation de ressources et des externalités négatives de l’industrie du textile et de l’habillement”, déplore le rapport. “Certaines problématiques ont été prises en charge par les autorités publiques, comme l’amélioration des conditions de travail des ouvriers, en particulier en Asie, et la gestion des déchets textiles. Mais le climat n’est que faiblement intégré dans ces tentatives de régulation, et ne fait l’objet pour le moment que d'initiatives relativement isolées et de déclarations d’intentions de la part d’enseignes européennes”.

Le rapport revient sur l’évolution de la production mondiale de fibre, à laquelle FashionNetwork.com avait consacré un article. Évolution qui montre notamment que la production de polyester a doublé en quinze ans, rappelle Climate Chance, qui évoque une filière aux contours difficiles à définir. Une industrie qui émettait en 2018 quelque 2,1 milliards de tonnes de gaz à effets de serre (GES), ce qui représenterait une hausse de 23% en trois ans et porterait à 4% la part de la filière dans les émissions mondiales.

L’amont de la production concentre 71% de ces émissions, avec en tête la production des matériaux (38%), suivie par la filature (8%), les procédures de transformation type “wet processes” (15%), la fabrication des pièces (6%) et la découpe (4%). Le transport et la vente au détail génèrent quant à eux respectivement 3% des émissions. L’usage du produit en génère pour sa part 20%, auquel s’ajoutent 3% lors de la fin de vie du produit.

En termes de produits, ce sont les pulls en laine, les vestes imper-respirantes et les manteaux de composition moyenne qui occasionneraient les plus gros rejets, devant les chemises en coton, robes en coton, pulls acryliques et robes en polyester.

Au-delà des émissions de GES, le rapport pointe la consommation d’eau de la filière. Avec 84,5 milliards de mètres cubes d’eau par an, le coton capterait 93% de l’eau utilisée par l’industrie textile. En outre, si le coton ne représente que 2,4% des terres agricoles mondiales, il représente 22,5% des insecticides répandus. Les 7% d’eau restants vont principalement à la production de fibre et à la teinture, qui utiliseraient 43 millions de tonnes de produits chimiques. Auxquels il faut ajouter les 500.000 tonnes de micro-plastiques rejetés chaque année dans l’océan via les lavages des produits par les consommateurs.


CLIMATE CHANCE – BILAN 2020



Côté forêts, la filière compte pour 1% de la déforestation mondiale, avec 150 millions d'arbres coupés chaque année. Des ressources auxquelles s’ajoutent 2,4% de terres agricoles exploitées pour le coton en 2020, ainsi que les 278 hectares nécessaires pour produire une seule tonne de laine. Quant à la fin de vie des produits, moins de 1% des vêtements serviraient pour l’heure à en créer de nouveaux, tandis que 12% sont recyclés en produits de moindre valeur (“downcyclés”). Ce sont 87% des matériaux utilisés dans la fabrication de vêtements qui finissent aujourd’hui détruits à l’échelle mondiale.

Quels engagements au sein de la filière ?



L’association Climate Chance note de nombreuses initiatives isolées prises par certains acteurs de la filière mais qui, par leur nature, échouent à repenser l’ensemble du secteur. Si désormais 50% des entreprises de la filière surveillent leurs rejets, seules 10% se fixent des objectifs de réduction.

En revanche, nombreuses sont les marques à se tourner vers des matériaux moins gourmands en eau et engrais, comme le lin et le chanvre. Avec une empreinte carbone inférieure de 46% au coton classique, le coton bio a vu sa production doubler en six ans, mais ne représente que 1% du coton produit mondialement. Les marques privilégient en effet le “preferred cotton” (intégrant des engagements sociaux et/ou environnementaux, ndlr), moins cher mais profitable à l’image, qui représentait 25% de parts de marché en 2019.

Côté teintures et traitements, de nouvelles techniques émergent. “ColorDry a permis d’économiser 20 millions de litres d’eau par Nike (WWF, 2017) ; la société suisse Archroma a mis au point une teinte pour jean à base de soufre qui permet l’économie de 84% d’eau et de 25% d’émissions de CO2 comparée aux teintes conventionnelles (WWF, 2017)” note le rapport. “D’autres utilisent des produits naturels pour les teintures des tissus: la chaîne de restauration étasunienne Chipotle Mexican Grill a par exemple lancé une collection de vêtements teints à partir des noyaux d’avocat issus de leurs restaurants”.


CLIMATE CHANCE – BILAN 2020



Côté transports, le rapport donne en exemple la marque française 1083, qui s’engage à fournir des produits fabriqués à moins de 1083 kilomètres du consommateur et cite une étude McKinsey qui établissait en mars dernier que la relocalisation de certaines étapes de transformation suffirait à réduire de 3% les émissions totales dues au transport. L’aspect créatif des pièces change également, avec les notions de RSE.

Alors que la production de mode à doublé depuis 2000, les produits sont portés 15% moins longtemps. D’où l’émergence de marques et pièces pensées pour être intemporelles, et résister aux changements de tendance, tandis que des “Repair Shops” se multiplient chez les Nudie Jeans, Vaude et autres. La circularité s’invite également dans les stratégies, à l’image des collectes de H&M, du français Corail produisant des chaussures en plastiques repêchés, des vêtements biodégradables de Freitag… Tandis que la seconde main continue son envol, et pourrait peser le double de la fast-fashion d’ici dix ans, selon ThredUp.


Une logique trop productiviste et consumériste ?



“Certaines marques ont donc développé des collections qualifiées de 'durables', 'éthiques' ou 'conscientes' ou des branches de seconde main, souvent accompagnées de déclarations tonitruantes”, déplore le rapport, qui évoque notamment le cas de Walmart. “Cependant, les communications et les engagements des marques ne sont pas toujours en accord avec la réalité de leurs activités: un rapport récent de l’agence Retviews a montré que la collection Conscious de H&M ne représentait que 9% des habits en vente, celle de Zara Join Life 14%. Ces marques sont pourtant signataires du Fashion Industry Charter for Climate Action initié en 2018 lors de la COP24 ou encore du Fashion Pact”.


Shutterstock



Les vêtements durables ne représentaient encore que 1% des produits mis en vente sur le marché. Chiffre qui semble contre-intuitif alors que le nombre de vêtements estampillés “durable” aurait été multiplié par cinq entre 2017 et 2019. Le rapport met également en garde contre la portée de certains labels, comme GOTS (Global organic textile standard) qui n’implique aucune mesure spécifique en termes de teinture ou d’émission de transport.

“Des outils ont donc émergé pour tenter d’évaluer (et potentiellement de certifier) l’ensemble du circuit de fabrication”, note Climate Chance. “Des labels tels que Sloweare tentent de réunir plusieurs problématiques dans leur certification. Des applications de traçabilité comme ClearFashion permettent aux consommateurs un meilleur accès à l’information concernant les circuits de fabrication. La plateforme de vente en ligne Zalando va sélectionner ses fournisseurs via le Higg Brand & Retail Module (Higg BRM) développé par la Sustainable Apparel Coalition (SAC), un outil permettant de mesurer les performances en termes d’émissions de CO2, de droits humains et de pollutions environnementales à l’aide d’indicateurs”.
 

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