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Comment réformer la formation pour aider l'industrie textile à recruter ?

Publié le
today 11 nov. 2018
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A l'heure où l'industrie française de la mode et du luxe voit les créations d'emplois repartir à la hausse pour la première fois depuis bien longtemps, le constat partagé entre les acteurs du retour du made in France est celui de la difficulté de recruter du personnel qualifié. Une thématique qui était le point de départ d'une des table rondes du Forum de la Mode qui se tenait le 7 novembre dernier au ministère à Bercy. C'est donc la question clé de la formation qui a été débattue. 


Lyne Cohen-Solal introduisant la table ronde sur la formation aux savoir-faire du troisième Forum de la Mode - FashionNetwork.com


Ouvrir les perspectives, décloisonner : tels sont les mots d'ordre qui ont été donnés pour améliorer la formation des petites mains. « Petites mains » justement, un terme connoté ? Pour Lyne Cohen-Solal, présidente de l'Institut National des Métiers d'Arts qui introduisait le débat, il y a déjà des efforts à faire en termes de vocabulaire et de communication pour redorer le blason de la filière technique. « D'abord pour gagner en lisibilité, il faut parler aux jeunes avec un langage qui leur parle et sur leurs réseaux. Par exemple, si vous leur proposez de devenir repasseur dans le flou, ça ne leur inspirera rien ! Mais au-delà de cet effort-là, il faut aussi moderniser sur le fond les enseignements, en formation initiale, mais aussi en formation continue », a-t-elle martelé

Pour Flory Brisset, qui a monté son atelier de broderie, « Il y a une dichotomie entre la création et la façon, dans les métiers d’arts, la création est plus valorisée, on rencontre des jeunes qui préfèrent penser l’objet et déléguer à quelqu'un pour le faire. Il faut sortir de ça. Je ne suis pas convaincue par les formations en broderie, qui je trouve ont une approche trop traditionnelle du métier, dans l'hyper-perfection, sans créativité. Or le geste évolue avec la création contemporaine. Du coup nous formons les gens nous-mêmes », témoigne-t-elle. 

Directeur de la manufacture J.M. Weston à Limoges, Gilles Lapierre constate un autre problème : « Pour moi, il faudrait être capable de proposer de véritables filières de formation, des parcours. Recruter un apprenti sans lui proposer de perspectives d'évolution pour la suite, c'est le meilleur moyen pour qu'il quitte l'entreprise. J'ai un exemple récent : un jeune qui a préféré refuser notre CDI avec formation pour un CDD chez McDonald's et qui m'a dit que là-bas il pourrait évoluer ». Et de relever également un frein chez les parents pour les mêmes raisons.

Créer de nouveaux diplômes de niveau supérieur, c'est la démarche entreprise par d'autres secteurs que le textile, comme en a témoigné Michel Baldocchi, directeur de la Haute Ecole de Joaillerie : « La remise en cause sur cette question de la formation s'est opérée depuis quelque temps déjà dans la joaillerie. Il y avait une vraie demande de formations plus élevées, nous nous y sommes adaptés et avons créé de nouveaux diplômes. Aujourd’hui, toutes les disciplines, y compris les plus rares, ont un éventail complet de formations, du niveau 5 au niveau 1, du premier degré d'exécution jusqu'au master ou bachelor. Au-delà de leurs spécialités, nous essayons aussi d’arriver à faire travailler les étudiants ensemble sur d’autres techniques, en mode projet », explique-t-il.

Créer de nouvelles formations, mais surtout avec un contenu élaboré avec les industriels, un pari fait par la région Normandie, raconte Amedi Nacer, dirigeant du sous-traitant Thierry & Fonlupt. « Nous travaillons avec plusieurs industriels auprès de la région pour la mise en place d’une nouvelle formation, un BTS production. Nous avons notre mot à dire. La première promotion de 14 élèves a commencé en septembre, il y avait 240 candidats, c’est un motif d’espoir. A nous de faire un effort d’explication auprès des candidats, de leur donner des perspectives. Cette génération qui zappe vite, elle ne changera pas, c’est à nous de nous adapter à elle », estime-t-il.

Adapter les formations aux candidats à la reconversion

Améliorer la formation initiale, mais ouvrir également les perspectives de formations au-delà du seul public jeune. C'est le cas chez J.M. Weston, qui a mis en place sa propre « école » depuis quatre ans, un cursus interne monté avec les Compagnons du devoir et Pôle emploi. Ce dernier s’occupe de l’administratif et du recrutement, et les Compagnons de la formation, témoigne Gilles Lapierre. « Depuis le lancement, nous recevons de plus en plus de candidatures spontanées et qualitatives, et notamment des profils surprenants de reconversion. Des personnes en quête de sens, pour qui cela passe par un rapprochement avec la matière. »

Dans son atelier de plumasserie, Julien Vermeulen aimerait également qu'un effort soit fait en pensant également les formations pour des adultes en recherche d'un nouvel emploi. « Il y a encore des CAP plumassier en France et c’est bien, mais le CAP se destine aux jeunes de 14 ans… Difficile d’avoir une passion ou une vocation à 14 ans. Alors ils partent faire autre chose après... Nous, nous avions une très bonne candidate de plus de 50 ans et bien non, nous ne pouvions pas l’inscrire à cette formation, même si tous les partenaires étaient d’accord. Finalement, nous sommes passés par un dispositif de la mairie de Paris, avec de longues recherches et de la chance, car ce dispositif ne concerne que quelques personnes par an. Le système actuel est inadapté aux reconversions, estime-t-il. Quasi aucun des recrutés chez nous n’avaient initialement de formation technique au final. »

« Notre dernière recrue, c'est un boucher en reconversion qu'on forme au métier de tisseur, a ajouté Jean-Christophe Dutel, de la maison du même nom. Nous avons beaucoup de mal à trouver des gens qui sont formés et qui ont envie d'exercer ces métiers. En plus, nous, nous avons la problématique d'un petit bassin d'emploi. Les formations se font quasiment toutes en interne chez nous aussi. C'est assez logique, dans le fond, le marché des tisseurs s'est fortement réduit dans notre région depuis des décennies, donc le nombre des formations aussi. Je comprends qu'on ait diminué la formation lorsque l'on craignait que les élèves ne trouvent plus d'emploi », nuance-t-il, pour remettre le manque d'investissements sur les formations techniques du secteur dans leur contexte.

Une dynamique qu'il faut inverser rapidement, pour Lyne Cohen-Solal : « La réforme de l'apprentissage qui s'annonce ne va pas assez loin. Ces métiers techniques représentent une formidable réserve d'emplois, ils pourraient créer 10 000 nouveaux emplois par an pendant cinq ans. Il ne faut pas que ces recrutements soient empêchés par une offre de formation trop faible. Pour cela, il faut de l'aide et il ne faut pas qu'elle tarde à arriver ».

« Cela a bougé un peu du côté de l'enseignement supérieur mode, avec évidemment la constitution prochaine d'une seule et grande école née de la fusion IFM et Chambre syndicale couture, mais aussi le début de la conférences des écoles de mode CESUM et la création de nouveaux diplômes supérieurs par l'ENAMOMA, mais aussi Duperré et Sorbonne Nouvelle, qui créent de nouveaux masters. Il fallait faire des progrès pour que l'éventail de formations soit au niveau de la réputation de Paris en matière de mode. Mais côté formations techniques, le bilan est clairement plus nuancé ». 

Et d'évoquer, en matière de métiers d'art, le besoin d'une volonté politique pour préserver les savoir-faire, de la Renaissance jusqu'à aujourd'hui. Une volonté politique donc, mais aussi, soulignée par plusieurs membres du panel réuni à cette occasion du Forum de la Mode, la nécessité d'augmenter l'attractivité des entreprises pour les employés. « Si on doit mourir, ce ne sera pas par le manque d'activité, mais par le manque de techniciens. Alors tous les matins, je me lève en me disant qu'il faut que ma boîte soit sexy ! » a ainsi résumé Amedi Nacer, le dirigeant du fabricant de prêt-à-porter Thierry & Fonlupt.

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