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Copenhagen Fashion Week : trois créatrices au centre de toutes les attentions

Publié le
today 4 févr. 2019
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Dans le froid danois de la fin janvier, près de 25 défilés étaient programmés pour la Copenhagen Fashion Week consacrée à l’automne-hiver 2019. Un événement qui, associé aux salons CIFF et Revolver qui se tiennent aux mêmes dates, parvient à attirer la presse internationale ainsi que des acheteurs. Le rendez-vous peut pour cela compter sur quelques noms émergents en Scandinavie et parfois au-delà. Outre By Malene Birger, J.Lindeberg ou encore Baum Und Pferdgarten, trois créatrices étaient particulièrement attendues cette saison, à savoir Cecilie Bahnsen, Stine Goya et Ditte Reffstrup, DA de Ganni.


Cecilie Bahnsen automne-hiver 2019 - Copenhagen Fashion Week

 
Finaliste de l’Andam l’an dernier et avant cela du LVMH Prize, Cecilie Bahnsen a déjà réussi à se faire repérer bien au-delà des frontières danoises. Son univers et sa touche personnelle sont donc très attendus désormais à Copenhague et le défilé automne-hiver 2019 aurait eu tort de chambouler cela. C’est donc avec le vocabulaire textile qu’on lui connaît depuis plusieurs saisons que la jeune créatrice a composé une nouvelle gamme : encore une fois, la richesse de ses tissus texturés a séduit, à l’image du matelassage délicat qui est désormais l’une de ses signatures comme ses silhouettes mariant avec réussite gonflant et légèreté… L’approche des matières et la douceur de Cecilie Bahnsen ont encore fait mouche.
 
Un vocabulaire rodé donc, mais avec un glissement : la femme poupée de Cecilie Bahnsen qui dégageait innocence et délicatesse jusque-là bascule vers quelque chose de plus sombre, que le finale du défilé illustrait à merveille. Tous les modèles de Cecilie Bahnsen formaient ensemble une véritable armée de jeunes filles éthérées, surtout pas fantomatiques tant leurs pas s’ancraient dans le sol avec détermination. Le vestiaire de Cecilie Bahnsen était composé d’autant de vêtements comme des habits de poupée que l’on aurait un peu malmenés, avec ses dentelles dévorées, ses surfaces plus brutes qui dessinent les motifs, ou encore ces côtelés blancs presque hospitaliers… Il y a quelque chose de disruptif qui est entré dans le monde de Cecilie Bahnsen, qui s’en va désormais explorer de nouveaux contrastes avec cette collection balayant les pastels pour le noir et blanc.


Collection « sustainable » Stine Goya automne-hiver 2019 - Copenhagen Fashion Week

 
Du côté de Stine Goya, c’est une ode à l’optimisme que l’on pouvait admirer à l’occasion de cette Fashion Week de Copenhague. La couleur, comme toujours, la flamboyance également, étaient au rendez-vous, mais la créatrice danoise, qui a fondé sa maison en 2006, avait cette saison décidé de ne pas présenter sa collection principale, mais une nouvelle ligne 100 % durable. Un propos qui résonne à Copenhague, où la problématique est de longue date au cœur des discours de marque.
 
Côté mise en scène, c’est au sein de la Classenske Bibliotek et son architecture très caractéristique que la marque avait choisi de faire évoluer des danseurs et non pas des mannequins, mis en musique en live par un saxophoniste. De l’énergie au profit d’une capsule qui prouve toute l’étendue créative possible, y compris avec des matériaux renouvelables ou renouvelés. Cette ligne sera positionnée plus haut sur l’échelle des prix que la collection principale Stine Goya et se destine à une distribution internationale exclusive et limitée.
 
Enfin, la marque du moment côté danois, Ganni, faisait la clôture de la troisième journée. La griffe féminine, qui ouvrira prochainement sa première boutique hors de Scandinavie, à Londres, voulait-elle signifier qu’elle entend conquérir le monde à l’occasion de son dernier défilé baptisé « Life on earth » ? Elle avait en tout cas choisi de donner dans la mise en scène cosmopolite, de grands écrans diffusant des photographies prises aux quatre coins du globe. Mais difficile de comprendre le rapport entre les visages d’enfants du tiers-monde et les vêtements qui défilaient ce soir-là. Avec ses ambitions de marque globale, la griffe soutenue par L Catterton (LVMH) présentait une collection pour la première fois ornée de sacs, le lancement de la maroquinerie ayant lieu cette saison.


Collection automne-hiver 2019 Ganni - Copenhagen Fashion Week


Le vestiaire est donc complet, quoique un peu désordonné : des robes à la construction bicéphale, mélangeant les imprimés, aux pièces à manches, plutôt réussies, qui se faisaient tantôt trench revisité tantôt maxi-doudoune. La palette de coloris surfait sur des ocres et bruns pour une partie de la collection, donnant un côté assez brut mais manquant peut-être un peu de désirabilité, tandis que des bleus et violets venaient remettre un peu d’électricité. Un exercice de stylisme pour les silhouettes jouant des superpositions, sans oublier la touche de léopard qui a fait le succès de la marque ces dernières saisons et que l’on retrouvait de-ci de-là dans l’assistance du défilé, les best-sellers de Ganni étant partout à Copenhague.

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