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22 août 2016
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De "grands moments de solitude" pour les professionnels du tourisme cet été

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AFP
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22 août 2016

Une ambiance anormalement « calme » à Paris, « un peu de mou » à Avignon et un mois d'août « catastrophique » à Carcassonne : les vacanciers étrangers ont boudé la France cet été, refroidis par un climat sécuritaire inquiétant après les attentats.

Les Champs-Elysées souffriraient de la désaffection touristique


Alors que Jean-Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères en charge du tourisme, doit dévoiler ce mardi un premier bilan de la saison estivale, il suffit de déambuler sur les Champs-Elysées pour le constater.

A l'heure du déjeuner, les restaurants sont loin de faire le plein, les touristes ne se bousculent pas dans les magasins, et les bus à impériale, qui relient les lieux emblématiques de Paris, ne déversent que quelques grappes de visiteurs au pied de l'Arc de Triomphe.

Dans son kiosque à cartes postales et souvenirs situé devant le magasin Louis Vuitton, très prisé de la clientèle étrangère, Dominique Schneiter évoque « de grands moments de solitude » cet été. « Les grosses fortunes asiatiques, émiraties, on ne les voit pas. (...) Il n'y a personne sur les Champs. Normalement, un dimanche à cette heure-là, c'est plein. »

Nathalie Werts, 43 ans, est venue de Belgique en famille pour le week-end. « Enchantée » par son séjour, le troisième dans la capitale, elle abonde : « cette année c'est assez calme. J'ai connu beaucoup plus de monde ».

Au jardin des Tuileries qui relie le Louvre à la place de la Concorde et aux Champs-Elysées, et alors que midi approche, les terrasses sont quasiment vides. « Il y a beaucoup moins de touristes cet été, 20 à 30 % en moins », évalue Laurent Bernagou, directeur de La Terrasse de Pomone. Et « surtout beaucoup moins d'Américains », détaille-t-il à l'AFP, alors que la destination France est classée comme à risque par les Etats-Unis depuis les attentats du 13 novembre.

Dans la capitale, la fréquentation hôtelière a chuté de 9,8 points à 78,1 % en juillet sur un an, d'après l'Observatoire économique du tourisme parisien.

L'été a été « calme », confirme à l'AFP Ambre Danré, manager au bar-restaurant l'Hôtel du Nord, sur les bords du canal Saint-Martin. « On a eu un début d'été difficile avec la météo », et « sur août c'est un petit peu moins bien, même si cela reste le mois le plus calme de l'année », ajoute-t-elle.

Devant le métro Saint-Paul, à deux pas du quartier du Marais, Emmanuel Afonso responsable du restaurant Les Chimères, constate que « la fréquentation est très très basse », avec une désertion des touristes étrangers.

Ailleurs en France, le bilan est plus nuancé. A Carcassonne (Aude), « sur juillet, on s'est maintenu » grâce au Tour de France, mais "sur août, c'est catastrophique », explique Thierry Deniau, coprésident départemental de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie.

Sur le Canal du Midi, Jacques Noisette des Voies navigables de France (VNF) a remarqué entre Toulouse et Carcassonne « une baisse de 20 % des populations étrangères ».

A Argelès-sur-mer (Pyrénées-Orientales), le camping Del Mar a subi « un gros creux dans les réservations » fin juillet après l'attentat de Nice. « Le téléphone ne sonnait même plus », se rappelle Nicolas Quillevere, son responsable, avant d'évoquer toutefois « une bonne saison ».

A Avignon, au Forum, bar-restaurant de la place de l'Horloge, la baisse de fréquentation devrait se limiter à « 5-6 % », avec « un peu de mou » ressenti du 15 au 25 juillet, juste après l'attentat de Nice, selon le gérant, Julien Girard. « Les Chinois, les Japonais, les Américains sont là, mais les Européens des pays voisins ont reporté leur séjour. »

Au-delà des chiffres de fréquentation, les attaques terroristes sont dans tous les esprits. Mary-Ann et Paul, deux sexagénaires américains, ont bravé leurs inquiétudes pour voir la Tour Eiffel. « Nous avons fait notre réservation la semaine des attentats de novembre. On s'est demandé s'il fallait annuler, mais on s'est dit "Non, sinon cela veut dire que les terroristes ont gagné" », explique Mary-Ann.

La Belge Nathalie Werts est un peu déçue : auparavant accessible sans restrictions, le parvis est désormais fermé par des barrières et un sas de sécurité. « Ca m'a fait un peu bizarre, ça casse l'image de la Tour Eiffel », regrette-t-elle, même si, agent de police en Belgique, elle comprend ces mesures.

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