Deux jeunes diplômés lancent les 1ers cosmétiques bio-équitables labellisés

PARIS, 3 avr 2006 (AFP) - Sucre de canne du Paraguay ou beurre de cacao du Pérou pour hydrater, exfoliant au café pour le gommage, huile de Buriti d'Amazonie au filtre solaire naturel : ce sont quelques uns des ingrédients de la première gamme française de produits cosmétiques bio-équitables labellisée Max Havelaar.


Café du Nicaragua

"Bio par respect pour l'environnement et équitable pour garantir un revenu aux petits producteurs", explique Corinne Paulet, 29 ans, qui vient de fonder avec un ami d'enfance, Henri Sauphar, 32 ans, Ethis, société de cosmétiques bio-équitables.

"Mais attention, on est des vrais professionnels de la cosmétique et nous avons démarré sur le principe très fort de faire des produits irréprochables et modernes", affirme Henri Sauphar, diplômé en droit et qui a travaillé cinq ans dans la cosmétique industrielle en Italie.

"J'ai vu comment on s'approvisionne, comment on fabrique et au retour on a voulu faire autre chose, des produits très adaptés aux habitudes des consommatrices dans les textures et les parfums mais avec le bio-équitable en plus", explique Henri Sauphar.

Le Conseil régional d'Ile-de-France leur a fait confiance: il leur a octroyé une aide pour l'étude de faisabilité du projet (7.000 euros) et, au vu du résultat, une seconde aide de 15.000 euros pour l'innovation technologique.

Henri et Corinne ont alors cassé leurs tirelires, 10.000 euros chacun, pour lancer il y a un an la fabrication de seulement trois produits (une crème pour le corps, une crème réparatrice et une pour la douche), avec le label Max Havelaar.

Le label signifie que les matières premières, provenant du Pérou, d'Amazonie, du Nicaragua, du Sri Lanka ou autres, ont été récoltées et transformées dans le respect de l'environnement et des populations. Un organisme certificateur international (Flo) contrôle le processus.

Mais bien que le label Max Havelaar, lancé par un prêtre néerlandais, ait fait le succès des cafés et des thés du sud dans les supermarchés de France et d'Europe, la jeune société a choisi un autre mode de production.

"Il n'y a pas de pérennité dans la relation avec la grande distribution. Un jour vous êtes en tête de gondole, le lendemain c'est fini, alors qu'il faut pouvoir s'engager sur des volumes de production et une régularité d'approvisionnements pour que les gens s'organisent", explique Henri Sauphar.

Ethis a donc choisi de travailler avec des réseaux de magasins engagés dans le bio, comme Biocoop, La vie claire ou Artisans du monde.

En un an, sa gamme s'est enrichi et huits produits sont présents dans 250 des 1.600 points de vente bios. Ils seront dans 500 magasins d'ici l'été.

Ces produits ne contiennent ni paraben (conservateur soupçonné d'être cancérigène), ni colorant, ni parfum de synthèse. Les emballages, des tubes et des pots couleur vert anis, sont non polluants et recyclables.

Refus des colorants parce que la plupart sont dérivés du goudron et beaucoup d'entre eux sont même interdits aux Etats-Unis et au Japon, et pas de parfum de synthèse parce qu'issu de l'industrie pétrochimique.

"C'est comme pour les parabens, il n'y a pas de preuve de leur nocivité mais il y a des doutes et tant qu'il y en aura, Ethis préfère s'en passer", tranche Henri Sauphar.


Par Béatrice BRETONNIERE

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