Gilets jaunes : autorités et commerces se préparent à un samedi à haut risque

Le gouvernement se prépare à un samedi à haut risque face aux violences liées aux manifestations des « gilets jaunes », qui ont poursuivi mercredi leurs actions sporadiques, en attendant un « Acte IV » redouté de leur mobilisation. Les commerçants préparent également leurs stratégies, certains prévoyant de fermer boutique, d'autre préférant attendre la journée de samedi pour aviser en fonction du déroulement des événements.


Un week-end crucial pour les commerçants à deux semaines de Noël menacé par les gilets jaunes - Reuters

Après de violents incidents à Paris et en province, qui ont fait 263 blessés dans toute la France samedi dernier, l’heure est en revanche à la mobilisation des forces de maintien de l’ordre pour éviter de nouveaux débordements, notamment à Paris lors d’un week-end crucial pour les commerçants à deux semaines de Noël.

Pour ce nouveau samedi de mobilisation, et même si plusieurs points de rendez-vous à divers endroits de la capitale semblent circuler sur les réseaux sociaux, la préfecture a pris les devants en demandant aux commerces du secteur des Champs-Elysées de fermer boutique. Ils sont ainsi « mis en demeure le jour de la manifestation: à fermer les portes et accès, mais aussi à sensibiliser leurs personnels sur les risques encourus », est-il indiqué dans une feuille d'avis adressée par la préfecture de police aux commerçants, consultée par l'AFP.

L'avis concerne les secteurs des Champs-Élysées «  ainsi que toutes les voies adjacentes », mais aussi celui du palais de l'Élysée et des avenues Matignon, Montaigne et Franklin Roosevelt. Il est demandé aux gérants «  de protéger leurs commerces », dès réception de l'avis, « contre d'éventuelles dégradations en apposant des panneaux de protection sur les vitres" et en « retirant les étalages, terrasses, contre-terrasses, véhicules, ainsi que tous les objets vulnérables ».

EN clôture de la journée de conférences de l'IFM, Régis Schultz, président de Monoprix, a donné le ton pour son enseigne : « Samedi dernier, nous avons eu trois magasins pillés et une vingtaine de magasins vandalisés, mais heureusement ni clients ni membres de l'équipe blessés. En termes d'organisation, nous avons renforcé les livraisons sur vendredi et dimanche. Samedi, nous allons réduire à une entrée les accès à nos magasins. Et des équipes de vigiles seront présentes en amont et en aval pour fermer et circoncire tout risque de débordement. On ne s'interdit pas de fermer plusieurs magasins samedi ».

Des responsables syndicaux de la police se montrent en effet très inquiets des risques de nouveaux débordements, alors que « des appels à la violence contre des policiers circulent sur les réseaux sociaux », selon la Police nationale. « J’ai peur qu’on aie beaucoup de dommages collatéraux », renchérit le secrétaire général d’Alternative Police, Denis Jacob.

Syndicats de police et pouvoirs publics redoutent de nouveau une convergence des activistes d’ultra-droite et d’ultra-gauche avec les « gilets jaunes » les plus violents.

Selon le ministère de l’Intérieur, 6 740 « gilets jaunes » étaient mobilisés mercredi à 14h dans toutes la France pour mener 470 actions. Loin du pic du 19 novembre à la même heure. « Mais ce sont les plus déterminés », dit-on de même source.

Appels au calme

« Aux factieux, aux casseurs, je veux dire nous leur ferons face et nous serons intraitables », a déclaré à l’Assemblée nationale le Premier ministre, Edouard Philippe. Signe de l’inquiétude de l’exécutif, Emmanuel Macron a demandé aux forces politiques, syndicales et patronales de « lancer un appel clair et explicite au calme ».

Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a pour sa part invité les « gilets jaunes » à ne pas venir manifester samedi à Paris. Non pour « faire taire leurs revendications », a assuré Edouard Philippe, mais pour éviter d’être « piégés par ceux qui s’organisent déjà pour semer le désordre et le chaos ». Toutes les forces de police et de gendarmerie disponibles dans le pays seront de nouveau mobilisés à Paris et en province, a-t-il ajouté, et « toute personne qui sera prise en flagrant délit de violence ou de dégradations » sera interpellée.

Il est déjà prévu de mobiliser à Paris et dans les départements limitrophes 100 % des brigades de police-secours ainsi que la police des transports, de rappeler les brigades anti-criminalité et « de contact », dit-on de source syndicale. Il en sera de même des compagnies de sécurisation et d’intervention (CSI) de la préfecture de police de Paris.

Christophe Castaner a déclaré mardi au Sénat que l’accent serait mis à la fois sur la mobilité et la fermeté des unités déployées, pour mettre en échec les casseurs eux-mêmes. Cela pourrait comprendre le déploiement sur le terrain d’un plus grand nombre de groupes dédiés aux interpellations et d’officiers de police judiciaire.

Selon la Chambre de commerce et d’industrie de Paris, 237 entreprises ont été affectées plus ou moins gravement par les émeutes de samedi dernier dans la capitale, comme FashionNetwork.com vous l'indiquait mercredi.

La rédaction avec Reuters et AFP

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