Hyères : Ester Manas célèbre formes et courbes sans complexe

Démocratiser la mode, permettre à tous les corps de s’habiller et à tous de s’exprimer : tel est le credo d’Ester Manas. La jeune créatrice de 25 ans, originaire de Toulouse, s’est fait remarquer lors du 33ème Festival international de mode et de photographie de Hyères grâce à sa collection « Big again », exaltant la beauté des femmes en chair. Elle a gagné la dotation Galeries Lafayette 2018.


Ester Manas à Hyères - FashionNetwork.com ph. DM

Ce prix lui permettra de réaliser une collection capsule pour l’enseigne de grands magasins qui sera commercialisée en avril 2019 à l’occasion du prochain Festival. Solaire et passionnée, la jeune créatrice est parvenue à casser radicalement les codes du monde de la mode en faisant défiler de plantureuses mannequins dans des tenues sexy et osées sans jamais tomber dans la vulgarité ou le propos gratuit.

La chemise en coton bleu aux manches bouffantes prend des allures de crop top froncé au-dessus de la taille. D’amples pantalons gris à pinces taille haute se fendent sur le devant, laissant voir un caleçon rouge aux motifs abstraits réalisés avec de la jesmonite, une résine mélangée à des pigments de couleurs, poncée, craquelée et coulée à même le tissu.

Les manteaux sans manches en jacquard de laine granit s’enfilent avec facilité sur les tenues de soirée ou, pour le jour, se déployant sur les flancs comme des redingotes. Les filles d’Ester Manas aiment se couvrir aussi de tulle noir transparent (chemises, robes, pantalons) ou de capes extra-larges en nylon ultra-léger façon toile de parachute.


L'une des silhouettes d'Ester Manas - ph Etienne Tordoir/ CatwalkPictures

« Ces volumes légers et transparents sont comme un cocon, qui permet à la femme de se protéger, tout en se dévoilant », commente la styliste, qui aime « creuser la taille pour marquer les hanches avec des volumes supplémentaires, dans une version exagérée du New Look ». Elle a créé aussi des accessoires particuliers tout en rondeur comme ces sacs en forme de cylindre ou de tambourin et ces gants couverts de pierres colorées.

Ester Manas s’est d’abord intéressée à l’art, débutant son cursus aux Ateliers de Sèvres, une école préparatoire l’ayant conduite à s’inscrire en communication graphique à la Cambre, à Bruxelles. Puis, comme elle le raconte, « cela ne me suffisait pas de créer des objets loin de moi ». « J’ai donc bifurqué vers le stylisme, car la mode, c’est une façon de se promouvoir et de s’assumer davantage. »

Tandis qu’elle poursuit sa formation dans la célèbre école de mode belge, elle fait ses classes chez Balenciaga, Paco Rabanne ou encore chez la créatrice belge Annemie Verbeke et Acne Studios. Elle explique sa démarche : « Je porte du 44 et comme pour la plupart de mes copines, ce n’est pas évident. C’est un challenge de trouver de quoi s’habiller. Depuis quelques années, je m’interroge sur cette tyrannie de la taille. Pourquoi le 36 est le but absolu ? Pourquoi ne pas être soi-même ? »


Un autre look de la collection d'Ester Manas - ph Etienne Tordoir/ CatwalkPictures

Partant de là et tirant la synthèse de discussions menées pendant un an avec 12 jeunes femmes de tailles différentes, Ester Manas a construit « une garde-robe complète en taille unique », où se mêlent dans un même esprit exubérant et créatif vêtements pour le travail, pour le soir et sportswear. Un travail qui nous oblige à notre tour à nous interroger sur notre propre regard et sur la mode aujourd’hui.

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