Kenzo Takada : de son empire de mode aux vapeurs de cigarette électronique

Le créateur japonais, fondateur de la célèbre Maison Kenzo et aujourd'hui âgé de 76 ans, étonne par sa vitalité, mais admet volontiers qu'il fut pendant longtemps un fumeur invétéré.

La lutte qu'il a autrefois menée pour abandonner la cigarette l'a mené sur un chemin inattendu, avec la création d'une collection de vapeurs pour la marque de cigarettes électroniques Liquideo. Non sans rappeler ses prouesses dans les parfums, Kenzo Takada a créé quatre saveurs à base de baies, menthe, beurre de cacahuète et pain grillé - sa préférée, qui devraient atteindre les rayons dès le mois d'août. Et d'expliquer : « J'ai pensé que cela pourrait aider les gens. (...) Le fait d'assumer ce projet a été une décision personnelle. »


Kenzo Takada©Liquideo. Tous droits réservé

C'est certainement un grand changement par rapport aux défilés vivants et audacieux auxquels il a habitué les professionnels de la mode à partir des années 1970, mais il est certain que Kenzo Takada n'a jamais craint d'évoluer.

Après avoir vendu Kenzo à LVMH en 1993, il a parcouru le monde, puis monté sa propre société de design d'intérieur. Alors, les cigarettes électroniques, ce n'est après tout qu'une étape parmi d'autres.

Pourtant, l'immédiateté du monde de la mode ne lui manque-t-il pas ? « J'adore la mode, mais il faut travailler très dur chaque saison, et chaque jour », admet-il. Aussi est-il aujourd'hui plus concentré sur le design dans son ensemble. « J'essaye toujours de créer un esprit gai et enjoué », ajoute-t-il, parlant de son travail, qu'il s'agisse de vêtements, d'intérieurs ou de graphisme. « Je souhaite rendre les gens heureux. »

Son inspiration se trouve dans la rue, mais aussi dans les films, les expos, ou encore dans l'observation des gens.

Mais, si l'on parle des icônes de la mode, qui admire-t-il le plus ? « J'ai toujours adoré Yves Saint Laurent », admet-il simplement, tout en ajoutant : « Mais il y a aujourd'hui tellement de jeunes créateurs talentueux... »

Il reconnaît volontiers que le monde de la mode est très différent de celui qui a vu ses débuts : « C'est positif, mais en même temps, je suis un peu nostalgique, car souvent, lorsque je vois en marchant dans la rue les nouvelles collections présentées dans les vitrines, il peut être difficile d'identifier les créateurs. Auparavant, je voyageais à New York, Londres, en Italie et au Japon et les styles étaient assez différents. Aujourd'hui, vous pouvez aller n'importe où, et vous verrez la même mode. Je pense que c'est très bien, mais cela manque tout de même un peu de variété et d'identité. »

Kenzo Takada a été le témoin direct du boom de l'industrie de la mode, et il déclare avec une certaine modestie : « J'ai eu de la chance, car j'ai débuté au bon moment, en 1970, quand il n'y avait pas encore beaucoup de Maisons, ou de prêt-à-porter. Aujourd'hui, c'est différent. »

Il serait probablement naïf de croire que Kenzo Takada est arrivé si loin par pure chance. Son succès mondial suggère d'ailleurs le contraire. Ceci étant, il ne semble pas envier les jeunes talents d'aujourd'hui. Il rit. « C'est très bien », insiste-t-il. « La mode est devenue une vraie industrie, mais dans les années 1970, ce n'était pas encore vraiment le cas, donc il était plus aisé de sortir du lot. J'ai eu beaucoup de chance. »

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