L'Afrique du Sud veut mieux maîtriser sa production de diamants

LE CAP (AFP) - L'Afrique du Sud engage de nouvelles mesures destinées à mieux maîtriser sa production de diamants afin d'en tirer meilleur parti au plan local et au risque de s'attirer les foudres des grands du secteur.

Un mannequin indien porte une bague et un collier en diamants - Photo : Indranil Mukherjee

Un projet de loi permettant d'accroître notamment les pouvoirs de l'Etat sur la plus importante industrie du pays a été présenté le 31 août devant le Parlement.

Ce projet, qui amende la loi de 1986 sur les diamants, vise à fournir davantage de diamants bruts aux tailleurs et joailliers sud-africains afin de créer des emplois et d'accroître les bénéfices des ressources minières, au lieu de les exporter.

"Ce projet était attendu de longue date", a expliqué Herbert Mkhize, directeur du Conseil national du développement économique et du travail (Nedlac), un organisme qui regroupe l'industrie, le gouvernement et les syndicats.

"Il va donner un coup de pouce aux petites et moyennes entreprises; bien sûr, les gros industriels le verront comme une menace", a ajouté M. Mkhize.

"Ce secteur a été organisée pour rester inaccessible au producteurs émergents", a renchéri le président du Comité parlementaire sur les Mines et l'Energie, Nathi Mthethwa.

Bien que l'Afrique du Sud soit le quatrième plus grand producteur de diamants après le Botswana, la Russie et le Canada, la taille et le polisssage sont pour l'essentiel traités à l'extérieur.

Jusqu'à présent, la Loi de 1986 ne prévoyait pas l'approvisionnement du marché local en diamants bruts. Avec la nouvelle loi, les producteurs vont envoyer à l'Office public de commercialisation du diamant une partie de leur production qui sera taillée, vendue et éventuellement confiée à des centres de joaillerie locaux, ce qui sera générateur d'emplois diversifiés.

Ce pourcentage sera fixé par le Centre d'échange et d'export du diamant, chargé de faciliter l'achat, la vente, l'import et l'export des pierres précieuses.

L'Afrique du Sud a produit 12,8 millions de carats en 2003, d'un montant de 1,3 milliard de dollars, soit 1,6 millions de carats de plus qu'en 2002, selon les analystes diamantaires Kaiser Associés.

Le projet de loi ne sera pas sans conséquence sur le géant sud-africain du diamant, la De Beers, premier producteur mondial de pierres précieuses dont le proptocole de vente et de distribution appelé "London Mix" lui permet de regrouper tous les diamants, quel que soit le lieu de leur extraction, et d'organiser leur vente sur cette base.

Le directeur général de De Beers, Jonathan Oppenheimer, lors d'une conférence la semaine dernière a prétendu que le projet de loi pourrait contribuer à la contrebande.

"Chaque fois que des restrictions financières ont été imposées au marché du diamant elles ont entraîné des fraudes", ont rapporté des quotidiens économiques locaux citant M. Oppenheimer.

L'Afrique du Sud, cinquième au monde après l'Inde, Israël, les Etats-Unis et la Chine pour la taille et le polissage du diamant, veut créer de nouveaux emplois en favorisant le développement de l'industrie locale.

"Nous voulons renforcer notre industrie minière, qui peut créer des emplois et faire surgir de nouvelles exploitations", a indiqué M. Mthethwa.

Le glamour et l'éclat du diamant en ont fait "une marchandise opaque" et "les producteurs ont exagéré sa valeur à cause de sa rareté, mais la nouvelle loi permettrait une plus grande transparence de ce secteur, selon M. Mthethwa.

Une enquête commandée par le Nedlac, le conseil du secteur, a néanmoins démontré que le développement local des activités de taille et de polissage ne serait pas compétitif par rapport aux industries chinoise, indienne et isarélienne.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
© 2018 Agence France-Presse
Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (ou sur cette page selon le cas) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. L'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

TextileIndustrie
INSCRIPTION À LA NEWSLETTER