×
117
Fashion Jobs

L'ancien PDG de Marionnaud Marcel Frydman renvoyé en correctionnelle

Par
AFP
Publié le
today 2 nov. 2006
Temps de lecture
access_time 3 minutes
Partager
Télécharger
Télécharger l'article
Imprimer
Cliquer ici pour imprimer
Taille du texte
aA+ aA-


Marcel Frydman
ex-PDG de Marionnaud

PARIS, 2 nov 2006 (AFP) - L'ancien PDG du distributeur de parfums Marionnaud, Marcel Frydman, est renvoyé en correctionnelle pour "abus de confiance" dans une affaire de commercialisation illégale de plusieurs milliers de flacons testeurs au détriment de grandes marques.

L'audience a été fixée au 18 décembre devant la 11e chambre correctionnelle du tribunal de Paris, a-t-on appris jeudi 2 novembre auprès du parquet de Paris interrogé par l'AFP.

Il est reproché à Marcel Frydman, fondateur du groupe Marionnaud, d'avoir revendu en juillet 2004 au moins 3 560 flacons testeurs qui sont donnés gratuitement aux parfumeries pour que les clients puissent essayer les parfums. Une quantité de 10.000 autres bouteilles pourrait également être concernée par ce trafic.

Ces flacons d'essai sont la propriété des marques ou des fabricants et ne peuvent donc pas être vendus. Parmi les grands noms de la parfumerie qui ont subi un préjudice estimé à environ 6 000 euros on trouve Dior, Caron et Roger et Gallet.

Deux autres personnes, Patrick Dussaud et Jean-Claude Salas, suspectées d'avoir participé à ce marché noir sont également renvoyées devant la justice pour "recel d'abus de confiance".

Ce renvoi devant la justice par le parquet de Paris fait suite à une enquête préliminaire qui date d'octobre 2005.

La police judiciaire a découvert dans un magasin de la région parisienne des flacons testeurs à la vente. Les policiers sont alors remontés jusqu'au groupe Marionnaud.

Pour sa défense, Marcel Frydman a affirmé qu'il était sur le point de révéler avoir volontairement écoulé ces bouteilles dans le but de démanteler lui-même un réseau frauduleux lorsqu'une perquisition a été menée dans les entrepôts du groupe à Maurepas (Yvelines).

Dans une interview en novembre 2005, M. Frydman s'en était pris à l'hypocrisie des fournisseurs qui en offrant trop de testeurs obligent selon lui les parfumeries à les écouler auprès d'intermédiaires spécialisés ou à les donner aux salariés.

"Depuis le début, nous donnions deux à trois testeurs tous les mois à nos salariés. Si certains les revendaient sans doute, on ne peut pas parler de trafic", avait-il affirmé.

En Suisse, avait-il ajouté, "la loi autorise la revente d'une partie des stocks sur des marchés parallèles (...). Si nous l'avons fait, je ne pense pas que cela ait pris des proportions importantes".

Marcel Frydman, qui encourt dans cette affaire trois ans de prison et 375 000 euros d'amende, est également visé par une autre enquête préliminaire du parquet de Paris ouverte en janvier 2005. Elle porte sur des soupçons de trucage des comptes de Marionnaud en 2002 et 2003 au moment où il en était PDG.

Cette enquête judiciaire fait suite à un rapport de l'Autorité des marchés financiers (AMF).

Selon les Echos qui en avaient révélé le contenu, ce rapport concluait que les comptes, les bilans et toute la communication financière portant sur ces années étaient "faux", "inexacts et trompeurs" et ont été l'objet d'une "fraude avérée" par la direction.

Sur ce dossier, M. Frydman a affirmé "s'être planté mais n'avoir volé personne".

Marionnaud (plus de 1 200 parfumeries en Europe dont 566 en France) a été racheté en février 2005 par le groupe chinois AS Watson. En septembre 2005, Marcel Frydman et ses deux fils avaient cessé leurs fonctions exécutives au sein de la société.

Par Benjamin SPORTOUCH

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
© 2019 Agence France-Presse
Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (ou sur cette page selon le cas) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. L'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.