La Samaritaine : répit jusqu'en octobre 2006 pour les salariés

PARIS, 22 juillet 2005 (AFP) - La direction de La Samaritaine a annoncé vendredi le maintien des salaires et des contrats de travail jusqu'en octobre 2006, accordant ainsi un répit aux employés du grand magasin parisien, alors que le sort des démonstrateurs apparaît, lui, des plus sombres.


Vue intérieure de la Samaritaine en janvier 2000 à Paris
Photo : Olivier Morin

Les déclarations du Pdg, Philippe de Beauvoir qui a dit lors d'un comité central d'entreprise (CE) extraordinaire que les contrats de travail et les salaires des 734 employés du magasin seraient maintenus jusque fin octobre 2006 n'ont toutefois pas dissipé l'amertume des salariés présents.

"Vous savez, ça fait un mois qu'on ne sait plus où on va, qu'on ne fait rien de nos journées", affirme Michèle Papo, 12 ans à La Samar, qui n'est "pas étonnée" des mesures annoncées. Elle est encore abattue après quatre semaines d'incertitude: "Imaginez-vous 700 personnes chez elles qui attendent un courrier, qui se demandent ce qu'elles vont devenir, si elles peuvent s'acheter une télé ou une paire de chaussures !"

Lucienne Lechertier, 52 ans et 33 ans de maison, confie ses doutes: "Je ne sais pas si on va me reclasser ailleurs ou si je serai au chômage".

Sur les 1.350 personnes qui travaillaient dans le bâtiment Art déco, désormais fermé pour six ans le temps d'effectuer des travaux de mise aux normes, seules 734, les salariés "maison", pourront bénéficier du dispositif d'accompagnement jusqu'au 31 octobre 2006.

Celui-ci offrira des opportunités de "reclassement interne" au sein du groupe LVMH propriétaire du grand magasin parisien, et "externe", un "accompagnement renforcé des salariés porteurs de projets" et un "dispositif de préretraite basé sur le volontariat", des mesures abordées en septembre, lors d'un nouveau CE.

Mais 600 autres salariés, employés par des marques hébergées par le magasin apparaissent dans une situation bien plus précaire.

Selon M. de Beauvoir, un "dispositif d'accompagnement" a été "mis à disposition" des anciens partenaires commerciaux pour les aider à "réaffecter" ou "embaucher" ces personnels.

Une "solution" aurait déjà été trouvée "pour la moitié" d'entre eux, a indiqué le Pdg, trois jours après la décision de fermer La Samaritaine pour six ans de travaux de mise aux normes de sécurité.

Des déclarations fraîchement accueillies par les syndicats, qui ont interpellé la direction, en CE, sur des licenciements en cours. Celle-ci "s'est engagée à intervenir auprès des entreprises concernées", a rapporté la

Nombre de licenciements devraient intervenir en septembre, à expiration des contrats décrochés par certains pour des remplacements de congés d'été (Galeries Lafayette, BHV, Bon Marché).

Monique Daniel, secrétaire CFTC du comité d'entreprise a jugé "hors de question qu'on laisse ce personnel de côté, puisque La Samaritaine, qui fait partie du groupe LVMH", doit "prendre ses responsabilités envers ce personnel en tant qu'entreprise utilisatrice et implicitement coemployeur".

De son côté Mathé Podevin (CGT) a indiqué que son syndicat "allait ouvrir une cellule d'accompagnement pour accueillir les démonstrateurs et employés des marques et préparer une démarche collective". Elle a ajouté: "on va se battre pour qu'on ne parle plus de reclassement mais de détachement, pour garder la collectivité des salariés".

La confédération CGT a estimé elle que la "mobilisation des salariés" avait"permis un premier succès", mais devait "continuer" pour obtenir "des engagements plus concrets" pour le "maintien de l'emploi pour tous".

Le syndicat CFDT-commerce d'Ile-de-France a pris acte du dispositif d'accompagnement, tout en redoutant à terme "des licenciements collectifs".

Par Rébecca FRASQUET

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