La Semaine de la haute couture débute avec le Libanais Rabih Kayrouz

Le créateur libanais Rabih Kayrouz, reconnu pour ses coupes architecturales au raffinement subtil, a ouvert le bal, dimanche soir, de la Semaine de la haute couture, spécificité parisienne, qui verra se succéder une trentaine de défilés jusqu'à jeudi.

Cette semaine sera marquée ce lundi par la première collection de haute couture de Maria Grazia Chiuri, nouvelle directrice artistique de Dior. La maison fondée par Christian Dior, qui célèbre cette année ses 70 ans, organisera un bal masqué à l'occasion du défilé.

Parmi les autres grands noms de la haute couture qui prendront le relais de la Fashion Week homme en présentant leurs collections du printemps-été prochain figurent Schiaparelli, Chanel, Margiela, Jean Paul Gaultier... Ainsi qu'une série de maisons « invitées » même si elles ne respectent pas les conditions de l'appellation « haute couture ».

C'est le cas du label Vetements, qui fera défiler mardi sa collection de prêt-à-porter pour l'hiver prochain. Tout comme Maison Rabih Kayrouz, qui présentait jusqu'alors sa collection en mars mais a décidé d'intégrer le rendez-vous de janvier. Avec l'objectif de gagner du temps et de ne plus faire de pré-collections.

« En présentant deux collections, deux fois par an, au lieu de quatre fois par an, j'impose mon rythme. Et je donne la chance aux boutiques d'acheter ma collection plus tôt », a expliqué le styliste. La collection présentée en janvier va ainsi être disponible plus longtemps à la vente, en étant livrée à partir du mois de juin au lieu de septembre, souligne-t-il.

Un pont entre deux cultures

A une époque où le monde de la mode, bouleversé par les réseaux sociaux et la « fast fashion » des grandes chaînes, s'interroge sur la façon de présenter ses créations, Rabih Kayrouz pense que beaucoup d'autres maisons vont finir par adopter la même démarche.

Né au Liban, ce quadragénaire s'est formé à l'Ecole de la chambre syndicale de la couture parisienne, puis lors de stages chez Dior et Chanel. Il rentre ensuite dans sons pays natal : « C'était l'après-guerre, le pays était en pleine reconstruction, je voulais faire partie de cette nouvelle génération ».

A Beyrouth, de 1998 à 2008, il crée des pièces uniques pour la clientèle locale. Puis revient à Paris. Il y ouvre sa maison, dans un ancien théâtre où a été créé En attendant Godot de Samuel Beckett. Il commence à présenter ses collections dans le programme officiel de défilés parisiens dès 2009.

Le créateur, dont la présentation de la dernière collection avait donné lieu à une chorégraphie de l'étoile de l'Opéra de Paris Marie-Agnès Gillot, est connu pour ses vêtements alliant rigueur et poésie, à la touche orientale épurée.

L'une de ses sources d'inspiration est à chercher du côté de son amour de l'uniforme: « Il n'y a rien de plus noble qu'une personne dans son habit », dit-il.

« Quand vous voyez un boucher avec son tablier qui commence à travailler, il y a une beauté dans la forme et dans le geste. Vous le rencontrez sans son tablier, vous ne le regardez pas de la même façon. Idem pour un médecin avec sa blouse blanche. »

« Il y a un côté très pratique et quelque chose de très protecteur : on est une autre personne quand on met un uniforme, et j'aime ce vêtement qui protège. »

Rabih Kayrouz partage son temps entre Paris et Beyrouth, et envisage sa mode comme « un pont entre ces deux cultures ». « Je suis un amoureux du vêtement oriental, la façon dont il enveloppe le corps, les abayas, les caftans, les tuniques arabes. Ce qui est très beau, c'est qu'il repose sur les épaules », explique-t-il.

« Le vêtement occidental, parisien, est plus taillé sur un corps, pas seulement sur l'épaule. J'aime bien ce contraste entre les deux, dit-il. Le vêtement oriental est plus confortable, on va s'asseoir dedans, s'y lover. Un vêtement occidental est plus un vêtement de ville, plus rationnel, radical. »

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