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14 févr. 2017
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La mode entre en résistance face à Donald Trump

Publié le
14 févr. 2017

La monde de la mode n’a pas réagi tout de suite face aux déclarations tonitruantes de Donald Trump. Mais avec la Fashion Week de New York, les marques ont fini par entrer en résistance. Face au protectionnisme et au discours agressif du nouveau président des Etats-Unis, le milieu s'est retrouvé autour de valeurs universelles, la fraternité et la tolérance. Et les initiatives se sont multipliées de par le monde.

La campagne "anti-mur" du jeaner italien - Diesel

 
Diesel a ainsi lancé mardi à Londres sa nouvelle campagne signée par le photographe américain David LaChapelle, appelant à abattre les murs de toutes sortes, avec le slogan « make love, not walls » (faites l’amour, pas des murs), en référence au mur que Donald Trump veut élever entre les frontières mexicaine et américaine.
 
La marque de jeans italienne y met en scène via des photos aux couleurs vives et joyeuses des scènes de liesse populaire au pied de murs abattus. « #maklelovenotwalls vise à abattre les murs psychiques et physiques qui nous séparent, afin de permettre à tous de se rassembler au nom de l’unité et de l’amour », résume le label dans son communiqué.

D’autres ont été encore plus explicites, comme la marque mexicaine Lrs Studios de Raul Solis, qui a dévoilé vendredi, lors de son show à New York, le message suivant imprimé haut et fort sur de candides petites culottes blanches : « Fuck your Wall ».  

C’est à New York en effet que le feu anti-Trump a été le plus nourri ces derniers jours avec toutes sortes d’initiatives, comme celle des bandanas blancs, appels à l'unité, ou des badges roses en soutien au planning familial, qui ont fleuri depuis le premier jour de la Semaine de la mode féminine sur tous les défilés.

La fameuse casquette rouge à la Donald Trump détournée par Public School - © PixelFormula


De nombreux créateurs sont montés au créneau, donnant un caractère ouvertement politique à leur show. A l’instar de Dao-Yi Chow et Maxwell Oxborne, qui lors du défilé de leur marque, Public School, ont coiffé les mannequins de la célèbre casquette rouge de Donald Trump affichant le slogan « Make America New York », détournant le slogan de campagne du président « Make America Great Again ».

« Je veux m'exprimer maintenant (contre Trump) parce que je peux utiliser ma voix », contrairement aux millions d'hispaniques sous la menace d'une expulsion réclamée par le nouveau président, a expliqué  Maria Cornejo, fondatrice de la maison Zero + Maria Cornejo et d'origine chilienne, en marge de son défilé.

La créatrice new-yorkaise Mara Hoffman a durci le ton lundi en invitant, en ouverture de son défilé, les quatre fondatrices de la marche des femmes du 21 janvier à lire un manifeste percutant pour les droits des femmes. Cette marche avait réuni, selon les organisateurs, quelque 500.000 personnes au lendemain de l'investiture du président Donald Trump.

Linda Sarsour, qui est voilée, Bob Bland, qui allaitait son bébé, Tamika Mallory, qui est noire, et Carmen Perez, d'origine mexicaine, ont appelé sur le podium les femmes à la solidarité, à la défense des plus « marginalisés », à l'acceptation des différences, mais aussi et surtout à se battre.

Pour celles « qui sont retenues dans des aéroports », « derrière des barreaux », « les femmes musulmanes », « celles qui sont venues, et celles qui n'ont pas pu », ont-elles dit à tour de rôle, en référence à la politique migratoire de Donald Trump.

Les quatre femmes invitées par Mara Hoffman lors de son show coup de poing - marahoffman.com


Présente à Washington pour la marche des femmes, Mara Hoffman a expliqué avoir voulu « apporter de la lumière aux gens qui en ont besoin aujourd'hui ». Pour la couturière, sa marque lancée en 2000 a toujours été l'occasion de « renforcer et valoriser » la femme, assure-t-elle, rappelant que 29 des 30 employés de la société sont des femmes.

« C'était simplement l'occasion de parler un peu plus fort », souligne-t-elle, « à un moment où la société a besoin de cet encouragement, de ce coup de fouet ». En attendant, les quatre femmes, qui sont intervenues à son défilé coup de poing, ont été ovationnées.
 
Plutôt silencieux durant les toutes premières semaines de la jeune présidence Trump, le sérail de la mode veut désormais peser dans le débat, à l'image de Tadashi Shoji jeudi et Raf Simons avec son défilé Calvin Klein le lendemain.

Dominique Muret avec AFP

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