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Le groupe Sports Direct regrette d'avoir racheté House of Fraser, qui entache ses résultats annuels

Traduit par
Paul Kaplan
Publié le
today 30 juil. 2019
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Ils ont mis beaucoup de temps à arriver, mais Sports Direct a finalement publié ses résultats annuels la semaine passée. Le groupe britannique en a profité pour annoncer le départ de son directeur financier par intérim (qui sera remplacé par Chris Wootton en septembre) et une facture fiscale de 674 millions d'euros soumise jeudi par les autorités belges - ces deux dernières informations étant probablement liées au retard de publication des résultats. Mais la grande nouvelle, c'est que la société regrette d'avoir racheté la chaîne de grands magasins House of Fraser.


Reuters


Ce n'est pas le genre d'aveu que font très souvent les sociétés cotées en Bourse, mais le groupe Sports Direct étant piloté par l'homme d'affaires Mike Ashley, réputé pour ses décisions tranchantes et son franc-parler, personne n'est vraiment étonné.

Depuis un certain temps, les analystes ont compris que House of Fraser ne trouvera pas de solution facile à ses problèmes. Après avoir « regardé sous le capot », Mike Ashley a diagnostiqué que la marque souffrait d'un grave sous-investissement, ainsi que de « l'avidité et des excès » de ses précédents dirigeants, tandis que son équipe a constaté « que ses problèmes sont tout simplement incurables ». Des mots lourds de sens.

House of Fraser exploitait 59 magasins lorsque Sports Direct l'a rachetée l'an dernier ; cinq d'entre eux avaient fermé à la fin de l'exercice financier, à la fin du mois d'avril. Visiblement, certains magasins rescapés de cette purge sont encore déficitaires et pourraient fermer leurs portes au cours de l'exercice à venir.

Incisif, Mike Ashley a lancé : « Sur une échelle de 1 à 5 - 1 pour 'très mauvais" et 5 pour 'très bon" - House of Fraser est un 1. Même si nous consacrons tous nos efforts à redresser l'entreprise, ce ne sera pas rapide et ce ne sera pas facile ». Le mot « pagaille » a également été utilisé.

Tout en répétant son espoir d'un bel avenir pour la chaîne HoF, Mike Ashley a reconnu qu'avec le recul, il n'aurait peut-être pas été aussi enthousiaste à l'idée de racheter l'enseigne au mois d'août dernier.

L'entreprise avait également beaucoup à dire sur les relations de la chaîne de grands magasins avec ses marques partenaires, point crucial pour le redressement de HoF, mais tout aussi essentiel pour le reste du groupe, en particulier Sports Direct. L'accès aux produits les plus demandés par la clientèle est un facteur déterminant pour toute enseigne qui distribue des sneakers par exemple.

Vendredi, le groupe a admis que les relations avec les marques partenaires n'étaient pas aussi bonnes qu'elles auraient dû l'être dans certains secteurs de l'entreprise. « Nos relations avec certaines marques tierces sont difficiles actuellement », indique le rapport, selon lequel la stratégie de montée en gamme menée par House of Fraser « est mise en œuvre conformément aux exigences que ces marques nous ont fait parvenir il y a plusieurs années, mais nous pensons qu'elles restent sceptiques quant à notre engagement envers le déploiement complet de notre stratégie ». « Nous continuons à travailler sur nos relations avec ces marques et nous croyons à la possibilité d'un résultat mutuellement bénéfique. »

Autre information intéressante : le directeur financier de Sports Direct, Jon Kempster, part « pour d'autres horizons ». Il sera remplacé par son adjoint, Chris Wootton. Sans oublier cette facture fiscale belge qui, à en croire l'entreprise, devrait finalement être bien inférieure aux presque 700 millions d'euros annoncés pour le moment.

Côté chiffres

En ce qui concerne les résultats eux-mêmes, au cours de la période de 52 semaines qui a pris fin au mois d'avril, le chiffre d'affaires du groupe a augmenté de 10,2 %, à 3,7 milliards de livres (4,1 milliards d'euros), mais hors acquisitions et à taux de change neutre, il a baissé de 1,9 %. Dans ce contexte, les ventes au détail de sportswear au Royaume-Uni ont augmenté de 0,3 %, pour atteindre 2,187 milliards de livres (2,399 milliards d'euros). Le segment haut de gamme du groupe, qui comprend le détaillant de marques de luxe Flannels, a bondi de 26,3 %, à 204,8 millions de livres (224,7 millions d'euros), en raison de l'augmentation du nombre de ses magasins et de sa bonne performance sur Internet. En Europe, les ventes au détail de sportswear ont chuté de 5,9 %, à 599,8 millions de livres (657,9 millions d'euros). Les ventes au détail dans le reste du monde ont augmenté de 12,2 %, à 215,9 millions de livres (236,8 millions d'euros). House of Fraser a réalisé un chiffre d'affaires de 330,6 millions de livres (362,6 millions d'euros).

Le bénéfice sous-jacent avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement a chuté de 6 %, à 287,8 millions de livres (315,6 millions d'euros), et le bénéfice avant impôts sous-jacent n'a augmenté que de 5 %, à 143,3 millions de livres (157,2 millions d'euros), tandis que le bénéfice après impôts sous-jacent a diminué de 9 %, à 91,5 millions de livres (100,4 millions d'euros). La perte d'exploitation de House of Fraser s'est élevée à 54,6 millions de livres sterling (59,9 millions d'euros), au-delà des prévisions des analystes.

Voilà beaucoup de chiffres à prendre en compte. Si l'on examine les finances de l'entreprise, il est clair que les temps sont durs - même si elle tient le coup dans de nombreux domaines. Selon le groupe britannique, « le marché actuel de la vente au détail en magasins physiques est dans une situation catastrophique et, sans soutien substantiel du gouvernement en particulier, il va entrer dans sa phase terminale ». « Le groupe Sports Direct n'est pas à l'abri de cette situation et, à vrai dire, sans la stratégie de montée en gamme que nous mettons en oeuvre depuis plusieurs années, nous serions nous-mêmes confrontés à d'énormes problèmes. »


Flannels


Mais l'entreprise se réjouit du succès de sa filiale Flannels. « Contrairement à House of Fraser, sur une échelle de 1 à 5, nous attribuerions un 4 à Flannels », explique Sports Direct. « Nous pensons pouvoir porter ce chiffre à 5 dans un avenir proche, avec le soutien des marques de luxe et pour le bénéfice de toutes les parties prenantes. Dans le cadre de la stratégie de montée en gamme pilotée par Michael Murray, les magasins et le site e-commerce de Flannels continuent à se développer. Partie intégrante de la division Premium Lifestyle du groupe, le chiffre d'affaires de Flannels est passé de 60,4 millions de livres (66,2 millions d'euros) au cours de l'exercice 2017 à 173,9 millions de livres (190,7 millions d'euros) au cours de l'exercice 2019. Nos nouveaux magasins, notamment à Newcastle, mettent en lumière notre offre haut de gamme, synonyme du succès dont nous avons tant besoin dans le secteur commercial au Royaume-Uni ».

Un dernier point a été abordé par l'entreprise, au sujet de sa participation au capital de French Connection : « Nous maintenons une bonne relation fournisseur-détaillant avec French Connection, une relation solide et efficace, selon nous. Nous ne participons pas aux décisions de gestion interne de la société. Nous constatons que French Connection examine plusieurs options stratégiques, notamment une vente éventuelle, depuis octobre de l'année dernière. À notre avis, ce processus a beaucoup trop duré et nous exhortons la direction à parvenir le plus rapidement possible à une conclusion favorable pour tous ses actionnaires. »

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