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Le luxe se voit un avenir doré, grâce aux nouveaux riches de la planète

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7 mars 2006

PARIS, 7 mars 2006 (AFP) - Grisées par l'émergence de dizaines de millions de riches Chinois, Russes et bientôt Indiens et Brésiliens, les grandes maisons de luxe s'attendent à des années d'euphorie, avec un rythme de croissance annuelle de 7 % en moyenne pour le secteur.


Une cliente dans la file d'attente d'une boutique de luxe à Tokyo
Photo : Chantal Stoman/AFP

"La Chine est incontestablement le vecteur de croissance du luxe. Elle représente aujourd'hui pour les marques ce que le Japon représentait il y a 15 ans", résume Maria Menendez, analyste de la banque suisse Lombard Odier Darier Hentsch.

Selon elle, la croissance annuelle de l'industrie du luxe (hors marques américaines) devrait atteindre 7 % à moyen comme à long terme. "Il s'agit d'une moyenne", poursuit-elle. "Pour certains secteurs moins matures tels que la joaillerie, la croissance annuelle sera supérieure à 9 %".

"Nous sommes tirés par une région asiatique (Chine en tête, mais aussi Corée et Thaïlande), qui est en plein développement, dont la progression va bien au-delà de nos espérances", commente Elisabeth Ponsolle Des Portes, déléguée générale du Comité Colbert.

Ce Comité qui regroupe 69 maisons de luxe (Boucheron, Cartier, Chanel, Hermès, Krug, Lanvin, Vuitton), rappelle que la consommation chinoise du luxe a démarré en 2002 après l'entrée l'année précédente de la Chine dans l'Organisation mondiale du commerce.

Les grandes marques du Comité réalisaient alors sur le marché chinois 1 à 3% de leur chiffre d'affaires. Elles sont désormais de 5 à 7 %. "Swatch y réalise même 8 % de ses ventes, Vuitton 7 %", selon des estimations de Lombard Odier.

Ces proportions vont encore progresser avec un potentiel de 10 à 30 millions de consommateurs de produits de luxe: "de jeunes clients de 18 à 35 ans, diplômés, qui consomment sur place et qui voyagent", explique Mme Des Portes.

En 2011, les Chinois devraient être les premiers clients du luxe devant les Japonais.

Aux côtés de la Chine, l'autre géant, l'Inde qui compte également 10 à 30 millions de consommateurs du luxe potentiels, offre des perspectives de croissance tout autant alléchantes. Même chose en Russie où les ventes des 69 maisons de luxe du Comité Colbert ont progressé de 34 % en 2004.

Parallèlement, le secteur du luxe peut compter sur l'appétance soutenue des clients traditionnels japonais et américains. La croissance des marques continuent d'y progresser. Un groupe comme PPR réalise 20% de ses ventes de produits de luxe aux Etats-Unis.

Les acteurs du luxe, qui avaient été confrontés à plusieurs crises majeures (crise asiatique, attentats de septembre 2001, guerre en Irak, SRAS), ont connu une embellie en 2004.

Mais depuis 2005, ils recueillent véritablement les fruits de leur adaptation aux événements imprévus grâce à une diversification internationale accrue, un contrôle renforcé de distribution et une accélération de l'innovation.

En témoignent les bénéfices record de LVMH (+ 21% en 2005) ou de L'Oréal (+ 37 %) ou encore l'envolée des ventes des grandes marques, pour la plupart avec des hausses à deux chiffres, y compris pour des secteurs comme les yachts de luxe ou les champagnes.

"Au-delà de ces potentiels de croissance extraordinaire, structurellement, le secteur du luxe, qui incarne une industrie à haute valeur ajoutée, est porteur d'avenir grâce à un savoir-faire unique", affirme Elisabeth Ponsolle Des Portes.

Seul bémol, en Europe, le taux de change. "Je suis plus inquiet d'un euro fort que d'une éventuelle pandémie de grippe aviaire", disait la semaine dernière Bernard Arnault. Car l'industrie française de luxe demeure une industrie de main d'oeuvre, avec une fabrication en France.

Par Delphine Touitou

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