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Le magazine Dull veut s'ériger en "Mediapart de la mode"

Publié le
6 mai 2020

Après un arrêt d’un an, Dull magazine se relance sur la Toile en misant sur des enquêtes approfondies sur le milieu de la mode. Le trimestriel fondé par Aurore Hennion en 2015, avec l’idée de parler de la mode autrement, abandonne sa version papier et renaît sous la forme d’un hebdomadaire en ligne fonctionnant par abonnement payant et sans annonceurs. Cette nouvelle version de Dull axée sur des articles de fond et d'investigation souhaite "révéler l'envers du décor", s’affichant comme "une sorte de Mediapart de la mode".
 

Dull veut dévoiler les dessous de la mode. Ici une illustration de l'artiste créateur - Flavien Juan Nunez


"La période pousse à revoir notre façon de consommer, de s’informer et m’a permis de repenser intégralement notre façon de fonctionner en tant que magazine. Dull offrira uniquement du contenu long et des interviews choisies autour de la mode. Nous avons, grâce à cela, une indépendance unique qui nous permettra de parler de ce qui se passe réellement dans l’industrie", explique la rédactrice en chef, Aurore Hennion, qui s’est installée en Italie en janvier 2019.
 
Le magazine fonctionne par thème et le premier numéro est consacré à l’Italie, avec notamment une enquête "sur les marques de luxe qui font faire leurs vêtements par la mafia italienne et se dédouanent en faisant croire qu’elles ne le savent pas"Dans le deuxième numéro dédié aux concours de mode pour jeunes créateurs, la journaliste livre une interview coup de poing avec l’un des premiers jeunes designers récompensés par le Prix LVMH. 

Il s’agit du Français Flavien Juan Nunez, diplômé de la Cambre à Bruxelles et de l’Institut français de la mode à Paris, qui travaille actuellement pour Jean Paul Gaultier. Lors de cette première édition du Prix LVMH en 2014 remportée par Thomas Tait, il avait été distingué aux côtés de deux autres diplômés d’école de mode et intégré dans la foulée le studio de Christian Dior

Son témoignage nous plonge dans les coulisses de la marque emblématique du groupe LVMH, nous révélant les rythmes effrénés et les pratiques de la maison pilotée à l’époque par un Raf Simons déjà sous forte pression… Ces révélations sont certes datées (le management et la direction artistique de Dior ont changé depuis, ndlr), mais elles prennent aujourd’hui une saveur particulière, alors que les excès de l’industrie du luxe sont de plus en plus remis en cause par la pandémie du coronavirus.

Diplômée en économie et de l’Institut pratique du journalisme, Aurore Hennion a d’abord travaillé comme journaliste freelance dans le secteur économique avant de s'intéresser à la mode et de lancer son magazine. Actuellement seule aux commandes de Dull, elle offre à la communauté de la mode une voix atypique et "discordante" pour décrypter les rouages d’un système pas toujours transparent.

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