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Le syndicat de Burberry tente d'empêcher une délocalisation en Chine

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AFP
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21 févr. 2007

LONDRES (AFP) - Le groupe britannique de luxe Burberry veut délocaliser certaines activités en Chine, décision contre laquelle le syndicat, qui représente ses employés, a tenté de s'élever mercredi 14 février au Royaume-Uni, en France et aux Etats-Unis.


Un manifestant dans New Bond Street, la rue du grand luxe londonienne, le 14 février 2007
Photo : Carl de Souza/AFP

Burberry, un des emblèmes du Royaume-Uni depuis 150 ans, fabricant du célèbre imperméable à doublure écossaise porté par la Reine comme par "Sid Vicious" des Sex Pistols, comme aime le souligner le jeune créateur de la marque Chris Bailey, va fermer le 30 mars son usine de polos de Treorchy, au Pays-de-Galles, et licencier ses 309 employés.

Une décision prise peu après l'arrivée aux commandes en 2006 de l'Américaine Angela Ahrendts, et contestée par des personnalités comme le chanteur Tom Jones ou l'actrice Emma Thompson, tandis que le prince Charles a manifesté sa solidarité avec les employés.

Les ouvriers de Treorchy fabriquent pour onze livres (16 euros) pièce, selon le syndicat GMB, des polos, vendus 50 à 80 livres (75 à 120 euros) en boutique. Le prix public ne changera vraisemblablement pas, mais la production va être répartie dans des pays à moindre coût de main d'oeuvre notamment à Hong Kong, selon Burberry.

GMB a organisé mercredi une journée d'action devant des magasins Burberry aux Etats-Unis, à Paris et Londres.

Il était trop tôt mercredi après-midi pour connaître le résultat aux Etats-Unis, mais la manifestation de New Bond Street, la rue du grand luxe londonienne, n'a réuni que six membres du GMB mercredi, brandissant, le jour de la Saint-Valentin, des affichettes "Ne laissez pas Burberry nous briser le coeur".

Quatre représentants du GMB et de la CFDT étaient présents à Paris, "mais avec beaucoup d'intérêt de la part de la clientèle", selon Kathleen Walker-Shaw du GMB.

Selon le syndicat les employés de Treorchy n'avaient pas eu le droit de s'absenter pour aller manifester, ce que le groupe a démenti.

A proximité de la manifestation londonienne, deux porte-parole de Burberry distribuaient des communiqués sur papier à en-tête doré, pour expliquer la position du groupe. Aucune interview de la direction n'était cependant possible, un porte-parole indiquant que celle-ci ne s'exprimait en personne "que sur les sujets importants".

Il est assez fréquent au Royaume-Uni que les plans sociaux se déroulent dans le calme. Sur les 309 employés de Treorchy, 180 recherchent encore du travail, mais Burberry aurait identifié 250 emplois possibles dans les environs. Un tiers des employés recevront jusqu'à un ou deux ans de salaire d'indemnités.

Elle a par ailleurs donné l'usine aux autorités galloises, attribuant à celle-ci une valeur de un million de livres et s'engageant à donner la différence en cas de vente à prix moindre.

"Burberry est fermement attaché au Royaume-Uni, son épicentre, qui abrite son siège mondial et son centre de création", a souligné le groupe. La fabrication des imperméables, plus complexe que celle des polos, ne serait pas menacée actuellement dans les sites du Yorkshire.

Chez Hermès, équivalent français de Burberry dans le luxe, une porte-parole a assuré à l'AFP mercredi qu'aucune délocalisation en Asie n'était prévue. "Nous en sommes fiers et nous le revendiquons", a-t-elle souligné.

Le GMB, tout en défendant le personnel de Treorchy, se préoccupe désormais aussi du sort des futurs ouvriers. "Combien seront-ils payés, combien de vacances auront-ils?", se demande le syndicat, dont une responsable présente à la manifestation de Londres, Lena Sharp, est aussi membre de l'Ethical Trading Initiative (ETI) qui veut améliorer la condition des personnes travaillant dans le monde pour le Royaume-Uni.

Burberry a dû assurer que ses fournisseurs en Asie respectaient "des critères élevés" en matière sociale, n'employant notamment ni enfants de mois de 16 ans ni prisonniers.

Par Odile DUPERRY

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