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Les créateurs de mode libanais, une fierté nationale

Par
AFP
Publié le
today 22 janv. 2010
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BEYROUTH, 22 jan 2010 (AFP) - Des passerelles parisiennes aux tapis rouges de Cannes et des Oscars, les créateurs libanais font un tabac dans le monde de la haute couture, offrant une image plus glamour de leur pays longtemps associé à la violence.


Georges Chakra défilé Haute Couture automne/hiver 2009 - Photo : Pixel Formula

Pendant des décennies, le Liban a été la vitrine de la mode du monde arabe, mais ce n'est qu'avec le début du XXIe siècle qu'ont commencé à briller les noms de Georges Chakra, Zuhair Murad, Rabih Kayrouz et surtout Elie Saab, l'homme qui a lancé "la vague libanaise".

Elie Saab est devenu une star internationale lorsqu'aux Oscars de 2002, l'image de l'actrice américaine Halle Berry en robe lie-de-vin portant sa griffe a fait le tour du monde.

Membre de la prestigieuse chambre syndicale de la haute couture à Paris, M. Saab habille une panoplie de stars comme Angelina Jolie, Marion Cotillard ou encore Beyonce.

Avec une enseigne aux Champs-Elysées, son coeur n'en reste pas moins fidèle à sa ville natale, où il a établi son atelier.

"Je respire autrement au Liban. Mon pays me donne de la force", affirme à l'AFP cet homme aux cheveux poivre et sel, tout en mettant les dernières touches à sa collection avant le lancement de la Semaine de la haute couture à Paris (24-28 janvier).

"Parrain" des couturiers libanais en herbe, cet homme de 45 ans fait la fierté de son pays où il a grandi en pleine guerre civile (1975-1990).

Enfant, il confectionnait des robes pour ses soeurs à partir de draps et de rideaux et à 18 ans, il ouvre son premier atelier.

Dans son ouvroir, des femmes qui travaillent avec lui depuis 25 ans finalisent leurs broderies aux côtés de jeunes apprentis branchés.

"Beyrouth peut facilement devenir une autre capitale de la haute couture, avec tous les nouveaux talents qui se lancent dans le monde", dit M. Saab.

Autre vétéran, la libano-américaine Reem Acra, basée à New York, a également appris le sens du style dans son Beyrouth natal.

Très sollicitée par les célébrités américaines, elle garde encore une robe en dentelle guipure blanche confectionnée à l'âge de sept ans.

"Depuis que j'avais cinq ans, j'accompagnais ma mère dans les souks où elle m'initiait à l'achat des tissus", affirme Mme Acra jointe par téléphone. "C'était fantastique, tout était brodé et les organzas exquis".

Parmi la jeune génération, Rabih Kayrouz, 36 ans, est le deuxième libanais à devenir membre la chambre syndicale de la haute couture.

Formé chez Dior et Chanel, il ne veut pas non plus oublier ses racines.

"A mon retour de Paris en 1995, tout était en train de se reconstruire et j'ai aimé cette nouvelle énergie. Je suis resté", dit-il dans son atelier de Beyrouth.


Elie Saab défilé automne/hiver 2009 - Photo : Pixel Formula

Alors que plusieurs grands noms comme Christian Lacroix ont été secoués par la crise mondiale, les affaires marchent bien pour les couturiers libanais.

"Les libanais sont très compétitifs et leurs créations correspondent aux critères des célébrités de Hollywood: féminines, sexy, glamour, sans être trop provocatrices", affirme Lydia Kamitsis, experte en mode basée en France.

Georges Chakra est devenu un autre grand favori des stars grâce notamment à ses créations dans le film "The Devil Wears Prada" (2006).

Aujourd'hui, il habille Tyra Banks, Paris Hilton ou encore Queen Latifah et organise un défilé privé durant la Semaine de la haute couture.

"Beyrouth a une magie unique...quand c'est calme", dit M. Chakra, qui a fait la Une en habillant l'actrice britannique Helen Mirren d'une robe rouge avec des manches en cristaux Swarovski aux Oscars de 2009.

Basé également à Beyrouth, il affirme que le nombre croissant de couturiers libanais donnent une image différente du pays. "Il y a dix ans, on disait que la vague libanaise allait mourir. La réalité prouve le contraire".

Par Natacha YAZBECK

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