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Les vêtements en cachemire ne seront plus des produits de luxe en Europe

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AFP
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9 nov. 2006

PARIS, 9 nov 2006 (AFP) - Après avoir inondé l'Europe de jouets, chaussures et meubles à bas prix, la Chine vise le marché luxueux des vêtements 100 % cachemire, jusqu'à présent domaine réservé des Occidentaux.


Pull en cachemire Best

Lieu de rencontre entre fournisseurs (fabricants, importateurs) et chaînes textiles du monde entier, le salon Intersélection accueillait cette semaine à Paris-Nord-Villepinte un pavillon de vêtements en cachemire, pour la première fois en 27 ans. Les dix exposants de ce pavillon sont chinois.

"Beaucoup d'acheteurs visitent ce pavillon, car en terme de prix, ils sont très intéressants. Le cachemire était jusqu'à présent réservé à une élite, maintenant, il a tendance à se démocratiser", affirme Isabelle Vermeulen, commissaire générale du salon.

Cet hiver, des chaînes comme Gap, Benetton, Zara ou Mango proposent déjà des pulls en cachemire, pour quelques dizaines d'euros. Mais il s'agit de mélanges avec d'autres matières, comme l'acrylique, le coton ou la soie.

Les dix exposants d'Intersélection vendent aux marques et chaînes spécialisées des pulls 100 % cachemire, cette laine fournie par le sous-poil d'une petite chèvre, la capra hisca, originaire du Cachemire et de Mongolie.

Les prix défient toute concurrence: proposés autour de 17,50 euros pièce aux professionnels, ils seront revendus aux consommateurs entre 30 et 45 euros, selon les organisateurs du salon.

En comparaison, un pull 100 % cachemire est vendu en boutique au minimum 200 euros, et souvent beaucoup plus.

La Chine produit 80 % du cachemire mondial, principalement en Mongolie intérieure. Jusqu'à 3 000 fabricants y sont recensés, pour un chiffre d'affaires annuel d'un milliard de dollars.

Très longtemps, le pays s'est contenté de fournir la matière première aux Occidentaux, notamment aux Italiens et aux Ecossais, qui la transformaient. Bompard, leader du cachemire en France, fabrique directement en Chine ses 400 000 pièces par an.

"Mais ces dernières années, la Chine a développé le prêt-à-porter en cachemire et le pays cherche à vendre davantage de produits finis en Europe", explique à l'AFP Cao Xingu, vice-président de la Chambre chinoise du commerce de textile, présent au salon.

Les Européens n'achètent que 20 % de la production chinoise, Américains et Japonais se partageant les 80 % restant.

"Les Chinois ne connaissent pas encore le marché européen. C'est un marché haut de gamme où on doit faire attention à ne pas vendre de n'importe quelle manière", précise toutefois Cao Xingu.

Pour le moment, il écarte de vendre les vêtements en cachemire pur dans la grande distribution. "Les créneaux de revente seront des chaînes spécialisées. On n'a pas envie de contacter des groupes comme Carrefour ou Auchan", dit-il.

Par la suite, "en fonction de ces collaborations avec les marques européennes et les chaînes, on verra si on peut faire des joint-venture. Tant qu'on ne connaît pas le marché, on ne peut pas venir ouvrir des boutiques en Europe", ajoute-t-il.

Cette démarche ne fait que confirmer la montée en puissance de la Chine sur le marché européen de l'habillement. En 2005, année de démantèlement des quotas sur le textile en provenance de Chine, les importations d'habillement de l'Union européenne de ce pays ont grimpé de 47 % à 16,5 milliards d'euros.

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