Ludovic de Saint Sernin tout près du corps

Après quelques présentations-shows en off, Ludovic de Saint Sernin a intégré cette saison la Semaine de la mode masculine de Paris. Il défilait dimanche pour la première fois dans le calendrier. Décor, ambiance, stylisme, collection... Examen réussi haut la main.


Ludovic de Saint Sernin Printemps-été 2020 - LDSS

Vainqueur en 2018 du prix du label créatif décerné par l’Andam, le designer de 28 ans a convié le public au 5e étage du centre Georges Pompidou, sur une terrasse traversée par un miroir d'eau où se reflétaient deux sculptures, avec en toile de fond Notre-Dame et les toits de Paris.

Les mannequins arrivent dans des tenues diaphanes, le torse mouillé. Veste ou chemise transparentes en organza collent à la peau. Costumes en satin glissent sur le corps. Des taches d'eau semblent se répandre en auréoles sur un tricot blanc jusqu'à le trouer.

Dans la chaleur moite de cet été caniculaire, les garçons portent leur veste ou manteau à même le corps, torse nu, juste avec une paire de mini-shorts. L'un d'eux a même simplement noué à sa taille une serviette de bain en guise de pagne. Des chemisettes en soie, entièrement déboutonnées, flottent sur des shorts légers, ton sur ton, en rose shocking ou bleu-vert.

Le corps se dévoile aussi dans des tricots moulants laissant entrevoir un bout de poitrine à  travers une béance. Des épaules se dénudent dans des tops drapés, dans des gilets ou dans certains autres tops bandés qui enserrent le buste.

En équilibre permanent à la frontière entre masculin/féminin, Ludovic de Saint Sernin fait défiler aussi des femmes revêtues de tuniques en soie ou satin impalpables pour compléter sa collection unisexe, tandis que les garçons en sandales balancent avec élégance au bout du bras sac à main et foulard virevoltant.

Les pièces en cuir ont la part belle, également, avec pantalons, vestes et top décorés d'œillets métalliques, comme des mini-hublots. Un détail repris dans le poignet d'une veste ou d’un manteau en satin.

Au final, un show très applaudi où étaient présents quelques créateurs stars venus en amis soutenir les débuts de Ludovic de Saint Sernin, comme Rick Owens ou Olivier Rousteing. « C'était super », commente ce dernier, se rappelant du bon temps, pas si lointain, où le jeune styliste officiait sous son égide chez Balmain au studio de création du prêt-à-porter féminin. « Trois belles années, nous avons travaillé ensemble », rappelle-t-il.

Diplômé en design de mode de l’Ecole Duperré, Ludovic de Saint Sernin, qui se partage entre Paris et Londres, est passé chez Saint Laurent avant d’intégrer Balmain et de lancer sa propre ligne pour homme en 2017, offrant un vestiaire sensuel à l’équilibre subtil entre élégance et érotisme.

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