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Mathilde Thomas (Caudalie) : "Notre indépendance est indispensable pour mener à bien nos ambitions environnementales"

Publié le
5 mars 2020
Temps de lecture
5 minutes
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Dans le monde de la cosmétique française et au-delà, lorsqu’on parle de réussite, Caudalie est certainement l’un des noms qui revient le plus souvent. Car en 25 ans, le couple de visionnaires formé par Mathilde et Bertrand Thomas a construit brique par brique un empire avec à chaque fois un temps d’avance. En 1995, alors que règne encore la pétrochimie, Caudalie fait figure d’ovni lorsqu’elle présente ses produits à base de pépins de raisins, aux vertus anti-oxydantes. Versant distribution, la marque fait aussi un choix stratégique gagnant : celui d’une présence en pharmacies et parapharmacies, un réseau dynamique aujourd’hui très convoité. 25 ans après, Caudalie - 1 000 collaborateurs, 40 boutiques dans le monde, une présence dans plus de 11 000 pharmacies et 1 000 Sephora et un chiffre d’affaires estimé à près de 280 millions d’euros* - poursuit plus que jamais et en toute indépendance sa "révolution verte". Entretien avec Mathilde Thomas, cofondatrice de Caudalie.


Mathilde Thomas qui a fondé Caudalie en 1995 avec son époux Bertrand - Caudalie


FashionNetwork.com : Caudalie a 25 ans, à l’heure où le secteur de la cosmétique mondiale est traversé plus que jamais par les fusions et les acquisitions, comment fait-on pour rester indépendants ?

Mathilde Thomas : L’année passée, les rachats n’ont pas cessé et nous avons vu beaucoup de nos amis vendre leurs sociétés. Évidemment nous sommes approchés mais c’est une volonté de notre part de rester indépendants. Cette indépendance est également indispensable pour mener à bien l’ensemble de nos ambitions en matière environnementale : ne plus l’être ne serait pas en phase avec nos valeurs.

FNW : Justement Caudalie est née en 1995 sur le segment du naturel alors qu’au milieu des années 90 les marques étaient plutôt liées à l’industrie chimique. Comment avez-vous été accueillis ?

MT : Il y avait la pétrochimie, mais également l’usage très répandu des injections de collagène, les tests sur les animaux… Les banquiers nous on dit "ça ne prendra pas ! ". Mais nous avons bénéficié de pas mal d’aides locales de la région bordelaise (Château Smith Haut Lafitte le vignoble de la famille de Mathilde Thomas se trouve dans la région, ndlr). Les pharmacies du coin nous ont suivis et puis, quatre ans plus tard, avec l’ouverture de notre premier Spa, Caudalie a bénéficié d’un vrai éclairage qui a porté à l’international, notamment au Japon. A cette époque il n’y avait ni réseaux sociaux, ni même téléphone portable, les choses allaient plus doucement.

FWN : Dès 2005 vous avez fait le choix de retirer de vos formules les ingrédients les plus controversés comme les phtalates, le parabène ou les huiles minérales. Où en êtes-vous aujourd’hui de ce travail sur les formules ?

MT : C’est un travail de chaque instant et la liste des « nasties » (des ingrédients jugés mauvais ndlr) s’allonge en permanence. Nous respectons donc une charte de formulation qui bannit une liste d’actifs controversés de toutes nos formules. Par exemple nous n’utilisons pas de conservateurs potentiellement perturbateurs endocriniens, comme les parabènes donc, mais aussi le phénoxyéthanol. Nos critères vont bien au-delà de la réglementation. Aujourd’hui, 80 % de nos produits sont notés verts sur l’application Yuka et nous visons 99 % d’ici 2021. Par ailleurs, à la fin de l’année 2018 nous avons ouvert notre Laboratoire de Formulation naturelle qui répertorie plus de 1 000 ingrédients d’origine naturelle que nous utilisons pour nos produits. Aujourd’hui, la majorité de nos produits contiennent plus de 90 % d’ingrédients d’origine naturelle. D’ici 2022, nous visons 100 % de nos formules constituées d’un minimum de 95 % d’ingrédients d’origine naturelle.

FWN : Caudalie travaille à l’amélioration de ses formules, mais votre approche de la cosmétique durable étant globale, qu’en est-il du versant packaging ?

MT : Dès 2018 nous avons supprimé les notices en papier, en 2019 ce sont les spatules qui ont été supprimées. En utilisant du papier FSC (un label qui garantit que le bois provient de forêts/plantations gérées de manière responsable et durable, ndlr) en privilégiant les encres végétales et en allégeant nos packagings plastique de 20 %, nous avons économisé plus de 13 tonnes de plastique et 33 tonnes de papier. Et nous avons de grandes ambitions puisqu’en 2022 nous voulons être une entreprise zéro déchet. Depuis 2012 nous sommes également membre du collectif 1 % for the Planet et nous reversons chaque année 1 % de notre chiffre d’affaires mondial à des associations environnementales pour planter des arbres. D’ici à 2021 nous aurons atteint les 8 millions d’arbres plantés, nous couvrons potentiellement quatre fois nos émissions de CO2.

FWN : Pensez-vous que désormais lorsqu’une marque de cosmétique veut se lancer sur le marché, être "clean et durable" est un prérequis ?

MT : En 2020 c’est absolument obligatoire et cela l’est encore plus lorsqu’on se penche sur l’état dans lequel se trouve la planète. Je pense qu’en tant qu’entrepreneur, nous exerçons un impact réel sur l’environnement et donc que nous avons une réelle responsabilité sur la préservation des écosystèmes. Il y a également une véritable prise de conscience de la part des consommateurs : le succès d’une application comme Yuka la souligne bien. C’est un véritable travail collectif.

FWN : Après avoir vécu aux Etats-Unis avec votre époux pour y implanter Caudalie, vous avez vécu en Chine. Aujourd’hui est-ce que les consommateurs chinois, les plus convoités du monde, s’intéressent à la cosmétique naturelle et est-ce que les problématiques de durabilité les préoccupent ?

MT : Aujourd’hui la Chine représente 10 % de notre chiffre d’affaires global, nous y avons une boutique et sommes présents chez Sephora ainsi que sur T-Mall. Je trouve que la prise de conscience s’opère surtout chez les très jeunes consommateurs. Mais d’un point de vue plus global les choses évoluent. Le président chinois Monsieur Xi Jinping a décidé qu’il fallait recycler, et il y a des sanctions pour ceux qui ne suivent pas les règles !

FWN :  Avec Caudalie allez-vous explorer de nouveaux territoires produits, comme le capillaire ?

MT : J’adorerais et on y réfléchit ! Mais l’année 2020 va être dense !
 

* Caudalie ne communique pas son chiffre d'affaires.

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