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Mode masculine italienne : seul le grand luxe réussit à s'imposer

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AFP
Publié le
today 12 janv. 2007
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ROME, 12 jan 2007 (AFP) - La mode masculine italienne peine à s'imposer sur un marché dominé par les importations chinoises, et seul le grand luxe tire son épingle du jeu grâce à la vitrine des défilés de Milan, où démarre dimanche 14 janvier la présentation des collections prêt-à-porter automne-hiver 2007/2008.

L'année 2006 s'est bouclée sur un chiffre d'affaires en baisse (- 0,7 %) pour la mode masculine "Made in Italy", un résultat décevant après un léger mieux en 2005 (+ 0,4 %), selon des données publiées en janvier par le salon professionnel Pitti Immagine.

L'Italie a en effet enregistré un net ralentissement des exportations de ses vêtements masculins - + 0,6 % en 2006 contre un prometteur + 2,6 % en 2005 - alors que les importations continuaient leur progression (+ 6,5 %).

A elle seule, la Chine représente 27 % des importations de mode masculine sur le territoire italien.

Plutôt que "lutter" contre ces importations chinoises, mais aussi roumaines ou tunisiennes, il faut chercher à "bien gérer un phénomène qui existera toujours et tenter de s'implanter sur ces marchés", estime Raffaele Napoleone, administrateur délégué de Pitti Immagine, salon professionnel de la mode masculine qui attire chaque année plus de 700 exposants italiens et étrangers à Florence (centre).

"L'important est de jouer un rôle en ayant des entreprises qui arrivent à investir et à produire" en Chine, explique-t-il à l'AFP.

"Tout ce qu'on peut faire contre ce phénomène, c'est mettre en place des stratégies : d'ailleurs, les entreprises européennes s'organisent, en opérant des restructurations ciblées et en délocalisant en Europe de l'Est et en Afrique du Nord", renchérit Mario Boselli, président de la Chambre de la mode italienne.

Selon lui, les importations chinoises devraient rester à un niveau raisonnable en 2007 en raison des quotas sur dix catégories de produits (pantalons, chemisiers, T-shirts...) imposés à la Chine par l'Union européenne jusqu'à la fin de l'année.

La "peur terrible qu'inspire la Chine" ne devrait cependant pas se vérifier début 2008 avec la fin des quotas car la compétitivité du géant asiatique "s'est réduite depuis peu", estime le président de la Chambre de la mode.

"On remarque aussi une augmentation de la consommation intérieure chinoise, qui absorbe une partie du flux", ajoute-t-il.

Et pour trouver leur place sur le marché mondial, les entreprises italiennes doivent aussi apprendre à "produire plus haut de gamme et à se spécialiser toujours plus", résume M. Boselli.

Pitti Immagine, dans sa note économique de janvier, soulignait que "l'industrie de la mode italienne s'était positionnée de manière encore plus forte en 2006 sur les compartiments de la mode haut de gamme et de luxe".

"Il est clair que l'Europe est en train de délaisser la fabrication de produits de moyenne gamme pour ne garder que le très haut de gamme", admet Raffaele Napoleone.

Selon lui, "la tendance forte en ce moment partout dans le monde, c'est que les clients veulent de plus en plus personnaliser leur habillement, ce qui pousse les stylistes à se spécialiser dans les lignes cousues main".

Cinquante-et-un défilés sont prévus du 14 au 18 janvier à Milan lors de la présentation des collections de prêt-à-porter pour hommes pour l'automne-hiver 2007-2008.

Par Katia DOLMADJIAN

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