Modetrotter teste sa première boutique-showroom à Paris

La marque Modetrotter vient d’ouvrir à Paris un lieu protéiforme de 250 mètres carrés, entre boutique, showroom et bureau, à l'image de l'Atelier inauguré début février par Antik Batik. Lancé en 2008 sous forme d’e-store multimarque, le site de Marie Courroy s’est offert une seconde vie en 2016 en devenant une griffe de mode féminine à part entière.


Modetrotter vient d'ouvrir sa première "boutique-showroom" dans le IIème arrondissement - Modetrotter

Avec quatre collections par an, d’abord appelées suivant des noms de ville (Bombay, Los Angeles ou Formentera), et désormais selon des quartiers (à commencer par le Shoreditch de Londres), la griffe milieu de gamme gagne du terrain. « Chaque semaine, nous avons 50 % de nouvelles clientes sur notre site », assure Marie Courroy.
 
Une réussite sur laquelle l'entrepreneure n’aurait pas forcément misé quand, à ses débuts, un potentiel apporteur de fonds abandonne le projet par un simple texto, après l'avoir incité à commander pour 100 000 euros de marchandises. « Quand j’ai reçu son SMS, j'ai cru mourir. J’avais un stock considérable sur les bras et un compte en banque quasi vide. Il aurait pu me faire mettre la clé sous la porte ».
 
Quelques années plus tard, cet incident n'étant plus qu'un mauvais souvenir, elle a pu ouvrir son premier espace de vente physique au cœur du IIème arrondissement parisien grâce au soutien de quatre actionnaires. En plus de deux business angels présents depuis le début (dont le créateur des ventes privées Arlettie, Thibaut Caillemer du Ferrage), Modetrotter a opéré deux levées de fonds, l’une en 2016 et l’autre en 2017. Avec d’abord le groupe Vog, actionnaire d’Eleven Paris et de Ba&sh, dont l’apport a permis à Marie Courroy de lancer Modetrotter en tant que marque, puis avec un investisseur particulier, Marina Plowiecki.
 
Si le 28, rue d’Aboukir vient d’embaucher sa première vendeuse à temps plein, Marie Courroy ne destinait pas le lieu à devenir une boutique. « Au final, le magasin n’est que la version matérialisée du site. A vrai dire, au départ, nous cherchions uniquement un bureau. Et puis, le premier endroit que nous avons visité, c’est cet espace avec un bail commercial et un agencement rêvé pour mettre nos bureaux à l’étage, un showroom/magasin au rez-de-chaussée et une réserve en sous-sol où se trouve l’intégralité des stocks Modetrotter », explique la créatrice. Installée depuis septembre 2017, l’équipe de Marie Courroy apprend au jour le jour à gérer le showroom.
 
« Nous n’avons pas vraiment communiqué autour du showroom. Au début, son adresse apparaissait seulement comme une possibilité de retrait pour les commandes des clientes. Au fur et à mesure, elles se sont mises à venir spontanément. En décembre, nous avons ouvert le lieu le samedi et nous avons incité les filles à passer via les réseaux sociaux. Désormais, nous aimerions aussi faire vivre l’espace en organisant des sessions de yogas, des ateliers et des workshops en partenariat avec d’autres marques, en invitant des personnalités à dévoiler les coups de cœur artistiques et en mettant en place des expositions de photos », ajoute la jeune femme, passée par Vanessa Bruno et Ba&sh avant de se lancer dans l’aventure Modetrotter.
 
La collection automne-hiver 2017/18 de Modetrotter - Modetrotter

Si l’idée d’ouvrir d’autres boutiques fait doucement son chemin, Marie Courroy l’affirme, ce premier lieu lui a permis de vraiment rencontrer sa clientèle, d’entendre ses retours et de se faire une idée plus précise de son style. Mais aussi de voir le panier moyen d'achat augmenter de 43 % puisque, sur le web, il est de 175 euros contre 250 euros en boutique. Tant et si bien qu'aujourd’hui, les ventes de la rue d’Aboukir correspondent à plus de 20 % du chiffre d’affaires.
 
En termes de distribution, la marque, pour l’instant disponible uniquement sur son site et dans son nouveau showroom, s’apprête à ouvrir des pop-up stores à Londres et Bruxelles, où elle dispose déjà d'une clientèle. Avant pourquoi pas de s’envoler vers le Japon ou la Chine qui font rêver Marie Courroy. En attendant, elle envisage, peut-être pour l’automne prochain, de proposer ses collections dans une quinzaine de boutiques multimarques si, et seulement si, elle peut bénéficier d’une certaine souplesse, notamment concernant les délais de livraison.
 
Mais avant de penser à multiplier les points de vente, Marie Courroy préfère faire ce qu’elle maîtrise le mieux, à savoir tester de nouvelles choses. L'entrepreneure s'apprête ainsi à lancer une collaboration avec la chanteuse Hollysiz, dans la veine de celle réalisée avec Benjamin Biolay, une autre avec la marque de maroquinerie Clare V et une ligne de maille plus classique avec une styliste spécialisée. Elle réfléchit par ailleurs à s'essayer aux jeans, aux sacs et chaussures, et même à la réalisation de capsules hommes. Pour Modetrotter, l’année ne fait vraiment que commencer.

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