Monoprix dépasse ses objectifs avec Amazon Prime

Paris, 10 octobre (Reuters) - Monoprix, premier distributeur français à s'être allié à Amazon, a largement dépassé ses premiers objectifs de vente sur le service Amazon Prime et n'envisage pas, à ce stade, d'autres accords avec le géant américain du e-commerce, a déclaré mercredi à Reuters son président.


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La filiale de Casino avait pris le marché par surprise en dévoilant, en mars 2018, une alliance avec Amazon quelques jours à peine après l'annonce par Leclerc du lancement de son service de livraison à domicile à Paris.

« A ce jour, nous avons fait deux à trois fois ce que nous avions prévu en nombre de commandes », a souligné Régis Schultz, président de Monoprix.

Interrogé sur la possibilité, pour Casino, d'étendre son partenariat avec Amazon, il a estimé que « cela n'était pas dans la philosophie de l'accord ».

L'enseigne de centre-ville, filiale de Casino, a lancé sa boutique virtuelle le 12 septembre dans une dizaine d'arrondissements parisiens, avec près de 6 000 produits - dont 1 700 sous sa propre marque - allant du frais à l'épicerie, en passant par la beauté ou les produits d'entretien.

Les ventes réalisées représentent aujourd'hui « un bon magasin Monoprix en alimentaire », a indiqué Régis Schultz, « soit 10 à 20 millions d'euros », a-t-il dit, précisant que ce déploiement n'avait « pas d'impact significatif » sur la rentabilité.

L'enseigne la plus rentable du groupe Casino, avec une marge opérationnelle estimée par les analystes entre 5 % et 6 %, compte près de 800 magasins et a réalisé en 2017 un chiffre d'affaires de 5,0 milliards d'euros.
 
« Marges stables »


« Nos marges sont stables et il n'y a pas de raison qu'elles bougent» , a ajouté le dirigeant.

Dans le cadre de l'accord, Monoprix se charge de réaliser la collecte des produits dans les magasins, tandis qu'Amazon assume le coût du site et celui de la livraison aux clients, et prend une commission sur les commandes passées.

Régis Schultz a également assuré que cette offre sur Amazon Prime ne cannibalisait ni les ventes de Monoprix ou Monoprix.fr, ni la base de clients de l'enseigne. « Nous avons clairement un apport de nouvelle clientèle », notamment celle des entreprises, a-t-il dit, ajoutant avoir constaté que 70 % à 80 % des clients Prime « n'étaient pas nécessairement des clients de Monoprix ».

Il a également estimé pouvoir profiter de la base de clients d'Amazon Prime pour pouvoir conquérir davantage de consommateurs. « Amazon a sa propre base de clients avec Prime, qui n'est pas la notre. Les données clients lui appartiennent. »

Monoprix espère maintenant pouvoir déployer son offre sur Amazon Prime dans l'ensemble de la capitale et sa petite couronne dès l'an prochain.

Alors que le groupe Casino s'est engagé dans un deuxième plan de cession d'actifs pour alléger sa dette, le PDG de Casino, Jean-Charles Naouri, a récemment déclaré dans une interview que le groupe n'avait pas l'intention de vendre Monoprix.

Plombé par sa dette et celle de sa maison mère, Rallye, Casino a annoncé, dans le cadre de ce plan, la cession prochaine des murs de 55 Monoprix pour 565 millions d'euros.

Face aux ambitions affichées par Amazon dans l'alimentaire, les distributeurs se livrent à une course de vitesse pour digitaliser leurs services et améliorer leur offre.

Carrefour, qui détient 250 magasins de proximité à Paris, a récemment ouvert dans la capitale six « Drive » piétons, ces points de retrait où les clients vont chercher leurs commandes passées en ligne.

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