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AFP
Publié le
26 mars 2021
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3 minutes
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Ouïghours: Pékin étend la riposte

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AFP
Publié le
26 mars 2021

La Chine riposte sur le Xinjiang: réfutant des allégations de "travail forcé" dans sa région à majorité musulmane, Pékin a sanctionné des personnalités britanniques au moment où plusieurs marques étrangères sont dans la tourmente sur le marché chinois.


En juillet 2015 déjà, une manifestation s'était tenue à Strasbourg pour alerter sur le cas des Ouïghours - Shutterstock



Le Xinjiang (nord-ouest de la Chine) a longtemps été frappé par des attentats visant des civils et attribués à des séparatistes ou des islamistes ouïghours. Pékin y impose depuis quelques années une surveillance policière drastique.

Selon des études publiées par des instituts américains et australien, au moins un million de Ouïghours ont été internés dans des "camps" et certains soumis à du "travail forcé", notamment dans des champs de coton.

La Chine juge ces rapports truffés de "fausses informations" et assure que les "camps" sont des "centres de formation professionnelle" destinés à apporter un emploi à la population afin de l'éloigner de l'extrémisme.

En réaction, l'Union européenne, le Royaume-Uni et le Canada ont imposé lundi des sanctions contre quatre dirigeants passés ou actuels du Xinjiang. Les Etats-Unis, qui sanctionnaient déjà deux de ces responsables depuis 2020, ont ajouté les deux autres à leur liste.

Pékin a répliqué en sanctionnant dix personnalités européennes, dont cinq élus du Parlement européen. Toutes sont accusées "de propager des mensonges" en s'appuyant sur des études que la Chine estime biaisées. Pékin s'était jusque-là gardé de cibler spécifiquement des personnalités britanniques mais l'ambassadrice du pays en Chine avait en revanche été convoquée.

"Pour qu'ils comprennent"



Vendredi, Pékin a étendu ses sanctions à neuf Britanniques, dont des parlementaires de haut rang, ainsi que quatre entités. Sur la liste noire chinoise figurent la Commission des droits de l'Homme du Parti conservateur (la formation du Premier ministre Boris Johnson), ainsi que l'ancien chef de ce parti, Iain Duncan Smith.

Londres n'a pas tardé à réagir. Les Britanniques visés par ces sanctions jouent un "rôle vital" pour dénoncer "les atteintes grossières" aux droits de l'Homme, a estimé le Premier ministre Boris Johnson, en les assurant de son soutien.

Son ministre des Affaires étrangères, Dominic Raab, a accusé Pékin de "sanctionner les critiques" plutôt que d'autoriser une enquête de l'ONU au Xinjiang.

Invitée à réagir sur les dernières sanctions prises par son pays, une porte-parole de la diplomatie chinoise, Hua Chunying, a accusé les Occidentaux d'être à l'origine des hostilités. La Chine "ne peut [du coup] traiter avec eux que d'une manière qu'ils comprennent et dont ils se souviennent", a estimé Mme Hua.

H&M, Nike et Adidas dans le viseur



Après la publication d'études sur le "travail forcé", plusieurs entreprises de prêt-à-porter comme le suédois H&M, l'américain Nike, l'allemand Adidas ou le japonais Uniqlo se sont engagées l'an passé à boycotter le coton du Xinjiang.

La région représente près d'un cinquième de la production mondiale et fournit de nombreux géants de l'habillement.

Les communiqués de ces entreprises sont opportunément réapparus cette semaine sur le réseau social chinois Weibo, déclenchant une polémique.

Première entreprise visée, H&M avait déjà vu mercredi ses produits retirés des principaux sites chinois de vente en ligne. Ses magasins restent toutefois ouverts.

La polémique a enflé jeudi avec l'annonce par plusieurs acteurs et chanteurs chinois qu'ils coupaient tout lien avec Nike, Adidas, Uniqlo, Converse ou encore Calvin Klein, dont ils ou elles étaient les ambassadeurs d'image.

Signe d'une possible intervention de l'exécutif chinois, c'est la Ligue de la jeunesse communiste, une organisation affiliée au parti au pouvoir, qui avait lancé les hostilités sur Weibo.

Les Ouïghours, principalement musulmans et parlant une langue turcique, représentent un peu moins de la moitié des 25 millions d'habitants du Xinjiang.


Pékin, 26 mars 2021 (AFP)

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