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Paris rêve d'émancipation et de romantisme

Publié le
today 4 mars 2019
Temps de lecture
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C'est toujours un plaisir de revenir à la Semaine de la mode parisienne, le point culminant d'un marathon de défilés où les créateurs font ce qu'ils sont censés faire : créer des images saisissantes et une mode percutante. Ce qui fait la singularité de la Fashion Week de Paris, c'est la richesse inégalée des visions particulières proposées tout au long d'une semaine chargée de défilés et porteuses d'une grande variété de cultures et d'approches du vêtement. Des couturiers qui transposent leurs idées en prêt-à-porter jusqu'aux maîtres - parfois iconoclastes - du grand style français, en passant par les prêtres zen japonais et les avant-gardes d'Europe de l'Est, sans oublier deux Américains surdoués, mais dont les esthétiques respectives n'ont rien à voir, voici huit designers qui n'ont pratiquement rien en commun, à l'exception de deux éléments clés - leur détermination sans faille à respecter leur propre ADN et leur capacité à créer des vêtements qui donnent du pouvoir aux femmes, chacun à leur façon.


Maison Margiela - Automne-hiver 2019 - Prêt-à-porter féminin - Paris - © PixelFormula


Maison Margiela : entre décadence numérique et austérité
 
John Galliano a fait commencer son dernier défilé pour Maison Margiela sur une demi-douzaine de looks austères, déclinés dans des nuances de noir et d'anthracite, s'amusant des racines emblématiques de la maison à travers des volumes exagérés, avant de partir brusquement dans une direction beaucoup plus décadente. L'esthétique propre à l'ère numérique résonnait dans la collection, qui en explorait les limites.

Dans cette collection de prêt-à-porter, John Galliano s'est focalisé sur l'élément clé de la collection artisanale de la maison, présentée en janvier dernier : une tempête d'imprimés digitaux - en cohérence avec son processus de création « pyramidal » pour Maison Margiela. Au fur et à mesure du défilé, les vêtements eux-mêmes se dégradaient progressivement, s'effilochant partiellement. 

Les mêmes motifs cyberpunk, de véritables éclaboussures numériques, apparaissaient dans la superbe installation vidéo tournée par Nick Knight pour Maison Margiela et montrée plus tôt ce mois-ci à la Serpentine Gallery pendant la Semaine de la mode britannique.

John Galliano a proposé des tenues noires et beiges dotées de manches désarticulées, des capes dont les épaules rappelaient des bottes militaires ou de petites robes noires composées de morceaux de blazers. Les constructions étaient si audacieuses qu'on avait presque l'impression d'être dans la quatrième dimension.

Les matières ? Très Margiela, c'est-à-dire robustes et inattendues : laine à chevrons, flanelle, sergé, feutre, organza, ouate recouverte de mousseline... « À travers cet excès inversé, Maison Margiela propose une nouvelle idée de la pureté », pouvait-on lire dans le programme rédigé par John Galliano, qui, une nouvelle fois, n'a pas salué à la fin du défilé.


Paco Rabanne - Automne-hiver 2019 - Prêt-à-porter féminin - Paris - © PixelFormula


Paco Rabanne : un exercice de futurisme pensé pour notre époque

Il faut bien le reconnaître, Julien Dossena, directeur de la création chez Paco Rabanne, a réussi un délicat exercice d'équilibre. Il a rendu sa pertinence contemporaine à Paco Rabanne, une marque définie par sa vision futuriste un peu dépassée. Cette saison encore, pari réussi, grâce à un défilé plein d'énergie, mis en scène dans une salle comble du Grand Palais.

Ses chemises en soie rose brodée de bulles de verre, ses jeans à sequins violet impérial, ses costumes masculins en vichy noir et blanc, ses redingotes en soie dotées de minuscules boutons en tissu étaient impeccables. Julien Dossena a choisi des inspirations naturelles - d'immenses imprimés de feuilles en éventail, utilisés sur des chemisiers délicats et sur le podium lui-même, agrémenté de touches métalliques. Une robe de cocktail en grille métallique, ornée de mille boules de cristal : sublime. Et ses superbes redingotes d'apparat, avec galons et passementerie dorés, sont sans doute les manteaux les plus mémorables de la saison. La marque Paco Rabanne est marquée par un concept fort et emblématique, qui a découragé un grand nombre de ses prédécesseurs. Mais Julien Dossena est à l'oeuvre et abat une somme de travail considérable pour placer la maison parisienne sur l'échiquier de la mode contemporaine.
 

Collection automne-hiver 2019/20 - Photo: Rick Owens


Rick Owens

Aucun autre créateur parisien n'est aussi doué pour créer un univers parallèle que Rick Owens. Qui d'autre que lui pourrait décréter que les prothèses nasales vont faire fureur ? Chez Rick Owens, une demi-douzaine de mannequins semblaient avoir subi une intervention chirurgicale pour un film de science-fiction - une vision audacieuse, intelligente et outrancière de la mode.

Les cyniques pourront persifler que le seul moment où l'on porte du Rick Owens, c'est pour se rendre à ses défilés, mais ce serait passer à côté de son véritable talent. Les vêtements de Rick Owens sont instantanément reconnaissables, mais parviennent à innover à chaque saison. On a particulièrement remarqué ses manteaux en coton, munis de manches allongées, ou ses manteaux en feutre, aux épaules arrondies et aux poches plaquées gigantesques, ou mieux encore, sa diva rescapée de l'apocalypse, emmaillotée dans un vaste cercle capitonné et suivie par une longue traîne.


Yohji Yamamoto - Automne-hiver 2019 - Prêt-à-porter féminin - Paris - © PixelFormula


Yohji Yamamoto
 
Bande-son : du blues japonais endiablé. Et qui jouait de l'harmonica ? Yohji Yamamoto lui-même, accompagnant son propre défilé, organisé au Grand Palais vendredi soir. Comme il en a l'habitude, Yohji enveloppe les femmes avec poésie et bienveillance. Habillant ses mannequins de longs manteaux militaires déconstruits - ouverts d'un côté, drapés avec art, coupés bord franc. De nombreuses vestes longues et des manteaux à double boutonnage, garnis d'une multitude de boutons. Bien qu'extrêmement avant-gardiste, la collection donnait l'impression de samouraïs féminins, amazones japonaises particulièrement sûres d'elles-mêmes - sentiment rehaussé par leurs lèvres noires et leurs tresses torsadées. 

« Je voulais créer une collection qui se situe en quelque sorte avant la mode. Non pas des vêtements confectionnés par des professionnels, mais des jeunes femmes qui cousent elles-mêmes ce qu'elles portent », explique Yohji Yamamoto. Ses cinq dernières robes étaient coupées dans une telle profusion de tissu qu'elles emmaillotaient les mannequins comme des hijabs. Avant que l'une d'elles ne se dévoile soudain avec fierté. Mais Yohji Yamamoto a tenu à corriger cette impression après le défilé, expliquant avec son sourire sibyllin : « Il s'agit plutôt de filles des petites îles espagnoles, qui s'habillent ainsi pour attirer les garçons. »
 

Elie Saab - Printemps-été 2019 - Prêt-à-porter féminin - Paris - © PixelFormula


Elie Saab : l'oeuvre au noir
 
Le travail du noir était peut-être l'élément le plus marquant de la collection d'Elie Saab cette saison, présentée au cours d'un défilé intitulé « Lovestruck » (« fou/folle d'amour » en VF). Et à coup sûr, il s'agissait d'un effet collatéral assez probable pour qui rencontre une femme vêtue des sublimes créations du couturier libanais. Résultat : des robes de cocktail en soie bleue, des robes noires asymétriques portées avec des cuissardes ou, plus fabuleuses encore, des robes Art déco avec des volants et des manches spectaculaires.

Mais le meilleur moment du défilé était probablement le finale, entièrement noir - cabans recouverts de plumes de marabout, combinaisons en dentelle, robes en velours brodées de cristaux ou robes d'aristocrates fatales, parfaites pour une grande soirée de gala. Une façon d'émanciper les femmes en renforçant leur allure romantique et envoûtante.


Thom Browne - Automne-hiver 2019 - Prêt-à-porter féminin - Paris - © PixelFormula


Thom Browne : l'égalité des chances par le vêtement

Thom Browne revendiquait une forme de féminisme déjanté au cours d'un défilé parfaitement mis en scène à l'intérieur des Beaux-Arts. Des vêtements comme ceux qu'on porte au bureau, avec une touche d'originalité, notamment une nouvelle version de son emblématique costume en flanelle grise, revisité de manière élégante pour plaire aux New-Yorkaises. « Ce sont toutes des cadres et des dirigeantes d'entreprise », a affirmé Thom Browne dans les coulisses du défilé, vêtu de son costume signature.
 
Comme une relecture féministe de la série Mad Men, une douzaine de femmes déterminées ont fait leur apparition en imperméable strict, avant d'entrer dans une cage géante pour s'asseoir à un bureau individuel doté d'une machine à écrire dont on vous laisse deviner la couleur - gris mat.

Mais les business women de Thom Browne apprécient également siroter quelques cocktails après le travail, visiter un vernissage en ville ou apparaître à une soirée mondaine. Pour s'amuser en portant de superbes robes en trompe-l'œil, illusions de tenues complètes, composées d'une cravate, d'une chemise, d'une veste, d'un manteau ou d'un veston.

La muse de la collection ? Lady Troubridge, la sculptrice et traductrice britannique connue pour son allure de garçonne, dont le portrait par Romaine Brooks a servi d'inspiration à Thom Browne, à tel point qu'il l'a brodé sur plusieurs manteaux - superbes. « Elle était si sûre d'elle et si belle. Elle était la muse idéale pour apporter une sensibilité plus masculine à la collection », a expliqué Thom Browne après le défilé.


Akris - Automne-hiver 2019 - Prêt-à-porter féminin - Paris - © PixelFormula


Akris : l'émancipation des femmes serait née à Saint-Gall
 
Peu de créateurs sont plus fidèles à leurs maîtres qu'Albert Kriemler, le créateur suisse dont le style architectural, à la croisée des beaux-arts, s'est déployé de manière élégante par une soirée pluvieuse au Grand Palais. Son point de départ ? L'œuvre de Richard Artschwager, artiste réputé pour ses points d'exclamation en crin de cheval, mis à l'honneur sur le décor du défilé Akris. Le crin de cheval, un matériau durable par excellence, était également présent dans de nombreux détails de la collection, ajoutant une impression de raffinement robuste aux vêtements.

En outre, Albert Kriemler, en véritable intellectuel de la mode, s'est également appuyé sur le Traité des couleurs de Goethe, publié au début des années 1800, notamment pour ses trois premiers looks. Des manteaux en cachemire double-face parfaitement coupés, une veste impeccable et une blouse en crêpe de soie, tous ornés de gammes de couleurs. À bien des égards, les pièces les plus mémorables du défilé étaient ces pantalons à la coupe sublime, en velours bleu saphir, en crêpe double-face rouge, en velours côtelé tabac foncé ou en cuir vert sapin.

Ses mini-boléros asymétriques étaient également irréprochables, tout comme ses vestes en velours à imprimé python. Un créateur de premier plan qui crée du chic élégant, flatteur et contemporain pour redonner confiance aux femmes.

En un mot, la collection donnait une impression d'autorité, un soupçon de mystère et une touche d'envergure, c'est-à-dire la patine qui vient avec la maturité. « Ces points d'exclamation ont quelque chose d'émancipateur. Franchement, je crois que je participe à l'émancipation des femmes depuis 25 ans, bien avant que tout cela ne soit à la mode », avançait Albert Kriemler après le défilé. Le créateur suisse est originaire de Saint-Gall, la capitale de la dentelle.


Olivier Theyskens - Automne-Hiver 2019 - Prêt-à-porter féminin - Paris


Olivier Theyskens : des humanoïdes victoriennes et envoûtantes

2019 est l'année pendant laquelle se déroule l'action de Blade Runner. Ça n'a pas échappé à Olivier Theyskens. Comme les magnifiques « Réplicants » humanoïdes du film, ses mannequins portaient des éléments très « couture » remaniés et déstructurés, au cours d'un défilé sublime, un véritable énoncé de mode et d'attitude.
 
« Je voulais créer des vêtements qui permettraient aux femmes de faire une entrée impressionnante quand elles vont quelque part », a expliqué le créateur belge dans les coulisses d'un hôtel particulier du Xe arrondissement en cours de rénovation.

D'où les coupes aux larges épaules et à la taille ajustée, pour dessiner une silhouette sculpturale. Travaillant principalement en noir, avec un sens aigu du mouvement, Olivier Theyskens associe des hauts en maille, des soutiens-gorge portés à l'extérieur, de la dentelle et beaucoup de découpes pour injecter une sensualité vénéneuse. Mais tout cet attirail renvoyait une image précieuse - tous les modèles étaient dotés de fermoirs et de boutons noirs de jais, dignes d'une dame de la haute société. De divines petites robes noires et un manteau impressionnant à double boutonnage rappelaient le personnage cultissime de Rachel, interprété par Sean Young.

Tout l'intérêt de cette démarche était résumé dans la bande-son du défilé elle-même, étrange mais familière. On a appris par la suite qu'il s'agissait tout simplement de la musique de Blade Runner, mais jouée à l'envers.

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