Pour Longchamp, la route est encore longue

Nul n’aurait pu trouver à redire à la mise en scène du dernier défilé Longchamp, présenté au Lincoln Center ce samedi, première journée de défilés importante de la saison new-yorkaise.


Longchamp - Printemps/été 2020 - Prêt-à-porter féminin - New York - Photo: FashionNetwork.com / Godfrey Deeny
 
Le public était installé sur des gradins autour d’une piscine géante en marbre noir. Au centre de celle-ci, une sculpture merveilleuse et massive (six tonnes), œuvre d’Henry Moore intitulée Reclining Figure (« personnage couché ») : ce bronze de 1965 représente une mère et un rocher qui émergent de l’eau. Un critique a affirmé un jour que cette sculpture évoque les colonnes rocheuses d’Étretat, sur la côte normande, un choix idéal pour une vénérable griffe française qui défile à Manhattan.

La maison a aussi sélectionné une dream team en backstage, des Français principalement : les producteurs du spectacle de Bureau Betak ont construit un joli décor composé de pergolas métalliques, Michelle Lee a composé un superbe casting de tops jeunes et fraîches – avec Kaia Gerber en ouverture, puis la lumineuse chouchoute de Chanel, Lily Stewart. Enfin, Guido Palau a parachevé les silhouettes avec des chignons racés, et Pat McGrath a ajouté des touches de mauve versatile.

Mais le stylisme plutôt leste de Marie-Amélie Sauvé ne pouvait suffire à faire de cette collection une réussite. Les dieux de la météo ont été généreux aussi : d’énormes cumulus très haut dans le ciel, et des éclats géants de ciel bleu. Le seul problème, c’est que les vêtements étaient globalement très convenus, et ce dans le meilleur des cas.

Trop de parkas en nylon noir tout juste correctes, de robes cocktail kimonos en calico et de jupes de soie plissée, portées pour une raison obscure avec des soutiens-gorge de sport et des savates façon Oktoberfest. Mais que diable s’est-il passé au moment de réviser cette collection ? Et très franchement, moins on en dira sur les shorts en similicuir, mieux ce sera.


Longchamp - Longchamp - Printemps/été 2020 - Prêt-à-porter féminin- New York - Photo: FashionNetwork.com / Godfrey Deeny

Il y a eu quelques manteaux charmants de couleur menthe et des robes longues à imprimé cadran solaire plutôt jolies. D’autre part, la nouvelle sélection de sacs fourre-tout et de pochettes à micro-pliages avait beaucoup d’allure.

C’est simplement que les vêtements qui « accessoirisaient » les accessoires étaient souvent trop simples et médiocres. Dans ce décor sublime, c’était sans conteste une occasion manquée. En un mot, pour réaliser son projet de développer un véritable département de mode, Longchamp a encore du chemin à parcourir.

Traduit par Marguerite Capelle

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