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Pyer Moss au firmament de la Fashion Week

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AFP
Publié le
today 9 sept. 2019
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New York, 9 sept 2019 (AFP) - La maison Pyer Moss a signé dimanche ce qui restera sans doute comme l'un des événements de la Semaine de la mode new-yorkaise, tant sur la forme que sur le fond, une grand-messe devant un public en transe.


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Après deux défilés remarqués en février et septembre 2018, puis une pause la saison dernière, le créateur américain Kerby Jean-Raymond, l'âme de Pyer Moss, était attendu pour conclure sa trilogie sur l'héritage afro-américain. Avec "Sister", dédié à la chanteuse Rosetta Tharpe (1915-1973), dont le mélange de gospel et de blues est considéré comme l'une des premières versions du rock'n'roll, le designer d'origine haïtienne a transformé l'essai.

Il y avait le cadre, celui du Kings Theatre, la grande salle de son quartier d'origine, Flatbush, dont les 3 000 places étaient occupées. Sur scène, plus de 60 choristes et un orchestre ont interprété des classiques de la musique noire durant le défilé, de la soul au rap.

Avec un casting 100% noir ou métisse, Pyer Moss a célébré un glamour afro-américain, exigeant, sophistiqué, mélangeant les époques. Silhouette travaillée pour les hommes, avec souvent épaules affirmées et pantalon style "flare" (évasé en bas), intégrant une part de féminité. Les femmes, elles, sont sculpturales, avec un gros travail sur les manches. Des deux côtés, les matières sont opulentes, avec beaucoup de soie notamment.

Après le défilé, il a expliqué avoir voulu inventer une esthétique du rock noir, sacrifiée à la domination blanche qui a récupéré ce genre musical. Kerby Jean-Raymond a prévenu que sa prochaine collection ne serait pas consacrée à la culture afro-américaine. "Je ne suis pas le type qui parle de la question raciale en permanence", a-t-il dit. "Je parle de choses qui me tiennent à coeur en général." A 32 ans, adoubé par la mode américaine, Kerby Jean-Raymond vient de voir l'équipementier sportif Reebok créer une division tendances spécialement pour lui.

Il demeure farouchement attaché à son indépendance et sa liberté de ton. "Je me fous de vendre des vêtements", a-t-il expliqué à un groupe de journalistes après le défilé. "La maison pourrait vendre plus", affirme-t-il, "mais je refuse de fabriquer quoi que ce soit qui n'ait pas un sens."

L'appel au secours de Collina Strada

Designer inclassable, en perpétuelle mutation, Hillary Taymour n'est jamais où on l'attend avec sa marque Collina Strada et ses défilés sont toujours des événements.



Depuis la saison dernière, elle a pris le virage de la mode durable, confirmé avec cette collection. Désormais, quasiment tout est fabriqué à partir de matières récupérées, ce qui ne lui permet que de créer une centaine de pièces par modèle. A partir de cette base, Collina Strada a produit une série de jeans à imprimés, des robes style wax, ou des jupes très psychédéliques. "Je veux simplement que ça ait l'air frais, nouveau, créer de nouvelles idées en recyclant et utilisant ce que le monde a à nous offrir", a-t-elle expliqué.

Très engagée sur la voie de la mode raisonnée, Hillary Taymour dit avoir trouvé des oreilles attentives à son discours lors du dîner organisé vendredi par le syndicat américain de la mode (CFDA), où étaient conviés de nombreux designers prometteurs.
"J'ai eu le sentiment que tout le monde essayait vraiment d'y réfléchir", a-t-elle dit, "et je trouve ça très bien."

Par Thomas Urbain

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