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Quel avenir pour la haute couture ?

Publié le
today 26 janv. 2005
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Les chiffres donnent le vertige. De 106 maisons labellisées haute couture au sortir de la deuxième guerre mondiale, elles étaient une vingtaine au début des années 1990 pour n'être plus que dix en janvier 2005 et encore, les critères d'octroi au label haute couture ont été considérablement assouplis.

Si beaucoup de maisons ont disparu avec l'avènement du prêt-à-porter depuis les années 1960, de grands noms ont préféré fermer leur département haute couture ruineux pour miser sur les parfums, le prêt-à-porter de luxe ou encore les accessoires, avec des fortunes diverses : Balenciaga, Lanvin, Laroche, Grès, Patou, Nina Ricci, Féraud etc. Le retrait en 2002 du couturier Yves Saint Laurent, concentré uniquement sur la haute couture tandis que prêt-à-porter, accessoires et parfums étaient aux mains du groupe Gucci, a sonné le glas d'une époque. Début janvier, deux griffes ont encore disparu de la liste officielle des maisons haute couture : Balmain (créé en 1945) et Torrente (1969). Elles sont dix cette saison à figurer dans le calendrier officiel parmi lesquelles Chanel (fondée en 1909, famille Wertheimer), Dior (créée en 1946, groupe Christian Dior), Givenchy (1952, groupe LVMH), Scherrer (1962, France Luxury Group), Emanuel Ungaro (1965, Ferragamo). Se sont ajoutés Christian Lacroix (1987, groupe LVMH), et Jean-Paul Gaultier (1977, classifiée haute couture en 2001, Hermès à hauteur de 35%). Trois autres griffes, beaucoup plus modestes en chiffre d'affaires et encore plus en effectifs, sont également haute couture : Dominique Sirop depuis 2003, Adeline André (1981) et Franck Sorbier (1991) en 2005. Les critères d'octroi au label haute couture, une appellation exclusivement parisienne, ont été édictés en 1945. Ils prévoyaient, outre des modèles originaux conçus par un créateur permanent, des modèles faits sur-mesure et à la main, un nombre minimal de personnes dans les ateliers et un nombre minimum de modèles à présenter "habituellement à Paris". En 2001, ces règles ont été assouplies pour assurer l'apport de sang neuf. Le nombre de modèles présentés chaque saison a été réduit à 25 au lieu d'au moins 50. Mais surtout, le parrainage et l'élection par une commission composée notamment des maisons de couture sont devenus des facteurs prépondérants par rapport aux critères quantitatifs. De même, depuis 1993, la chambre syndicale de la haute couture a ouvert son calendrier de présentation des collections à des membres invités : Jean-Paul Gaultier l'a été avant de devenir une maison. Enfin des membres correspondants sont également présents : les Italiens Valentino et Versace auxquels s'ajoute cette saison Giorgio Armani. Par Dominique AGEORGES (AFP)

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