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12 nov. 2020
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Reconfinement: vers un statu quo pour les commerces

Par
AFP
Publié le
12 nov. 2020

Le statu quo devrait prédominer jeudi à l'heure où Jean Castex doit tenir un point d'étape sur le reconfinement, malgré les appels de commerçants à plus de souplesse et des interrogations sur un éventuel durcissement des restrictions pour les lycées.


Le président Emmanuel Macron lors d'un conseil de défense avec le ministre de la Santé Olivier Véran (2è d) et le secrétaire général de l'Elysée Alexis Kohler (d), à l'Elysée, le 12 novembre 2020 - AFP



La conférence de presse du chef du gouvernement est prévue à 18h, après le rituel désormais hebdomadaire du conseil de défense, qui devrait rendre d'ultimes arbitrages dans la matinée.

Mais deux semaines seulement après avoir ordonné un nouveau confinement, l'exécutif a fait savoir qu'il était encore «trop tôt» pour en évaluer pleinement ses effets sur la situation épidémique, même si le ministre de la Santé Olivier Véran avait évoqué des «frémissements» positifs.

«La baisse n'est pas suffisamment forte et on n'a pas suffisamment de recul pour savoir si ce n'est que conjoncturel ou tendanciel», explique-t-on dans l'entourage du Premier ministre en évoquant donc un exercice «surtout pédagogique» jeudi après-midi.

Même s'il dit constater «un petit ralentissement» de la propagation de l'épidémie, Jean Castex insiste dans le Monde sur le fait que «ce n'est certainement pas le moment pour desserrer la bride».

Au moment d'annoncer le reconfinement, plus souple que celui adopté lors de la première vague au printemps, Emmanuel Macron avait donné rendez-vous aux commerçants mi-novembre afin d'évaluer une possible réouverture des magasins. Mais le ministre chargé des Relations avec le Parlement, Marc Fesneau, a fermé la porte mercredi à un changement «à ce stade», tout en disant «comprendre» la «détresse» des commerçants.

Jean Castex pourrait tout de même vouloir donner des perspectives de calendrier, à six semaines du début des vacances de fin d'année, habituellement précédées d'une intense activité économique.

A cet égard, le président (LR) de Régions de France Renaud Muselier a appellé jeudi l'exécutif à «porter un message d'espoir», «rappeler que Noël restera une fête» et «fixer un calendrier précis des prochaines étapes». «Si on veut passer un Noël normal, chaque citoyen doit prendre ses responsabilités», répond une ministre. «Ca ne repose pas sur la décision d'Emmanuel Macron de faire Noël ou de ne pas faire Noël mais sur l'attitude de chacun», insiste-t-elle.

Symboliquement, l'exécutif a ainsi accordé la vente de sapins de Noël en extérieur, dont les modalités doivent être précisées d'ici vendredi.

«La deuxième vague progresse toujours»



Des enseignants ont, eux, demandé cette semaine une limitation du brassage des élèves, lors d'une journée de grève mardi assez faiblement suivie, tandis que plusieurs lycées ont vu des tentatives de blocage. Le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer avait annoncé la semaine dernière de nouvelles mesures pour limiter les risques de contamination dans les lycées, en autorisant davantage de cours à distance.

Faut-il encore donner un tour de vis dans les lycées? Mercredi, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal assurait qu'«aucune décision» n'était prise à ce sujet et invitait à se méfier «des rumeurs»: cette question figurera parmi celle tranchée jeudi et la réponse en sera détaillée par Jean-Michel Blanquer, attendu aux côtés du Premier ministre.

Dans l'immédiat, le contexte sanitaire demeure préoccupant. «Le pic de l'épidémie est devant nous, la deuxième vague progresse toujours», avertissait lundi le directeur général de la Santé, le Pr Jérôme Salomon.

Interrogé jeudi sur franceinfo, l'épidémiologiste Arnaud Fontanet, membre du conseil scientifique, affichait son scepticisme sur une levée du confinement dès le 1er décembre: «on ne sera pas suffisamment bas pour pouvoir repartir comme on le souhaiterait», a-t-il affirmé.

Mais quelques indicateurs offrent aussi une lueur d'espoir. Le taux estimé de reproduction du virus, soit l'estimation du nombre moyen de personnes qu'un malade contamine, est repassé sous la barre du «1» selon l'application gouvernementale Tous AntiCovid (0,93), en attendant toutefois des chiffres consolidés.

De même, le taux d'incidence, qui mesure les nouveaux cas durant les sept derniers jours sur une population de 100.000 habitants, a commencé à baisser au niveau national la semaine dernière et le taux de cas positifs sur le nombre total de tests est repassé sous les 20%.

Mais 329 malades du Covid-19 sont encore décédés à l'hôpital mercredi. Plus de 42.000 personnes sont déjà mortes du Covid-19 en France. Et dans les services de réanimation, la situation se tend de jour en jour. Mercredi, 351 nouveaux patients en 24 heures ont rejoint ces lits, soit un total de 4.789 patients, sur une capacité totale et toutes pathologies confondues déjà portée de 5.000 à 6.400 lits et qui devrait bientôt passer à 7.500.

A plus long terme, l'exécutif s'active aussi sur le front des vaccins, quelques jours après l'annonce d'essais encourageants par les laboratoires américain Pfizer et allemand BioNTech.

Plus de 500 millions de dollars, dont 100 millions venant de la France, devraient être promis jeudi pour un dispositif visant à assurer à tous les pays un accès équitable aux tests, traitements et vaccins, ont ainsi annoncé les organisateurs du Forum de la Paix qui se tient à Paris et est consacré au monde de l'après Covid-19 et aux façons de sortir de la pandémie.

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